LUDENDORFF (ERICH)
LUDENDORFF (ERICH)
Général allemand né à Kuszewnia (Posnanie) en 1865, mort à Tuntzing (Bavière) en 1937. Il contribua à la prise de Liège en août 1914. Chef d’état-major de Hindenburg, il défit les Russes à Tannenberg et aux lacs Mazures. En 1918, Foch remporta sur lui la victoire finale. Il fut, après la guerre, partisan de la revanche et soutint le parti national-socialiste dans sa construction d’un régime fort. Il a écrit un ouvrage sur la guerre totale.
Ludendorff, Erich von (Kruszewnia, Pos-nanie, 1865-Munich 1937); général allemand. L. se fait remarquer dès le début de la Première Guerre mondiale, quand il conquiert par un intrépide coup de main la forteresse de Liège aux premiers jours de l’invasion de la Belgique. Très doué sur le plan militaire mais étroitement cantonné à ce domaine, il détient un peu plus tard en Allemagne des pouvoirs extrêmement étendus, qui concernent aussi bien le secteur militaire que le secteur politique. Chef d’état-major du commandant en chef Hindenburg, il remporte en août 1914 la victoire de Tannenberg et devient, plus encore que Hindenburg, le véritable chef des opérations sur le front de l’Est. Son plan, consistant à concentrer des forces massives sur le front oriental pour obtenir une victoire décisive, est rejeté par le grand quartier général dirigé par Falkenhayn. Celui-ci rassemble en 1916 toutes les forces disponibles pour attaquer la forteresse de Verdun, mais la bataille est finalement interrompue après des pertes très élevées. C’est alors que les deux plus célèbres chefs militaires allemands, qui passent depuis Tannenberg pour imbattables, prennent la direction des opérations militaires. L. occupe le poste spécialement créé pour lui de « premier quartier-maître général ». Il est adjoint au commandement suprême et il a tout autant de responsabilités que Hindenburg. Son autorité est si grande que certains hommes politiques, dont Stresemann, souhaitent transformer la situation existante en une véritable dictature militaire dirigée par L. Ce dernier prend à ce titre diverses initiatives : il décide d’engager la guerre sous-marine à outrance, ce qui entraîne l’entrée en guerre des Etats-Unis ; il procède au remplacement du chancelier Bethmann-Hollweg par des hommes politiquement insignifiants (Michaelis et Hertling) et désignés par le commandement suprême ; il suscite le boycott des résolutions de paix de la majorité parlementaire ; il organise la mobilisation des forces en vue de la guerre totale en mettant au point le « programme Hindenburg ». Il refuse cependant de devenir le « Cromwell allemand », de même qu’il ne souscrit pas au projet de Rathenau de prendre en 1918 la tête d’un soulèvement populaire. Après l’échec des offensives de l’été 1918 et les contre-attaques de l’Entente, il réclame fin septembre l’ouverture rapide de négociations en vue d’un cessez-le-feu, ainsi qu’une démocratisation de la Constitution du Reich. Ces deux demandes surviennent trop tard. La réponse de Wilson ne laisse entrevoir que l’éventualité d’une « paix humiliante ». Dirigé à présent par le prince Max de Bade, le gouvernement allemand repousse l’appel de L. en faveur de la poursuite de la guerre par des moyens extrêmes. L. quitte ses fonctions le 26 octobre. L’échec de la dictature militaire, qu’il a pratiquement mise en place sans tenir compte des contingences intérieures et extérieures (aspirations à la paix et à un système parlementaire), contribue dans une large mesure au déclenchement de la révolution de novembre 1918. Pendant la République de Weimar, L. réapparaît sur la scène politique, mais il ne joue qu’un rôle marginal. Sa participation à la tentative ratée de putsch de Hitler à Munich en 1922 ne comble pas les espérances de la police et de l’armée. Sa candidature à l’élection présidentielle de 1925 n’est pas non plus couronnée de succès, puisque le candidat des nationaux-socialistes n’obtient que 200 000 voix. Par la suite il se détache du parti national allemand de la liberté qu’il a dirigé de temps à autre, et il se consacre dès lors surtout à la publication de ses écrits. Déçu par ses échecs successifs, il devient de plus en plus sectaire. En collaboration avec sa deuxième femme, le médecin et philosophe Mathilde von Kemnitz, il fonde en 1926 la Ligue de Tannenberg qui est à la fois une « communauté religieuse germano-allemande » et une association combattant les « forces supra-étatiques », à savoir les jésuites, les francs-maçons, les juifs et les marxistes.
LUDENDORFF, Erich (Kruszewnia, Posnanie, 1865-Tuntzing, Bavière, 1937). Général allemand. Il dirigea la stratégie allemande en 1917-1918 lors de la Première Guerre mondiale. Chef de la division « Opérations » (1908-1912), il fut à l'origine du plan Schlieffen appliqué à la France en 1914. Chef d'état-major de Hindenburg en Prusse orientale, il s'illustra dans les victoires allemandes de Tannenberg et des lacs Mazures en 1914. Il demeura le principal collaborateur de Hindenburg après que ce dernier fut nommé à la tête des armées allemandes (août 1916) et poussa à une guerre à outrance, même après les victoires de Foch. Après la guerre, il resta l'homme de la revanche, manifestant un nationalisme exacerbé. Il participa avec Hitler au putsch de Munich (1923), fut député (1924) et candidat à la présidence (1925). Après l'arrivée au pouvoir de Hitler (1933), il se tint à l'écart de la vie politique.