Databac

MANDELA Nelson (1918-)

MANDELA  Nelson  (1918-) Homme politique sud-africain, chef de l’État (1994-1999).Symbole de la résistance anti-apartheid, Nelson Mandela est resté, malgré vingt-huit ans de prison, le leader incontesté d’un mouvement nationaliste qui a su allier lutte armée et mouvements de masse sans dévier de son objectif d’instituer une Afrique du Sud multiraciale. Fils d’un chef xhosa du Transkei, il ouvre un cabinet d’avocat à Johannesburg et s’inscrit en 1944 à l’African National Congress (Congrès national africain, ANC), mouvement multiracial présidé par Walter Sisulu (1912-2003). Après la venue au pouvoir du Parti national du docteur Daniel (François) Malan (1874-1969), Premier ministre de 1948 à 1954, qui institutionnalise l’apartheid, N. Mandela organise le mouvement de jeunesse de l’ANC, la Ligue pour la jeunesse, et entre dans la clandestinité. Devenu vice-président de l’ANC en 1952, puis responsable de sa branche militaire en 1961, il est arrêté l’année suivante au retour d’un stage d’entraînement militaire en Algérie. À son procès, il se fait l’avocat du programme de l’ANC, plaidant pour une Afrique du Sud multiraciale et démocratique (« un homme, une voix »). Il refuse de condamner la lutte armée tant que les revendications élémentaires de l’ANC ne seront pas acceptées. Tandis que son compagnon de toujours, Olivier Tambo (1917-1993), le représente dans les instances en exil, la répression s’intensifie (massacre de Soweto, 1976) et une campagne est lancée qui accuse N. Mandela et l’ANC de communisme. La répression est telle que les nationalistes optent pour les méthodes de non-violence, déjà utilisées par Gandhi au Natal au début du siècle. Grèves et manifestations de masse se multiplient, encadrées par les syndicats, et avec la bienveillance de la plupart des Églises et de l’évêque Desmond Tutu (1931-). Bientôt, pris entre les pressions des milieux d’affaires et le refus de N. Mandela de transiger, le pouvoir blanc s’en remet en 1989 à un libéral, Frederik De Klerk (1936-), pour négocier une sortie de l’apartheid avec celui qui est devenu un leader incontournable (1989). N. Mandela est libéré en 1990, mais il ne renonce formellement à la lutte armée qu’après la suppression des grandes mesures raciales. Nommé président de l’ANC l’année suivante, et lauréat du prix Nobel de la paix conjointement avec F. De Klerk en 1993, il est élu président de la République en 1994 à la suite d’élections multiraciales. Il se retire en 1999, Thabo Mbeki (1942-), lui aussi issu de l’ANC, étant élu à sa succession. Mandela, Nelson (né à Umtata en 1918) ; homme politique sud-africain. Membre de l’élite bantoue par sa famille (chefferie Tembu), il se fait expulser de l’université africaine de Fort Hare en 1940 pour insoumission. Il finit ses études d’avocat et travaille comme policier dans une mine du Transvaal où il se lie avec W. Sisulu. Entré en 1944 à l’African National Congress, parti modéré de la bourgeoisie noire, il fonde avec Sisulu et O. Tambo (condisciple de Fort Hare) une Ligue de la jeunesse, proche des ouvriers et de l’ANC ; la Ligue prend la tête de l’ANC en 1945. Le parti communiste (interdit en 1950) rejoint l’ANC dans sa lutte contre l’apartheid (légal depuis 1948). M. contribue à cette ouverture du nationalisme noir qu’il dirige. Emprisonné neuf mois en 1952 après le succès de la première campagne de désobéissance civile, il est en 1956 parmi les 156 personnes accusées de haute trahison et acquittées après quatre ans de procès. C’est à cette date qu’il épouse Winnie Madikizela. Le massacre de Sharpeville et l’interdiction de l’ANC (1960), puis la répression de la grève générale de 1961 le font douter des méthodes non violentes. Il crée un mouvement armé (Umkonto we Sizwe, « la lance de la nation ») à l’intérieur de l’ANC en 1961. En 1962, il voyage pendant six mois en Afrique et à Londres, ce qui le fait connaître. A son retour, il est arrêté et condamné à cinq ans de prison, puis, lors d’un second procès en 1964, condamné à perpétuité. Alors que sa femme, Winnie Mandela, anime une vaste campagne d’opinion en Afrique du Sud et dans le monde pour sa libération et que les violences se multiplient dans les townships africaines, il refuse de 1986 à 1989 toute proposition de liberté conditionnelle. Libéré sans conditions le 11 février 1990, il dirige l’ANC légalisée (depuis le 2 févr. 1990 avec 33 autres organisations politiques) pour construire une Afrique du Sud unie avec un Parlement élu par tous sur une base non raciale. Il suspend en août 1990 la lutte armée et entreprend une longue et difficile négociation avec le gouvernement blanc dirigé par Frederik De Klerk. Il doit dans le même temps faire face aux violences qui opposent l’ANC au mouvement zoulou « Inkatha » dirigé par le chef Buthelezi, aux attentats perpétrés par les extrémistes de la minorité blanche (assassinat de Chris Hani, Secrétaire général du parti communiste, en avril 1993) et aux tendances radicales de l’ANC, regroupées autour de sa femme. Un accord avec De Klerk aboutit à la fixation d’élections générales au suffrage universel pour le 27 avril 1994. En septembre 1993, M. va plaider à l’ONU la levée des sanctions contre l’Afrique du Sud. Au printemps 1994, il devient le premier dirigeant noir de l’Afrique du Sud à la tête d’un gouvernement d’union nationale, regroupant toutes les tendances de l’ANC, le National Party de De Klerk et l’Inkatha de Buthelezi, qui s’efforce de mettre en œuvre une difficile politique de réconciliation inter-ethnique et de développement social et économique.

 



Homme politique sud-africain. Adhérant à l'ANC en 1944, il y retrouvait Oliver Tambo, rencontré à l'université de Fort Hare. Leur ligue de la Jeunesse prit le contrôle du parti après l'instauration de l'apartheid. Son activisme lui fit risquer la peine capitale pour haute trahison. Il ouvrit l'un des premiers cabinets d'avocats noirs du pays. Il se remaria avec une assistante sociale, Winnie Nomzamo. En 1960, le massacre de Sharpeville et l'interdiction de l'ANC déterminèrent son abandon de la non-violence pour la lutte armée clandestine, qui lui valut d'être arrêté en 1962, et condamné à la détention à perpétuité en 1964. Jouissant d'une renommée grandissante, il n'était pourtant libéré qu'en févr. 1990, prenant la tête de l'ANC, dont il devenait président en juill. 1991. Dirigeant charismatique, mais homme de compromis, il négocia avec Frederik De Klerk, à qui tout aurait dû l'opposer. Ces pourparlers valurent aux deux hommes le prix Nobel de la paix en 1993 et aboutirent aux élections multiraciales de 1994, qui portèrent N. Mandela à la présidence de la République. Il donna à la nouvelle Afrique du Sud multiraciale son statut de puissance régionale. Thabo Mbeki (v.) lui a succédé à la présidence de la République en juin 1999.



MANDELA, Nelson

(Umtala, 1918-). Homme politique sud-africain. Il fut l'un des artisans, avec F. De Klerk, de l'abolition de l'apartheid en Afrique du Sud et reçut, avec lui, le prix Nobel de la paix en 1993. Chef historique de l'ANC (Afri-can National Congress), il organisa la lutte armée après la suppression de son parti en 1960. Arrêté en 1962, il fut condamné à la détention perpétuelle en 1964. Libéré en 1990, il fut élu, après la victoire de son parti aux élections multiraciales de 1994, président de la République d'Afrique du Sud et s'est entouré de deux vice-présidents, Thabo Mbéki (président national de l'ANC) et Frédérik De Klerk.

Liens utiles