LÉOPOLD
• BELGIQUE • EMPIRE GERMANIQUE BELGIQUE LÉOPOLD Ier (* Cobourg, 16.XII.1790, † Laeken, Bruxelles, 10.XII.1865). Roi des Belges (1831/65). Prince héréditaire de Saxe-Cobourg, il combattit brillamment dans l'armée russe contre Napoléon. Naturalisé anglais, il épousa en 1816 Charlotte, héritière du trône d'Angleterre, qui mourut l'année suivante. Léopold venait de refuser la couronne de Grèce (1830), lorsque le Congrès national belge l'élut roi des Belges (4 juin 1831). Il y mit comme condition le règlement de la question des territoires et des dettes et obtint de la conférence de Londres le traité des Dix-Huit Articles (v.), approuvé par le Congrès national (9 juill. 1831). Accueilli triomphalement à Bruxelles (21 juill.), il dut faire face à la reprise des hostilités par les Hollandais et défendit en personne, à Louvain, la route de Bruxelles. En 1832, après la rupture de son mariage morganatique avec l'actrice Karoline Bauer, il épousa la fille aînée de Louis-Philippe, Louise Marie d'Orléans, dont il eut quatre enfants. Léopold Ier sut remarquablement se servir de ses relations familiales pour être le « bouclier de la Belgique », dont il sauvegarda l'indépendance contre les intrigues de la Prusse et les ambitions annexionnistes de la France, en particulier sous le règne de Napoléon III. LÉOPOLD II (* Bruxelles, 9.IV.1835, † Laeken, Bruxelles, 17.XII.1909). Roi des Belges (1865/1909). Fils et successeur de Léopold Ier. Il s'appuya sur l'Angleterre pour mettre en échec, en 1866/69, les intrigues de Napoléon III contre l'indépendance belge ; puis, à partir de 1890, il s'employa sans relâche à la préparation militaire du pays et réussit à imposer la loi militaire du service personnel (1909), qu'il put signer à la veille de sa mort. Mais son règne fut surtout marqué par le prodigieux essor du commerce et de l'industrie belges et par une active politique coloniale. Il fonda l'Association internationale africaine, chargea Stanley d'une mission au Congo et créa l'État indépendant du Congo, dont le congrès de Berlin lui reconnut la souveraineté à titre personnel (26 févr. 1885). Par son testament Léopold II légua le Congo à la Belgique. LÉOPOLD III (* Bruxelles, 3.XI.1901, † Bruxelles, 25.IX.1983). Roi des Belges (1934/51). Fils d'Albert Ier et petit-neveu de Léopold II, il devint roi à la suite de la mort accidentelle de son père, le 17 févr. 1934. Un an plus tard, il perdit sa femme, Astrid de Suède dont il avait eu trois enfants. Devant les nouvelles menaces de guerre, Léopold III mit fin à l'alliance avec la France et réaffirma solennellement la neutralité de la Belgique (déclaration du 14 oct. 1936). Lors de l'invasion allemande du 10 mai 1940, il prit le commandement en chef de l'armée et fut contraint de signer une capitulation sans condition (28 mai 1940). Il ne suivit pas en exil le gouvernement Pierlot, qui continua la résistance à Londres. Confiné au château de Laeken, il n'exerça plus d'activité politique et se refusa à toute collaboration avec les occupants. Il fut décidé en juill. 1945 que Léopold III ne pourrait régner à nouveau qu'après un vote du Parlement. Le référendum du 12 mars 1950 ne fit apparaître qu'une légère majorité favorable à la reprise des pouvoirs par le roi. Rentré à Bruxelles, Léopold III fut accueilli par une vague de grèves et de violentes manifestations. Il décida alors de transmettre ses prérogatives au prince héritier Baudouin (11 août 1950), et il abdiqua finalement en sa faveur (11 juill. 1951).
EMPIRE GERMANIQUE LÉOPOLD Ier (* Vienne, 9.VI.1640, † Vienne, 5.V. 1705). Empereur germanique (1658/1705). Second fils et successeur de Ferdinand III. Menacé par les Turcs qui assiégeaient Vienne, il fut sauvé par le roi de Pologne Jean Sobieski (1682). Il mena dans les régions danubiennes une puissante contre-offensive qui aboutit à la paix de Karlowitz (1699), assurant aux Habsbourg toute la Hongrie, la Transylvanie et le Banat. Dans sa lutte contre Louis XIV, il fut forcé d'accepter les traités de Nimègue (1678) et de Ryswick (1697), avant de connaître des victoires (à Höchstädt, 1704) en s'alliant avec l'Angleterre et la Hollande dans la guerre de la Succession d'Espagne. Son fils Joseph Ier lui succéda. LÉOPOLD II (* Vienne, 5.V.1747, † Vienne, 1er.III. 1792). Empereur germanique (1790/92). Deuxième fils de François Ier et de Marie-Thérèse, arrière-petit-fils du précédent, il fut d'abord grand-duc de Toscane (1765/90). En févr. 1790, succéda à son frère Joseph II et dut faire face à une situation critique : alors que la Hongrie continuait à s'agiter, que la Bohême et l'Autriche protestaient contre de nouveaux impôts, les Pays-Bas autrichiens étaient insurgés et la révolution venait d'éclater en France. Léopold II réussit à soumettre les Belges (déc. 1790) et à réprimer la révolution de Liège (janv. 1791), cependant qu'il s'assurait les mains libres en terminant la guerre avec les Turcs (paix de Sistova, août 1791). Personnellement touché par la Révolution française (il était le frère de la reine Marie-Antoinette), il adopta une attitude prudente, malgré la convention de Vienne avec la Prusse (25 juill. 1791) et la déclaration de Pillnitz (août 1791) à la suite de laquelle les révolutionnaires le sommèrent d'intervenir contre les émigrés. Léopold II mourut avant la déclaration de guerre par la France. Marié à l'infante espagnole Marie-Louise, il avait eu seize enfants dont son successeur, François II.
Léopold Ier (Vienne 1640 -id. 1705); empereur allemand [1658-1705].
Second fils de l’empereur Ferdinand III, L. est à l’origine destiné à l’Église, mais à la mort de son frère Ferdinand, la succession lui échoit. Dès 1654-1655, il est élu roi de Bohême et de Hongrie. Après la mort subite de son père, il parvient, non sans mal, à contrer les tentatives françaises pour faire élire comme empereur soit Louis XIV lui-même, soit un candidat bavarois. Après son élection (1658), L. doit aussitôt faire face à la renaissance du danger turc. La Hongrie est envahie, mais avec l’aide des princes d'Empire et de la France, les Turcs sont vaincus par Montecuccoli à la victoire de Saint-Gotthard (1664). Ce succès militaire cependant n’est guère exploité, du fait de l’attitude défensive de la cour de Vienne lors des négociations de la paix de Vasvàr (1664). L. en fait songe avant tout à assurer son pouvoir en Hongrie royale, où, même après l’écrasement du soulèvement des magnats menés par Zrinyi (1670), l’opposition ne cesse de croître, certains nobles, tel Thököly, gendre de Zrinyi, n’hésitant pas à faire cause commune avec les Turcs. Un des motifs d’opposition de la noblesse hongroise est la politique de recatholicisation menée en Hongrie, d’abord modérément, puis à partir de 1670 de façon plus radicale, par L., attaché personnellement à un catholicisme de combat (expulsion des juifs de Vienne en 1670). En matière de politique intérieure, le règne de L. est également marqué par une tentative de développement industriel dans l’esprit colbertiste, qui produit peu de fruits. Musicien de talent, L. a surtout favorisé l’art baroque qui s’épanouit grâce à de grands architectes (Fischer von Erlach, Hildebrandt, Prandtaurer). Dès 1668 se pose la question de la succession d’Espagne. Ne pouvant convaincre les Etats de l'Empire de faire une guerre pour les possessions des Habsbourg en Espagne, L. signe avec la France le traité secret de 1668, qui promet à la France les Pays-Bas méridionaux et à l’Autriche la succession espagnole. Mais la politique agressive de Louis XIV amène par la suite L. à être de toutes les coalitions contre la France. Contraint d’accepter la paix de Nimègue (1679), il entre ensuite dans la ligue d’Augsbourg, mais doit accepter au traité de Ryswick que Louis XIV conserve l’ancienne ville impériale de Strasbourg, même si les autres << réunions » sont pour la plupart restituées (1697). Entre-temps, l’attaque des Ottomans sur Vienne avait pendant un moment détourné l’attention de l’Europe vers la frontière orientale de la chrétienté. Le déblocage de Vienne en 1683 à la suite de la victoire de Kahlenberg assure à L. un très grand prestige dans toute l’Europe, et marque le début des combats pour la reconquête de la Hongrie. La contre-offensive autrichienne, menée par de remarquables généraux, tel le prince Eugène, culmine avec la prise de Belgrade et aboutit à la paix de Carlowitz qui assure à l’Empereur presque toute la Hongrie et la Transylvanie (1699). Pendant ce temps, L. décide de mater définitivement la Hongrie royale. En 1687, après avoir mené une dure politique de répression, il parvient à faire reconnaître par une diète réunie à Presbourg le caractère héréditaire de la couronne de Saint-Étienne dans la maison d’Autriche. Les maladresses de L. vis-à-vis des Hongrois provoquent néanmoins une nouvelle insurrection en 1703 : les Malcontents mettent à leur tête François II Rakoczi, s’allient à Louis XIV, menacent Vienne, et proclameront en 1707 la déchéance des Habsbourg et l’indépendance de la Hongrie. Le règne de L., mort en 1705, s’achève donc dans de graves difficultés, d’autant que l’Autriche est alors impliquée dans la guerre de Succession d’Espagne. Toutefois, les brillantes victoires du prince Eugène (Blenheim, 1703) permettaient de mieux augurer de l’avenir : en 1711, Rakoczi est vaincu et Joseph Ier rétablit la domination des Habsbourg sur l’ensemble de la Hongrie ; son frère Charles VI allait un peu plus tard récolter les fruits de la guerre européenne (paix de Rastatt, 1714).
Bibliographie : F. Lebrun, Le xviie Siècle, 1967, p. 177-179 ; J. Bérenger, Histoire de l'empire des Habsbourg, 1990, p. 334-410.
Léopold II (Vienne 1747-id. 1792); empereur allemand [1790-1792].
Second fils de Marie-Thérèse, L., d’abord grand-duc de Toscane, manifeste, en despote éclairé, par des réformes politiques, économiques et constitutionnelles sa compréhension exceptionnelle des besoins de la vie politique moderne. Dans l’esprit de Montesquieu, il reconnaît le principe de la séparation des pouvoirs, le droit du peuple à voter l’impôt et le devoir du gouvernement de rendre des comptes, et il s’efforce de faire de l’ancien État fondé sur les différents ordres une monarchie constitutionnelle. En 1789, il accueille favorablement la convocation des États généraux et en attend une régénération de la France, qui doit devenir un exemple pour tous les gouvernements européens. Mais il manifeste du scepticisme face à la politique de réformes de son frère Joseph II, même s’il en approuve les tendances. Lorsqu’à la mort de Joseph en 1790 il accède au pouvoir en Autriche, il se trouve devant l’obligation de céder à l’opposition des ordres qui réclament le rétablissement des droits perdus sous Marie-Thérèse et Joseph. Il ne revient cependant pas sur les réformes essentielles de son frère, en particulier la liberté du choix de résidence, la liberté de choisir un métier et de contracter un mariage, ni sur le principe du droit de regard de l’État sur l’Eglise. Son éloignement vis-à-vis de tout centralisme exagéré et la restauration de la Constitution hongroise, associée à la préparation d’une réforme constitutionnelle, renouvellent la cohésion de l’Autriche, menacée par la politique de Joseph. Il réussit fin 1790 et début 1791 à mettre fin à la révolte des Pays-Bas méridionaux et de Liège. Surtout, L. stabilise la situation extérieure de la monarchie, en mettant fin à la guerre contre la Turquie (paix de Sistova, 1791) et en se rapprochant de la Prusse (convention de Vienne, 1791). Bien que frère de Marie-Antoinette, il s’oppose à une intervention contre la France révolutionnaire et ne se tient prêt à une alliance défensive avec la Prusse qu’après l’attaque de l’Alsace par la France. Mais il meurt juste avant que l’Assemblée nationale française ne déclare la guerre à l’Autriche.
Bibliographie : J. Bérenger, Histoire de l’empire des Habsbourg, 1990, p. 520-536.
Léopold Ier de Saxe-Cobourg (Cobourg 1790-Bruxelles 1865); roi des Belges [1831-1865].
Fils cadet du duc François de Saxe-Cobourg, petite et ancienne maison princière allemande, L. sert comme officier dans l’armée russe de 1805 à 1810. Il participe également aux guerres de libération contre Napoléon Ier. Il épouse en 1816 Charlotte-Auguste, héritière du trône britannique, qui meurt en couches un an plus tard. Il vit par la suite en Angleterre, refuse en 1830 la couronne de Grèce mais accepte le trône de Belgique lorsque cet Etat est créé en 1831. Le Congrès national belge l’élit en juin 1831. Il obtient alors la signature du traité des Dix-Huit Articles qui établit l’indépendance de la Belgique. S’appuyant sur ses liens avec l’Angleterre et avec le roi de France Louis-Philippe, dont il épouse la fille en 1832, il parvient à résister, au prix du traité des Vingt-Quatre Articles organisant des concessions territoriales, à l’offensive militaire de Guillaume Ier de Hollande. En matière de politique intérieure, il respecte scrupuleusement les principes de la monarchie constitutionnelle et se tient à l’écart des conflits qui opposent le parti libéral au parti catholique, favorisant au contraire l’unionisme mais sans grand succès. L. compte, en politique comme en diplomatie, parmi les princes les plus habiles de son temps. Par une stratégie d’alliances familiales, le « Nestor de l’Europe » non content de protéger des convoitises son fragile Etat participe, au-delà des limites de son royaume, à la politique européenne et au maintien de la paix. Il exerce en particulier une influence certaine sur sa nièce, la reine d’Angleterre Victoria, qui épouse Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, l’un de ses neveux. Un autre d’entre eux épouse en 1836 la reine Marie de Portugal. En trente-quatre ans de règne, L. sera parvenu à consolider l’existence et le développement de la Belgique, dont les traités commerciaux signés avec la Prusse (1844) et la France (1846), ainsi que la mise en place d’infrastructures de communication et de crédit, favorisent à partir de 1850 l’essor économique. La question scolaire, la question linguistique et la question sociale connaissent sous son règne leur première expression.
Bibliographie : C. Bronne, Léopold Ier et son temps, Bruxelles, 1942 ; A. Simon, Léopold Ier, Bruxelles, 1963.
Léopold II (Bruxelles 1835-Laeken 1909) ; roi des Belges [1865-1909].
Comme son père Léopold Ier - premier roi des Belges -, il est un excellent diplomate doublé d’un très habile homme d’affaires. Après avoir favorisé l’exploration du Congo par Stanley, il acquiert en 1885 ce territoire en tant que propriétaire privé. Ce n’est qu’en 1908 que le Congo est transformé en une véritable colonie de l’Etat belge, à la suite des critiques publiques suscitées par son exploitation scandaleuse. Pendant le règne de L., la Belgique connaît un rapide essor industriel ; les relations personnelles du roi ouvrent à son royaume de nouveaux marchés. Lors des multiples tensions parlementaires entre libéraux et cléricaux, le roi parvient souvent à faire valoir ses droits constitutionnels. En politique extérieure, il réussit avec le soutien britannique à préserver la neutralité belge en 1870-1871. Par ailleurs, il s’efforce de développer la défense nationale. Il meurt en 1909 à l’âge de 74 ans.
Léopold III (Bruxelles 1901 -id. 1983) ; roi des Belges [1934-1951].
Né en 1901, L. est le fils aîné du roi des Belges Albert Ier, Roi-Chevalier, et d’Élisabeth. En 1914, après avoir servi six mois dans l’armée belge, il part pour l’Angleterre où il est éduqué à Eton. Il vit la fin de la Première Guerre mondiale comme adjudant dans l’armée de son père. Après de longs voyages, il épouse en 1926 la princesse Astrid de Suède (1905-1935) qui devient vite très populaire auprès de la population belge. En 1934, il prête serment à la Constitution. Un an plus tard, la voiture conduite par le roi a un accident près du lac des Quatre-Cantons en Suisse où la reine meurt. Après l’écrasement de son armée, L. capitule en mai 1940 devant la progression des troupes allemandes. Il se décide en même temps à ne pas quitter le pays, mais à partager le destin de son peuple. Pendant la guerre, il contracte en 1941 un second mariage, tenu d’abord secret, avec Liliane Baels, devenue la princesse de Réthy. En 1944, il est conduit du château de Laeken dans une prison allemande. Mais son retour en Belgique à la fin de la guerre n’est pas tout de suite possible, car l’opinion publique désavoue son attitude au moment de la capitulation. Ses efforts en vue de reprendre le trône à son frère Charles, élu régent, se heurtent à la résistance des socialistes dirigés par Paul-Henri Spaak. La question royale se confond avec la lutte entre Wallons et Flamands. Par un référendum, les Belges se prononcent en 1950 à 57,65 % en faveur du retour du roi, mais cela occasionne des troubles violents dans tout le pays. L. transmet alors ses droits à son fils aîné Baudouin et abdique un an plus tard.
LÉOPOLD Ier (Vienne, 1640- id., 1705). Archiduc d'Autriche, roi de Hongrie (1655-1705), roi de Bohême (1656-1705), empereur (1658-1705). Catholique fervent, il mena des campagnes victorieuses contre les Turcs mais fut moins heureux dans les guerres provoquées par l'ambition de Louis XIV. Fils et successeur de Ferdinand III, il dut très vite faire face à la menace ottomane qu'il repoussa grâce à la victoire de Saint-Gotthard, en Hongrie (1664). Cependant, profitant de la révolte hongroise, les Turcs reprirent leur offensive et assiégèrent Vienne (1683) qui ne fut sauvée que grâce à l'intervention de Jean III Sobieski, roi de Pologne. Servi par de grands chefs de guerre comme Charles de Lorraine et le prince Eugène, Léopold Ier mena dans les régions du Danube une grande contre-offensive contre les Turcs qui aboutit à la prise de Belgrade et au traité de Karlowitz (1699), assurant à l'empereur toute la Hongrie et la Transylvanie. Les guerres contre Louis XIV auxquelles participa Léopold Ier (guerre de Hollande, guerre de la ligue d'Augs-bourg) aboutirent à des paix peu avantageuses (traités de Nimègue, 1678-1679 ; traités de Ryswick, 1697). L'empereur mourut avant la fin de la guerre de Succession d'Espagne, à laquelle il participait avec l'Angleterre et la Hollande. Léopold Ier avait encouragé la vie intellectuelle, et protégé Leibniz.
LÉOPOLD II (Vienne, 1747- id., 1792). Grand-duc de Toscane (1765-1790), archiduc d'Autriche, empereur, roi de Bohême et de Hongrie (1790-1792). Frère de Marie-Antoinette, reine de France, il hésita à s'engager contre la Révolution française. Deuxième fils de François Ier et Marie-Thérèse d'Autriche, il se comporta en Toscane en libéral, adepte du despotisme éclairé. Succédant à son frère Joseph II, il trouva l'Empire dans un état critique, et fut contraint d'abandonner en partie les réformes de son prédécesseur. Il soumit les Belges (1790), réprima la révolution de Liège (1790) et termina la guerre contre les Turcs (1791). Malgré la déclaration de Pillnitz (août 1791) qu'il publia avec le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume II, il se montra très prudent à l'égard de la Révolution, et mourut avant la déclaration de guerre contre la France. L'empereur François II lui succéda. Voir Kaunitz (Wenzel), Révolution brabançonne.
LÉOPOLD Ier DE SAXE-COBOURG (Cobourg, 1790-Laeken, 1865). Roi des Belges (1831-1865). Il fut le premier souverain d'une Belgique indépendante. Après s'être distingué comme officier de l'armée russe pendant les guerres napoléoniennes, il fut naturalisé anglais et épousa en 1816 Charlotte, héritière de la couronne d'Angleterre qui mourut l'année suivante. Après la révolution belge d'août 1830 qui décida de l'indépendance, le congrès belge l'élut roi (4 juin 1831) sur la proposition de Joseph Lebeau, ministre des Affaires étrangères et avocat libéral belge. Après avoir épousé la fille aînée de Louis-Philippe Ier, roi des Français, il s'efforça à l'extérieur de maintenir la neutralité de la Belgique. Monarque constitutionnel, il favorisa l'entente entre catholiques et libéraux dans les cabinets ministériels, et orienta nettement la monarchie vers le parlementarisme. Voir Guillaume Ier, Léopold II, Londres (Conférence internationale de, 1830-1831).
LÉOPOLD II (Bruxelles, 1835-Laeken, 1909). Roi des Belges (1865-1909). Son règne fut marqué par la colonisation du Congo. Fils et successeur de Léopold Ier, il renforça la puissance de l'armée et s'appuya sur l'Angleterre pour mettre en échec les ambitions de Napoléon III en Belgique. Ses initiatives coloniales en Afrique furent déterminantes. Léopold II fonda en 1876 l'Association internationale africaine, chargea Stanley d'explorer le Congo et créa l'État indépendant du Congo dont le congrès de Berlin lui reconnut la souveraineté à titre personnel (1885). Dans son testament (1889), accepté par la Chambre belge en 1908, le roi légua le Congo à la Belgique, lui donnant ainsi une place importante parmi les pays colonisateurs.