MARSHALL (plan)
Plan économique destiné au relèvement de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale.
Dans un discours prononcé à l'université Harvard le 5 juin 1947, le général Marshall (v.) lançait un appel à tous les pays d'Europe, y compris l'URSS et les pays communistes, en proposant l'assistance américaine pour la reconstruction matérielle et le redressement financier de l'Europe. Par cette offre, les États-Unis visaient à ramener durablement la paix et la prospérité et à relancer le commerce international. Cette aide fut refusée par Molotov, commissaire aux Affaires étrangères de l'URSS au nom de l'ensemble du bloc communiste. D'après la loi signée par le président Truman le 2 avr. 1948, le plan Marshall était prévu pour une durée de quatre ans. L'aide américaine était offerte à des conditions particulièrement avantageuses (85 % à titre gratuit, 15 % en prêts à long terme), mais elle imposait à l'Europe occidentale une orientation vers une communauté économique européenne, facteur de stabilité. Deux organismes administraient le plan : l'Economic Cooperation Administration (ECA) était américain et distribuait les crédits répartis par un organisme européen, l'Organisation européenne de coopération économique (OECE). La France, qui reçut plus de 2,8 milliards de dollars au titre de l'aide du plan Marshall, entreprit de se moderniser notamment dans les secteurs de l'énergie, de la sidérurgie, des transports et de l'agriculture. Après la Seconde Guerre mondiale, le plan Marshall permit à l'Europe de l'Ouest de faire face aux pénuries alimentaires et favorisa leur redémarrage.
Marshall, John (1755-1835) ; président de la Cour suprême des États-Unis.
Aîné des quinze enfants d’un propriétaire terrien de Virginie, M. reçoit une éducation familiale complétée par quelques mois d’études dans un collège du Westmoreland et en 1780 quelques mois de formation juridique avant d’accéder au barreau. Entretemps, il a participé avec son père à la guerre d’indépendance. Élu depuis 1782 à la Chambre des représentants de Virginie, il entre en 1799 au Congrès. Le brillant avocat fédéraliste (voir à Hamilton) montre d’abord peu d’intérêt pour les hautes fonctions gouvernementales. Il refuse successivement les postes de procureur, d’ambassadeur en France où il effectue une mission, de ministre de la Justice, de juge à la Cour suprême et de ministre de la Guerre que lui proposent les présidents Washington et John Adams. Après un bref intermède comme secrétaire d’État aux Affaires étrangères, il accepte finalement en 1801 sa nomination par Adams au poste de président de la Cour suprême. Cette nomination sera d’une grande conséquence pour le développement constitutionnel et par là même politique et social des États-Unis. La nomination d’un fédéraliste déterminé au poste clé de président de la Cour suprême peu de temps avant l’arrivée au pouvoir de l’opposition républicaine (voir à Jefferson) est un coup politique habile, mais M. dépasse de loin cette fonction de rempart conservateur face à un radicalisme républicain largement surestimé. Sa forte personnalité lui assure pendant les trente-quatre années qu’il passe à la tête de la Cour une position dominante au sein des neuf membres du collège, si bien que son verdict recueille presque sans exception l’approbation de la nécessaire majorité des juges. A travers plus de 1 100 décisions rendues (dont 519 rédigées de sa main), M. fixe surtout deux principes essentiels, qui régissent aujourd’hui encore la pratique constitutionnelle américaine. Il reconnaît pleinement à la Cour suprême le droit - quelque peu ambigu dans la Constitution et tout d’abord mis en doute par certains - de statuer seule sur la compatibilité des lois des États avec les lois fédérales et des mesures gouvernementales avec la Constitution des États-Unis. Par cette possibilité d’invalider des lois et de limiter la liberté d’action du président et des gouverneurs, la Cour, en tant que gardienne de la Constitution, se taille un pouvoir politique considérable. Tout aussi importante est l’introduction par M. de l’interprétation « libre » ou « élastique » de la Constitution, par opposition à une lecture littérale. La Constitution réservant aux États les compétences qui ne sont pas déléguées à la Confédération, la porte est ainsi ouverte à l’extension croissante du pouvoir fédéral au cours du XIXe et du XXe siècle. L’ensemble des deux principes établis par M. donne la possibilité à la Cour suprême aussi bien de jouer un rôle conservateur en faisant barrage à des innovations radicales, que de confirmer, voire même d’engager une adaptation à des données nouvelles, comme ce sera le cas en 1954 avec la décision préconisant l’abolition de la ségrégation dans les écoles comme contraire à la Constitution.
MARSHALL (Plan). Programme de reconstruction européenne (European Recovery Program) proposé par le secrétaire d'État américain George Marshall, en juin 1947. Cette proposition, généreuse mais aussi intéressée, faisait suite à l'exposition de la doctrine Truman (mars 1947) offrant l'aide militaire et financière américaine aux pays menacés par la « subversion communiste », en particulier la Grèce et la Turquie. Bien que la proposition américaine s'offrît à tous les pays d'Europe, y compris l'URSS, elle fut refusée lors de la conférence de Paris (juin 1947) par Molotov, lequel y voyait une « manoeuvre de l'impérialisme américain ». Le plan Marshall (qui était prévu pour quatre ans) fut accepté en 1948 par 17 pays dont la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et les pays Scandinaves. Afin d'harmoniser les différents programmes de reconstruction, un nouvel organisme, l'OECE (Organisation européenne de coopération économique qui devint l'OCDE) fut en même temps créée (avril 1948) à la demande expresse des Américains. Entre 1948 et 1951, 12 milliards de dollars furent fournis par les États-Unis (cinq sixièmes sous forme de dons, et un sixième sous forme de prêts à long terme). Le plan Marshall eut d'importantes conséquences politiques (rupture entre l'Europe occidentale et orientale à partir de 1947, les partis communistes français et italien cessèrent toute collaboration avec les autres partis). Il permit aussi de réactiver le commerce national américain menacé de surproduction et à l'Europe occidentale de reconstruire son économie.