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MEULE (étymologie)

MEULE, par le latin mola, remonte au grec mulè. Dans le mot latin, le o ouvert accentué et libre passe au son eu en français (voir proba => preuve). De mola sont nés plusieurs termes importants. D'abord le verbe molëre (moudre). Voici comment ce verbe est passé en français. Le è bref non accentué a disparu et le groupe lr a développé un d pour la facilité de l'articulation : moldre. Le l, entravé, s'est vocalisé en u : moudre. Mola a encore donné, en bas latin, le nom molînum (moulin). Le ou de moulin s'explique parce que le o initial latin n'est pas accentué (l'accent est sur /), comme corona donne couronne. Mais le mot était encore prononcé moli au XVIIe siècle malgré son orthographe. Enfin mola a entraîné la création de molinârius (meunier). D'après la remarque précédente, le o aurait dû donner ou. Effectivement le mot était mounier en ancien français. Mais il a été refait sur meule, donnant la forme meunier. Si nous remontons au grec mulè nous découvrons qu'il a engendré un adjectif amulos = « non moulu » (a = « privatif»). Cet adjectif donne un substantif neutre amulon = «produit non moulu». Il est devenu amylon en latin classique puis amidon en latin du Moyen Age (l et d sont des dentales d'articulation voisine). A l'époque le latin um était prononcé on (voir dictum => dicton ou factotum => factoton). D'où la forme française amidon. On notera, à côté du verbe amidonner et des autres dérivés du mot amidon, les formes scientifiques qui remontent au radical ancien : amylacé (qui contient de l'amidon) ou amylase (enzyme qui transforme l'amidon en glucose). Dans le registre plus banal des dérivés de meule et de moulin, signalons : meuler, meulage, meulière, ou mouliner, moulinet, moulinette, etc. Molaire (dent en forme de meule) vient de l'adjectif molaris (en forme de meule), sur mola. Note : ne pas confondre meule (du moulin) avec meule (de foin) dont l'origine est mal établie.

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