LOISY Alfred Firmin
LOISY Alfred Firmin. Philosophe et exégète français. Né à Ambrières (Marne) le 28 février 1857, mort à Celfonds (Haute-Marne) le 1er juin 1940. Issu d’une famille de paysans, il décida de devenir prêtre alors qu’il faisait ses études secondaires au petit séminaire de Saint-Dizier. Entré en 1874 au grand séminaire de Châlons-sur-Marne, il reçut l’ordination sacerdotale en 1879 et commença son ministère dans les fonctions de curé de petits villages de son diocèse. Ses qualités intellectuelles ayant cependant retenu l’attention de ses supérieurs, il fut envoyé en mai 1881 à l’institut Catholique de Paris pour y poursuivre ses études supérieures. Nommé maître de conférences dans cet établissement dès 1882, il y devenait en 1889 professeur titulaire d’exégèse. Mais, comme il devait l’écrire plus tard dans Choses passées (1913), dès le commencement de l’année 1885-86, « ce [qu’il était] amené à penser de la Bible, du Christ, des croyances chrétiennes et de leur origine était la négation même du caractère surnaturel de la religion ». Sa position en matière scripturaire était si radicale qu’il en vint bientôt (dès 1893, précise-t-il encore) à ne plus accepter aucun article du Symbole, excepté le fait de la réalité historique du Christ. Ayant fondé en 1892 la revue L’Enseignement biblique, il y publia un an plus tard un article intitulé : La Question biblique et l'Inspiration des Ecritures, à la suite duquel il dut abandonner sa chaire de l’institut Catholique. L’encyclique pontificale Providentissimus Deus l’obligeait peu après à cesser la publication de sa revue. Poursuivant son entreprise critique, Loisy publia ses Evangiles synoptiques (1896) puis, en octobre 1900, dans la Revue du clergé français, un article sur La Religion d’Israël qui lui valut des censures de l'archevêque de Paris et du Saint-Siège. Cependant Loisy essayait encore de sauver son appartenance à 1’Église catholique, comme le montre son célèbre ouvrage L’Evangile et l'Eglise (1903), dans lequel il attaquait à la fois les théories abstraites de Harnack et l’interprétation rigoureusement dogmatique. Mais l’autorité ecclésiastique reconnut dans ce volume les traces de l’immanentisme qui devait aller se précisant sans cesse dans les œuvres suivantes de l’auteur. Dans de nombreux cercles catholiques cependant, on persistait encore à ne voir dans Loisy qu’un précurseur un peu téméraire alors que, sans peut-être s’en rendre parfaitement compte lui-même, il avait déjà abandonné complètement la foi chrétienne. A la suite du redressement doctrinal énergique coïncidant avec l’accession de saint Pie X au pontificat, la lutte contre le modernisme, dont Loisy et Tyrell étaient les principaux représentants dans le domaine de l’exégèse, s’intensifia. Deux nouveaux ouvrages de Loisy, Autour d’un petit livre (1903) et Le Quatrième Evangile (1903) furent mis à l’index et la soumission partielle de l’auteur jugée insuffisante. Loisy, qui de 1900 à 1904 avait enseigné la critique biblique à l’École des Hautes-Études, se retira quelques mois dans son pays natal, mais son caractère fort vif lui suggéra une série d’opuscules : Quelques lettres sur des questions actuelles et des événements récents (1908), Simples réflexions sur le décret Lamentabili et sur l’encyclique Pascendi (1908). lesquels, avec une réédition augmentée des Évangiles synoptiques, provoquèrent l’excommunication majeure prononcée par le Saint-Office le 7 mars 1908. Désormais complètement séparé de l’Église, Loisy obtint une chaire d’histoire des religions au Collège de France qu’il occupa de 1909 à 1926. Dans cette dernière période de sa vie, il publia encore de nombreux ouvrages, parmi lesquels : L’Evangile selon saint Marc (1912), Les Mystères païens et le mystère chrétien (1914), Les Actes des Apôtres (1920), L’Apocalypse de Jean (1923), L’Evangile selon saint Luc (1924), La Crise morale et l’éducation humaine (1937), etc. Peu avant sa mort, il avait lui-même rédigé ainsi son épitaphe : « Alfred Loisy. Prêtre retiré du ministère et de l’enseignement. Professeur au Collège de France. Qui tuam, in votis, tenuit voluntatem. »
MICHEL MOURRE.
♦ « Loisy prend les textes comme des tranches nettement découpées qu’il soumet à l’analyse. Mais, dans la réalité, elles se rattachent à un mouvement ininterrompu de vie au sein d’une société, l’Eglise, qui a ses lois psychologiques propres, à saisir par la tradition. Loisy manque du sens de la tradition. » P. Pouget.
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- Loisy, AlfredLoisy, Alfred (1857-1940), théologien et exégète français qui, cherchant à mettre les méthodes scientifiques de la philologie et de la critique historique au service de lathéologie catholique, fut le chef de file du modernisme.
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