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MONNET Jean

Économiste français. Il représenta la France à la commission maritime interalliée durant la Première Guerre mondiale et fut secrétaire général adjoint de la SDN de 1919 à 1923. En 1939, au début de la guerre, il fut nommé président du Comité de coordination économique franco-britannique à Londres. Lors de la défaite française de juin 1940, il inspira le projet d'union politique de la France et du Royaume-Uni que Churchill fit proposer à Reynaud. Envoyé ensuite à Washington par le gouvernement anglais afin de négocier l'achat de fournitures de guerre, il fut chargé de mission à Alger en 1943, s'efforça de réconcilier de Gaulle et Giraud, entra au Comité français de libération nationale et fut chargé par le général de Gaulle d'une mission spéciale aux États-Unis. Au lendemain de la Libération, il présida le comité qui élabora le premier plan de modernisation et d'équipement, dit plan Monnet (1947/53). Ce plan, avec l'aide du plan Marshall (v.), permit la remise en marche de la production française, qui, en six ans, augmenta de 15 % pour le charbon, de 75 % pour l'électricité, de 140 % pour l'acier, de 150 % pour le ciment. Jean Monnet prit également une part décisive dans l'élaboration du plan Schuman (9 mai 1950), qui fut à l'origine du traité de Paris (1951) instituant une Communauté européenne du charbon et de l'acier. Monnet, qui fut le premier président de la Haute Autorité de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l'acier, 1952/55), mérita de partager avec Robert Schuman le titre de « père de l'Europe ». En 1956, il fonda un Comité d'action pour les États-Unis d'Europe.

Monnet, Jean (Cognac 1888-Bazoches-sur-Guyonne, Yvelines, 1979) ; homme politique français.

Fils d’un négociant en cognac, membre de la mission commerciale française à Londres en 1914, M. travaille à la coordination économique entre les Alliés. Secrétaire général adjoint de la SDN, il retourne au privé en 1923, tout en conseillant les gouvernements roumain, polonais, etc. ; en 1938, il dirige les achats d’avions aux Etats-Unis pour la France, puis l’approvisionnement franco-anglais. En juin 1940, il inspire à Churchill le plan de fusion politique entre Paris et Londres. Français libre, sans être gaulliste, il conseille l’effort de guerre américain, et est envoyé par Roosevelt auprès du général Giraud. En 1946, chef de la mission française d’achat aux États-Unis, il conçoit le plan de modernisation et d’équipement de la France et le dirige de 1947 à 1952 en l’appuyant sur de vastes consultations. Partisan de longue date de l’unité européenne, il veut que des réalisations économiques créent des solidarités concrètes avant une union politique, rédige la déclaration Schuman qui lance en 1950 la Communauté économique du charbon et de l’acier, préside celle-ci de 1952 à 1955, puis se retire, crée le Comité d’action pour les États-Unis d’Europe, mise sur des structures limitées mais supranationales, comme l’Euratom, plus que sur la Communauté économique européenne, trop floue, trop dépendante des gouvernements. Si, après 1958, le « père de l’Europe » se heurte à l’idée gaullienne d’Europe des nations, il trouve davantage d’audience après 1969 ; satisfait par l’élection du Parlement européen au suffrage universel, il dissout son Comité d’action en 1975, et publie des Mémoires l’année suivante.

MONNET, Jean (Cognac, 1888-Bazo-ches-sur-Guyonne, 1979). Administrateur français, il est considéré comme l'un des pères de l'Europe. Fils d'un grand producteur de cognac, Monnet fut d'abord chargé par son père de prospecter les marchés étrangers en particulier aux États-Unis. Durant la Première Guerre mondiale, il représenta la France à la commission maritime interalliée puis devint secrétaire général adjoint à la SDN de 1919 à 1923. Il revint à cette date aux affaires privées et fonda notamment la Bank of America. Plusieurs pays - comme la Pologne et la Roumanie - firent aussi appel à lui pour ses compétences de conseiller financier. En 1939, président de la commission franco-britannique d'approvisionnement à Londres et convaincu de la nécessité de pour suivre la guerre, il participa au projet d'union politique entre la France et l'Angleterre. Envoyé par Churchill en août 1940 à Washington afin de négocier l'achat de matériel militaire, il contribua à l'organisation de la défense commune, le Victory Program de Roosevelt. Chargé de mission à Alger en 1943, il s'efforça, à la demande de Roosevelt, de réconcilier Giraud et de Gaulle mais sans grand succès, puis entra au Comité français de libération nationale à Alger. Aux lendemains de la Libération, il fut, de 1947 à 1952, commissaire général au Plan de modernisation et d'équipement de la France. À cette époque, se confirma son idée que seule une unité européenne pouvait permettre une réconciliation franco-allemande mais aussi le développement économique des démocraties occidentales. Il rédigea la déclaration faite par Robert Schuman le 9 mai 1950 - connue sous le nom de plan Schuman - qui jeta les bases de la Communauté européenne du charbon et de l'acier. Premier président de la CECA (1952-1955), il engagea toute son énergie afin d'accélérer le processus d'unification, proposant même la mise en place d'un pouvoir supranational. Il fonda en 1956 le Comité d'action des États-Unis d'Europe. Jean Monnet, par son inlassable activité et son autorité morale en Europe comme aux États-Unis, a largement contribué à la formation de l'Europe d'aujourd'hui.

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