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MISSIONS

L'activité missionnaire prit son essor dès les premiers jours de l'Église, avec les apôtres comme Paul qui ouvrit au christianisme les voies du monde romain. Au IVe s., les missionnaires avaient annoncé l'Évangile au-delà des frontières de l'Empire, en Perse et en Éthiopie, par exemple. Les invasions germaniques du Ve s. offrirent un nouveau champ à l'activité missionnaire qui travailla au salut des barbares, tels les Francs, et combattit l'hérésie arienne chez les Burgondes et les Wisigoths. Le pape Grégoire le Grand (590/604) mobilisa ensuite les moines bénédictins qui restèrent jusqu'au XIe s. les grands apôtres de l'Europe du Nord. En Orient aussi, les empereurs byzantins encouragèrent la diffusion de l'Évangile alors même que le christianisme reculait dans la région et sur les rives de la Méditerranée face aux armées de l'islam. Les missionnaires comme Cyrille (v.) et Méthode se tournèrent vers de nouveaux peuples comme les Slaves dont ils entreprirent la conversion au IXe s. Les grandes découvertes maritimes des XVe-XVIe s. firent de la terre tout entière un terrain de missions chrétiennes. Les jésuites se placèrent au premier rang des nouveaux apôtres et la figure de st François Xavier domine cette époque en Inde et au Japon. Dans les colonies espagnoles et portugaises d'Afrique et d'Amérique, une œuvre immense fut accomplie, mais l'activité des missionnaires fut souvent entravée par les exactions des conquérants et des colons. La tentative missionnaire la plus originale qui ait eu lieu en Amérique fut celle des jésuites au Paraguay (v.). En Asie, d'autres jésuites, tels que Nobili en Inde et Ricci en Chine, comprirent que le christianisme ne pourrait pénétrer les vieilles civilisations indienne et chinoise qu'à la condition de rompre radicalement ses liens avec l'Occident et, selon l'exemple donné par st Paul chez les gentils, de se faire indien en Inde et chinois en Chine. Ces tentatives d'adaptation donnèrent lieu à la querelle des rites malabares et des rites chinois, et Rome, mal informée, finit par condamner les méthodes novatrices, en dépit des succès qu'elles obtenaient. En 1622, Grégoire XV créa la congrégation de la Propagande de la foi, qui avait pour but de soustraire les missions aux pressions politiques des divers États et de les unifier sous la direction de Rome. En 1658 naquit à Paris la société des Missions étrangères, qui travailla surtout en Chine et dans le Sud-Est asiatique. Les lazaristes et, un peu plus tard, les rédemptoristes fournirent aussi des apôtres aux missions chez les non-chrétiens, mais ces ordres, comme les eudistes, se destinaient surtout aux missions intérieures, à la rechristianisation de la France après la grande crise des guerres de Religion. Les missions protestantes ne prirent leur essor qu'au XVIIIe s. : les initiateurs en furent les Frères moraves et les méthodistes. L'explorateur Livingstone fut une des grandes figures du protestantisme missionnaire au XIXe s. À partir de la Restauration se sont multipliés, surtout en France, les congrégations missionnaires du Sacré-Cœur de Jésus (1854), missions africaines de Lyon (1856), pères blancs. Au cours du XXe s., le Saint-Siège s'est efforcé de séparer de plus en plus vigoureusement mission et colonisation.

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