Databac

Lucullus, Lucius Licinius (v. 117-56 av. J.-C.) ; général romain.

Lucullus, Lucius Licinius (v. 117-56 av. J.-C.) ; général romain. Après s'être distingué aux côtés de Sylla comme tribun militaire pendant la guerre des Alliés (91-98), L., d'une famille plébéienne appartenant à la nobilitas, reçoit de Sylla, en tant que questeur (87), la mission difficile de constituer une flotte lors de l'expédition de Sylla contre Mithridate VI, roi du Pont. Au péril de sa vie, L. se rend en Crète, en Cyrénaïque, en Égypte, en Syrie, à Rhodes et à Chypre, conclut des alliances, réussit à rassembler une flotte et à trouver de l'argent. Il gagne la confiance de Sylla dont il devient un des principaux officiers. Édile avec son frère (79), il donne des Jeux splendides. Préteur (78), gouverneur de l'Afrique (77-76), il n'est pas oublié, contrairement à Pompée, dans le testament de Sylla (78) : considéré par le dictateur comme son partisan le plus loyal, le plus distingué (cet épicurien est un amoureux des arts et de la littérature) et le plus désintéressé, il devient l'éditeur de ses œuvres littéraires posthumes et le tuteur de son fils, Faustus. Consul en 74, déjà bon connaisseur des affaires d'Asie, L. récupère de façon irrégulière et avec dif- ficulté la province de Cilicie et le commandement de la guerre contre Mithridate. Il se rend à Éphèse, rassemble les légions, rétablit la discipline et réussit d'abord, à force de prudence et de talent, à contenir Mithridate, le contraint à lever le siège de Cyzique, puis écrase son armée en retraite, réoccupe la Bithynie et en 72, avec une flotte improvisée, bat la flotte pontique et force Mithridate à regagner ses États par la mer. Aussitôt il envahit le Pont, assiège Amisos (72-71) mais se fait battre par Mithridate sur le Lykos. Malgré tout, L. se maintient dans les montagnes tandis que Mithridate se réfugie chez son gendre en Arménie. L. occupe alors le Pont : après quatre ans de campagnes, il exerce son commandement sur quatre provinces (Cilicie, Asie, Bithynie et Pont). Les financiers romains y sont bridés par L. alors que ses réformes administratives et financières lui gagnent la popularité des indigènes. Convaincu que rien ne sera réglé tant que Mithridate est en vie, L. envoie son beau-frère Appius Claudius Pulcher négocier avec Tigrane. Refus de ce dernier : L. traverse l'Euphrate (69), bat le grand roi d'Arménie et ses cavaliers cuirassés qui passent pour invincibles (cataphractes) devant Tigranocerte, la capitale dont il s'empare. Il poursuit son avancée au cœur du plateau arménien qu'interrompt en 68 une mutinerie de ses soldats qui lui reprochent sa dureté. A Rome même, L. est combattu par les financiers lésés par les mesures prises en Asie. L. doit battre en retraite et prend Nisibe au passage, où il hiverne (68-67). En 67, L. apprend qu'il est privé de ses commandements et les politiciens romains encouragent l'indiscipline de ses troupes qui petit à petit se débandent. Mais à Rome, en 66, la lex Manilia reconstitue et étend au profit de Pompée les pouvoirs qu'avait détenus L. Il lui fallut attendre 63 pour recevoir les honneurs du triomphe. Puis les luttes partisanes de la capitale poussent ce grand seigneur de la République mourante à s'enfermer dans une vie privée d'un extrême raffinement, celle qui a rendu son nom proverbial. Bibliographie : J. van Ooteghem, Lucius Licinius Lucullus, Bruxelles, 1959 ; E. Will, Histoire politique du monde hellénistique, Nancy, 1982.

Liens utiles