MORÉE
Nom par lequel on désigna le Péloponnèse, du Moyen Âge au XIXe s. Le nom de Morée, réservé d'abord à l'Élide, en raison de l'importance de la culture du mûrier (morea), fut étendu à tout le Péloponnèse à partir du XIIIe s. À la suite de la quatrième croisade et de la chute de Constantinople (1204), les Français Guillaume de Champlitte et Geoffroy de Villehardouin fondèrent, en 1205, la principauté latine d'Achaïe, ou de Morée, qui comprenait à l'origine tout le Péloponnèse. La dynastie des Villehardouin imposa au pays une organisation féodale, qui trouva son code dans les Assises de Romanie. La principauté de Morée fut complètement reconquise par les Byzantins au début du XVe s. La ville de Mistra fut alors le centre de la brillante renaissance artistique et intellectuelle de la culture byzantine, sous les derniers Paléologues. Mais les Turcs s'en emparèrent à leur tour, de 1463 à 1479. Ravagée par les Égyptiens d'Ibrahim Pacha pendant la guerre de l'Indépendance grecque, la Morée fut définitivement affranchie des Turcs par l'expédition française commandée par le maréchal Maison (1828) et fit désormais partie du royaume grec.