LAVAL (PIERRE)
LAVAL (PIERRE)
Homme politique français né à Châteldon (Puy-de-Dôme) en 1883, mort à Fresnes en 1945. Député socialiste, il fut chargé de plusieurs ministères entre 1925 et 1934. Président du Conseil (1935-1936), il tenta un rapprochement entre la France et l’Italie. Ministre d’État dans le cabinet Pétain (1940), il abolit la Constitution et confia le pouvoir au Maréchal. Révoqué quelques mois plus tard mais réintégré dans ses fonctions par les Allemands, il fut chef du gouvernement et s’engagea dans une politique de collaboration. Il mit en place le Service du travail obligatoire (STO) ainsi que le système de la «relève» des prisonniers français en Allemagne (un prisonnier libéré contre trois ouvriers). Réfugié à Sigmaringen à la Libération, il quitta l’Allemagne pour l’Espagne (mai 1945) d’où il fut expulsé peu après. Arrêté par les Américains, remis aux Français, il fut traduit devant un tribunal et fusillé au mois d’octobre 1945.
Homme politique français. Fils d'un cafetier auvergnat, il devint avocat à Paris (1907). Lié à la gauche révolutionnaire et pacifiste, il défendit des militants syndicaux, et fut élu en 1914 député socialiste d'Aubervilliers, puis maire de cette commune jusqu'en 1940. Il joua un rôle croissant dans la vie parlementaire, comme député, puis sénateur de 1927 à 1940. De 1931 à 1936, il fut président du Conseil, ministre des Affaires étrangères, dans des cabinets orientés à droite. Il favorisa l'expansion des fascismes par une politique extérieure brouillonne. Sa politique intérieure de déflation mécontenta les salariés, et contribua à la victoire électorale du Front populaire en 1936. Il se tint à l'écart de janv. 1936 à mai 1940. Vice-président du Conseil dans le gouvernement Pétain, il négocia avec les parlementaires l'attribution des pleins pouvoirs au maréchal (juil. 1940). Écarté pour des raisons obscures en déc. 1940, il revint au pouvoir en avr. 1942 sous la pression des Allemands. Convaincu de la victoire inéluctable de l'Allemagne, il mena une politique de collaboration de plus en plus nette. Condamné à mort par la Haute Cour (9 oct. 1945), il fut fusillé.
Laval, Pierre (Châteldon 1883-Fresnes 1945) ; homme politique français.
Fils d’aubergiste, L. est enfant de l’Auvergne, une région à laquelle il reste attaché toute sa vie. Avocat des pauvres, il commence sa carrière politique comme député socialiste pacifiste. Battu en 1919, il devient en 1924 le député de la circonscription d’Aubervilliers, sa terre d’élection, sous l’étiquette « socialiste indépendant ». Il amorce alors un glissement « à droite » : ministre, il fait successivement partie d’un gouvernement de gauche (Painlevé, 1925), du centre (Briand, 1925-1926) et de droite (Tardieu, 1930). De janvier 1931 à janvier 1932, il est président du Conseil. De 1934 à 1936, il dirige la politique étrangère de la France : il conclut un traité d’amitié avec l’Union soviétique (mai 1935). Il redevient président du Conseil de juin 1935 à janvier 1936. Il tente alors pour isoler l’Allemagne, un rapprochement avec l’Italie fasciste (le front de Stresa), qui échoue devant la résistance de l’Angleterre inquiète de la politique italienne en Afrique. Cet échec nourrit une anglophobie qui devient une constance de sa politique. Il n’apprécie pas davantage le Front populaire qui l’écarte du pouvoir jusqu’à la défaite de la France face à l’Allemagne nazie. Il revient au pouvoir en 1940. Usant de menaces, d’intrigues et de persuasion, il contribue d’une manière déterminante au vote par la Chambre des pleins pouvoirs à Pétain et, en conséquence, à la fin légale de la IIIe République. Le chef de l’État français nomme L. vice-président du Conseil. Mais dès le mois de décembre 1940, une rupture intervient entre les deux hommes qui ne s’aiment guère. L. est alors révoqué et arrêté, mais rapidement libéré sous la pression des Allemands. Après que Hitler eut sommé la France de choisir entre « la collaboration ou la polonisation », il est rappelé au pouvoir en avril 1942. Il engage une active politique de rapprochement avec l’Allemagne dont il « souhaite la victoire ». Il tente toutefois d’adoucir certaines revendications extrêmes du Reich hitlérien. Il préside en 1943 à l’instauration du Service du travail obligatoire et à la création de la Milice. Il porte aussi la responsabilité de la déportation des juifs de France, sans pour autant obtenir aucun relâchement de la pression allemande. À la fin de la guerre, emmené à Sigmaringen, puis à Innsbruck, il est arrêté par les Américains qui le livrent à la France. Il passe en jugement pour haute trahison et il est condamné à mort à la suite d’un procès bâclé. Après une tentative de suicide, il est fusillé à Fresnes en octobre 1945.
Bibliographie : F. Kupferman, Laval, 1883-1945, 1987 ; J.-P. Cointet, Laval, 1992.
LAVAL, Pierre (Châteldon, 1883-Fres-nes, 1945). Homme politique français. Ministre de Pétain en 1942, il pratiqua une politique de collaboration avec l'Allemagne nazie. Fils d'un petit cafetier d'Auvergne, Laval travailla pour payer ses études et devint, en 1907, avocat au barreau de Paris. D'abord à l'extrême gauche de la SFIO, il se fit connaître comme conseiller juridique auprès de nombreux syndicalistes. Député socialiste d'Aubervilliers (1914-1919) puis maire de cette ville ouvrière, réélu pendant plus de vingt ans (1923-1944) malgré son évolution politique, il fut battu aux élections de 1919, quitta la SFIO, fut réélu socialiste indépendant à la Chambre des députés (1924-1927) puis au Sénat (1924-1940). Plusieurs fois ministre - des Travaux publics (1925), de la Justice (1926), du Travail (1930, 1932), des Colonies puis des Affaires étrangères (1934), il devint président du Conseil (janvier 1931-janvier 1932) à un moment où la crise économique et financière gagnait la France. Sa politique de déflation et d'économie budgétaire lui aliéna une partie de l'opinion, en particulier les partis de gauche. Sa politique extérieure ne fut pas plus heureuse. Afin de faire face à la menace hitlérienne, Laval signa un pacte d'assistance mutuelle avec l'URSS (mai 1935) et surtout se rapprocha de l'Italie mussolinienne (accords de Rome, conférence de Stresa, 1935). Mais il fut contraint de démissionner sur l'affaire d'Éthiopie (janvier 1936) et se trouva écarté du pouvoir pendant quatre ans. Il fut presque seul en 1939 à refuser la déclaration de guerre et revint au premier plan de la scène politique après l'armistice. Nommé ministre d'État par Pétain (23 juin 1940), il milita à Vichy pour l'obtention des pleins pouvoirs au maréchal (10 juillet 1940) et devint vice-président du Conseil du gouvernement de Vichy. Convaincu de la victoire allemande, il se prononça pour la collaboration et prépara l'entrevue de Montoire entre Pétain et Hitler (octobre 1940). Mais, en butte à l'hostilité des ministres, il fut remplacé par Darlan (décembre 1940), arrêté, emprisonné mais libéré sur l'intervention de l'ambassadeur allemand à Paris, Otto Abetz. Rappelé au pouvoir (avril 1942) à la demande allemande, Laval cumula au gouvernement les portefeuilles de l'intérieur, de l'information et des Affaires étrangères et devint le véritable chef de l'État, déclarant souhaiter la victoire de l'Allemagne. Persuadé cependant des difficultés de la collaboration (surtout après l'occupation de la zone sud en 1942), il pratiqua une politique de marchandages pour limiter les exigences de l'occupant (Relève puis Service du travail obligatoire). Haï des résistants mais aussi des extrémistes de la collaboration, Laval tenta, en août 1944, une ultime manoeuvre en demandant à Édouard Herriot la réunion de l'Assemblée nationale, ce qui lui fut refusé. Après la victoire alliée, il rejoignit le gouvernement de Vichy transféré à Belfort puis à Sigmaringen. Laval gagna ensuite l'Autriche, puis l'Espagne (mai 1945) mais fut remis aux autorités françaises. Il fut condamné à mort puis fusillé après avoir auparavant tenté de s'empoisonner.