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LUMUMBA Patrice (1925-1961)

Homme politique congolais.

Né à Onalua, petit village situé au cœur du territoire tetela au centre de l’ancien Congo belge, Patrice Lumumba, d’abord connu sous le nom d’Elias Okit’Asombo, est le fils d’un paysan pauvre. Catéchiste de l’église catholique locale, seule voie d’accès à la promotion sociale, P. Lumumba devient commis des Postes à Stanleyville (aujourd’hui Kisangani) en 1944. Bénéficiant en 1954 du statut d’« immatriculé », c’est-à-dire d’« indigène ayant atteint un certain degré de civilisation », il se fait rapidement connaître non seulement au sein de l’élite africaine locale, mais aussi chez certains Européens laïques et progressistes. Actif dans de nombreuses associations, il se lance dans la vie politique embryonnaire des années 1956-1958. Il devient d’abord un chef de file et un interlocuteur privilégié des autorités coloniales, puis le président d’un des tout premiers partis congolais n’ayant pas de base ethnique, le Mouvement national congolais.

Il obtient une première consécration internationale en assistant en 1958 à la conférence panafricaine d’Accra, où il est remarqué par le Premier ministre ghanéen, Kwame Nkrumah. Optant pour la voie de l’indépendance radicale et immédiate, il est arrêté en octobre 1959 à la suite de meetings interdits à Stanleyville. Libéré après trois mois, il participe à la « table ronde » belgo-congolaise de janvier-février 1960 qui mène le Congo à l’indépendance en juin de la même année.

Son parti ayant obtenu une majorité des sièges aux élections de mai 1960, il devient le premier Premier ministre du Congo indépendant. Toutefois, devant faire face à une mutinerie de la Force publique (armée) congolaise dans tout le pays, puis à un conflit de pouvoir avec le président de la République Joseph Kasavubu (1910-1969), au pouvoir de 1960 à 1965, il adopte une attitude radicale et ultranationaliste. Ce choix lui aliène très vite à la fois une classe politique qui ne songe qu’aux privilèges du pouvoir, l’ancien colonisateur belge dépité d’une décolonisation qu’il a totalement manquée, et les États-Unis qui se montrent inquiets de son rapprochement avec l’Union soviétique.

Son éviction est rapide et sans appel : « neutralisé », comme le président J. Kasavubu, en septembre 1960 par le jeune colonel Sese Seko Mobutu, arrêté en novembre après une évasion mouvementée de sa résidence surveillée, il est transféré à Élisabethville (Lubumbashi) en janvier 1961, où il est assassiné sur ordre de dirigeants katangais, entrés en sécession, et avec la complicité de spadassins belges.

Lumumba, Patrice (Katako-Kombé, Fasaï, 1925 - Élisabethville 1961); homme politique congolais.

Célébré comme le martyr d’une Afrique libre et pacifiée dès sa mort, L. grandit au Kasaï, région pauvre où les paysans subissent durement les contraintes de la colonisation. Renvoyé de plusieurs écoles missionnaires, il s’installe à Kisangani puis à Kinshasa en 1947. Autodidacte, cette expérience urbaine et son engagement dans les mouvements associatifs (qui le font connaître) influencent sa pensée politique axée sur l’égalitarisme et la non-violence. Reconnu par les autorités belges dès 1955 (entretien avec le roi en visite au Congo), il est emprisonné en 1957 pour détournement de fonds. Il rompt alors avec l’ordre colonial, ce qui le coupe des modérés mais augmente sa popularité. En 1958, il participe à la création du Mouvement national congolais (pour un Congo indépendant, uni et laïc). Il organise des manifestations de masse et rencontre Nkrumah à Accra, ce qui lui donne une stature internationale. En 1960, il s’impose à la tête des nationalistes à Bruxelles et les élections de mai font du MNC le seul parti de dimension nationale. En juin, grâce à une solution de compromis : il devient Premier ministre et Kasavubu, fédéraliste et modéré, président. En juillet 1960, l’indépendance du Congo est immédiatement suivie de mutineries graves et de la sécession katangaise. L. obtient l’aide de l’ONU, vite dépassée, puis celle de l’URSS. En septembre s’engage une lutte ouverte avec Kasavubu. A la suite d’un coup de force de Mobutu, L. passe sous la protection de l’ONU. Arrêté par trahison, il est livré à Tschombé et assassiné en janvier 1961. Bibliographie : J.-C. Willame, Patrice Lumumba, la crise congolaise revisitée, 1990.




LUMUMBA, Patrice (Katako-Kombé, 1925-Élisabethville auj. Lumumbashi, 1961). Homme politique congolais. Militant de l'indépendance du Congo belge (devenu le Zaïre) puis Premier ministre, il lutta contre la sécession du Katanga. Issu d'une famille catholique, employé des postes, Lumumba participa à la délégation qui, le 26 août 1958, remit à l'autorité coloniale une motion réclamant l'indépendance du Congo belge. Devenu le chef du Mouvement national congolais créé en 1958 (MNC), il se prononça pour un Congo uni, laïque et indépendant et découvrit le panafricanisme auprès de Nkrumah. Grâce à ses talents d'orateur et de tribun populaire, il réussit à galvaniser les populations sur le slogan de l'indépendance et des méfaits du colonialisme. Il participa à la table ronde de janvier 1960 à Bruxelles et son parti sortit grand vainqueur aux élections de mai. Lumumba devint Premier ministre en juin tandis que son rival Kasavubu accédait à la présidence de la République. Aussitôt après la proclamation officielle de l'indépendance (30 janvier 1960), Lumumba ne put empêcher les graves troubles de Léopoldville et la sécession du Katanga (juillet 1960), riche province minière, proclamée par Moïse Tschombé. Il demanda l'intervention de l'ONU qui envoya une force internationale mais qui, refusant d'intervenir dans les affaires intérieures du pays, ne put régler le problème de la sécession. Comme il faisait appel à l'URSS, il fut révoqué le 5 septembre par Kasavubu. Arrêté alors qu'il tentait de rejoindre des partisans, Lumumba fut assassiné. Voir Shaba.

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