Michel VIII Paléologue (1224-1282) ; empereur de Byzance [1259-1282].
Michel VIII Paléologue (1224-1282) ; empereur de Byzance [1259-1282].
Lorsqu'en 1204, les Vénitiens et les croisés se partagent l'Empire byzantin et fondent l'Empire « latin » de Constantinople, la dynastie des Lascaris réussit à conserver la partie asiatique de l'Empire à l'autorité grecque, fondant ce que l'on a appelé l'Empire de Nicée ; sous Jean III Vatatzès [1222-1254], une grande partie de la Macédoine et de la Thrace leur est restituée. Sur ces bases, M. réussit à régénérer l'Empire byzantin et à en faire à nouveau une grande puissance. Il s'impose à la fin de 1258 comme régent de Jean IV, le dernier Lascaris, et comme co-empereur. M. l'emporte sur une coalition composée du Staufen Manfred de Sicile, du prince Guillaume d'Achaïe, d'origine champenoise, et du despote grec d'Épire. Allié à Gênes, la grande rivale de Venise, il parvient à prendre Constantinople sans coup férir le 25 juillet 1261 ; l'Empire « latin » ne laisse plus qu'un semis de petites principautés et, à ses détenteurs repliés en Occident, la prétention d'un titre. L'empereur, salué avec une ferveur religieuse en libérateur de la ville, est couronné pour la seconde fois à Sainte-Sophie rendue au rite grec, ce qui lui permet d'éliminer sans délai Jean IV.
Pendant deux décennies, M. combat pour conserver et étendre ses acquis. Pour tenir en échec les menaces de ses ennemis, avant tout la Sicile, la Serbie, la Bulgarie et, en seconde position, les despotes grecs d'Epire et de Thessalie, les princes d'Achaïe et les sultans d'Iconium, il noue en sous-main des relations diplomatiques avec la papauté, la France, les Tatares de la Horde d'Or, les Mongols Houlégou d'Asie antérieure et les mamelouks d'Egypte. Il accorde des droits portuaires considérables aux Vénitiens et aux Génois, qui régnent sur la mer et occupent des colonies dans les îles, mais se protège de leur domination en se jouant des uns contre les autres, après avoir accordé aux seconds d'importants privilèges (traité de Nymphée, 1261). Il réussit non seulement à repousser des attaques extérieures, mais aussi à étendre son autorité en Grèce, en Épire et en Bulgarie. À Charles Ier d'Anjou, dont les ambitions méditerranéennes le menacent directement, il retire le prétexte d'une guerre contre les schismatiques en restaurant l'union avec Rome et en reconnaissant la primauté du pape (concile de Lyon, 1274). Mais en raison de la haine profondément enracinée dans le peuple et dans le clergé contre les Latins, cet acte tactique déclenche une opposition intérieure acharnée que M. réprime violemment. Sous la pression de la maison d'Anjou, le pape français Martin IV annule l'union en 1281. M. pare la nouvelle attaque de Charles en s'alliant à la noblesse sicilienne et à Pierre III d'Aragon : l'or byzantin est pour beaucoup dans les Vêpres siciliennes qui marquent la fin de la domination angevine en Sicile (1282). M. ne peut longtemps savourer sa réussite, puisqu'il meurt dès le 11 décembre 1282. Dès le règne de son fils Andronic II (déposé en 1328 au profit de son propre petit-fils), le pays appauvri, miné de l'intérieur et sans potentiel militaire, est rétrogradé au rang de petite puissance sous la pression des Vénitiens, des Serbes et des Ottomans.
MICHEL VIII PALÉOLOGUE (v. 1225-1282). Empereur byzantin à Nicée (1258-1261). Il mit fin à l'Empire latin d'Orient, restaura l'Empire byzantin de Constantinople en 1261 et fonda la dernière dynastie des empereurs byzantins, celle des Paléologues. Son règne fut principalement consacré à la lutte contre l'Occident. Il accorda des privilèges commerciaux à Gênes pour contrebalancer la puissance de Venise et lutta contre les prétentions de Charles Ier d'Anjou, roi de Sicile, sur l'ancien Empire latin. Voir Empire latin de Constantinople, Vêpres siciliennes.
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- Michel VIII Paléologue1230-1282Issu d'une famille illustre depuis le XIe siècle
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