LONDRES (traités de) / LONDRES (conférences de)
3 févr. 1830. La France, la Grande-Bretagne et la Russie reconnaissaient l'indépendance de la Grèce et fixaient sa frontière septentrionale à la ligne Aspropotamos-Sperchios. 26 avr. 1915. Traité secret signé entre l'Angleterre, la France, la Russie et l'Italie, un mois avant l'entrée de celle-ci aux côtés des Alliés durant la Première Guerre mondiale. Il promettait à l'Italie, lors du futur traité de paix, d'importants avantages territoriaux notamment le Trentin, le Tyrol du Sud, l'Istrie, Gorizia, Gradisca Trieste, les îles et une partie du littoral dalmates, une portion de territoire albanais autour de Valona, la province turque d'Adalia en Asie Mineure et la liberté pour son expansion coloniale en Afrique. Révélé par le gouvernement bolchevik en 1918, ce traité souleva l'indignation des États-Unis, parce qu'il violait délibérément le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. À la conférence de la paix de 1919, la France et l'Angleterre furent d'ailleurs incapables de tenir leurs engagements, et l'Italie ne reçut qu'une partie des territoires qui lui avaient été promis. 4 juin 1948. Accords entre les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et les trois pays du Benelux sur le futur statut politique de l'Allemagne occidentale ; la France acceptait la fusion économique de sa zone d'occupation avec la bizone anglo-américaine ; les accords prévoyaient la mise en place d'une Assemblée constituante et d'un gouvernement fédéral allemand, ouvrant ainsi la voie à la naissance de la République fédérale d'Allemagne (1949). 23 oct. 1954. Accords conclus entre les États-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne et les autres pays européens membres de l'OTAN. À la suite du rejet du projet de Communauté européenne de défense par le Parlement français (30 août 1954), ces accords autorisaient le réarmement allemand et faisaient entrer la RFA dans l'Alliance atlantique et dans l'OTAN ; l'Union de l'Europe occidentale (UEO) devenait l'organisme de coopération européenne pour les problèmes de défense.
1830/31. Ouverte le 4 nov. 1830, elle réunissait des représentants de la Grande-Bretagne, de la Prusse, de l'Autriche, de la Russie et de la France pour régler la question belge à la suite de la révolution de sept. 1830. Ses travaux furent d'abord rendus difficiles par les dissensions qui opposaient l'Autriche, la Prusse et la Russie désirant le rétablissement de l'ancien royaume des Pays-Bas, la France (représentée par Talleyrand) souhaitant un partage à son profit de la Belgique, tandis que la seule Angleterre (représentée par Palmerston) acceptait l'idée d'une Belgique indépendante. La conférence reconnut cependant la séparation de la Belgique et de la Hollande (20 déc. 1830), et le gouvernement belge envoya pour le représenter à la conférence Van de Weyer et le vicomte Charles Vilain XIII. Palmerston réussit à faire proclamer l'indépendance et la neutralité perpétuelle et garantie de la Belgique par le protocole du 20 janv. 1831. Mais le tracé des frontières proposé par ce protocole fut refusé par le Congrès national belge, qui réclamait le Luxembourg, le Limbourg hollandais et la Flandre zélandaise (bouches de l'Escaut). Léopold de Saxe-Cobourg, choisi comme roi des Belges (juin 1831), réussit par son influence personnelle à obtenir de la Conférence le traité des Dix-Huit Articles, qui assurait la liberté de l'Escaut ; ce traité fut approuvé par le Congrès national belge (9 juill. 1831). Cependant, à la suite de la reprise de la guerre et des succès hollandais, la conférence formula le traité des Vingt-Quatre Articles (14 oct. 1831), qui laissait à la Hollande tout le Limbourg hollandais ainsi que les bouches de l'Escaut et frappait la Belgique d'une lourde dette. Accepté par le Parlement belge le 15 nov. 1831, le traité des Vingt-Quatre Articles ne devint définitif que par le traité de Londres (19 avr. 1839). 1924. Conférence tenue du 16 juill. au 16 août 1924, réunissant tous les anciens Alliés (y compris les États-Unis), ainsi que l'Allemagne (à partir du 5 août). Le plan Dawes (v.) y fut accepté, et la France s'engagea à cesser dans un délai d'un an l'occupation de la Ruhr, mais ne put obtenir que cette évacuation fût liée à un contrôle militaire sur le désarmement de l'Allemagne et à la conclusion d'un pacte de sécurité.