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MAURICE DE NASSAU, prince d'Orange

Stathouder de Hollande et de Zélande (1584/1625), d'Utrecht, de Gueldre et d'Overijssel (1589/1625), de Groningue et de Drenthe (1620/1625). Second fils de Guillaume le Taciturne et d'Anne de Saxe, il succéda à son père en 1584 et se révéla bientôt l'un des plus grands hommes de guerre de son temps. Il acheva de délivrer les Pays-Bas de la domination espagnole ; il battit l'archiduc Albert à Westende, près de Nieuport (2 juill. 1600). Il signa la trêve de Douze Ans (9 avr. 1609), qui assurait pratiquement l'indépendance néerlandaise. Ses tendances autoritaires l'opposèrent bientôt à Oldenbarnevelt, le créateur de la puissance maritime et commerciale hollandaise, et le conflit fut envenimé par la querelle entre les stricts calvinistes et les remonstrants. Maurice de Nassau prit parti contre ces derniers et réussit à faire exécuter Oldenbarnevelt (1619). En 1621, il reprit la guerre contre l'Espagne. Mort célibataire, Maurice laissait sa succession à son frère Frédéric-Henri.

Maurice de Nassau, prince d’Orange (Dillenburg 1567-La Haye 1625) ; stathouder des Provinces-Unies [1584-1625]. M. est le fils de Guillaume d’Orange et de sa seconde femme Anne de Saxe. Après la mort de son père (1584), il est nommé membre du Conseil d’État, ainsi que stathouder de Hollande et de Zélande, devenant par la suite, à des dates diverses, stathouder dans les autres provinces de la République. En tant que capitaine général des forces armées des Pro-vinces-Unies, il réorganise l’armée en procédant à une réduction des unités, en développant l’artillerie et l’usage des armes à feu, ce qui lui permet, de 1591 à 1594, de reconquérir les provinces du Nord (Utrecht, Gueldre, Overijssel, Frise et Groningue) ; très habile stratège, il remporte en 1600 sur l’armée espagnole la victoire décisive de Nieuport. C’est d’abord avec l’aide du grand-pensionnaire de la province de Hollande, Jean van Oldenbarnevelt, que M. travaille à renforcer l’indépendance des Provinces-Unies. Cette collaboration prend fin lorsque Oldenbarnevelt conclut en 1609, contre la volonté de M., la trêve de douze ans avec l’Espagne, trêve qui certes favorise la reprise économique du pays, mais qui empêche (théoriquement du moins) la poursuite des conquêtes coloniales par les Hollandais aux dépens des Empires ibériques. Le conflit avec le grand-pensionnaire se durcit lorsque celui-ci apporte son concours aux arminiens (ou remonstrants), empêchant les gomaristes (ou contre-remonstrants) de prêcher. M. finit par faire emprisonner Oldenbarnevelt et il le fait condamner à l’exécution capitale lors du synode de Dordrecht en 1619. Lorsque la guerre contre l’Espagne reprend en 1621, M. ne remporte pas autant de succès qu’autrefois. Il meurt, célibataire, en 1625. M. est l’un des plus grands hommes de guerre de son époque, un magistral meneur de sièges, le fondateur en Europe d’un nouvel art de la guerre que développèrent après lui son frère Frédéric-Henri et son neveu Turenne.

 

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