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Lassalle. Ferdinand (Breslau 1825-Genève 1864) ; fondateur du mouvement ouvrier allemand.

Lassalle. Ferdinand (Breslau 1825-Genève 1864) ; fondateur du mouvement ouvrier allemand. Fils d'un riche drapier juif, L. naît à Breslau (Wroclaw). Il fréquente tout d'abord le lycée de Breslau puis l'école de commerce de Leipzig et se tourne vers le radicalisme politique. Il poursuit à partir de 1842 des études d'histoire et de philosophie, d'abord à Breslau puis à Berlin. Sa vision du monde est profondément transformée par l'enseignement philosophique alors dominé en Prusse par la pensée de Hegel. Il prend la tête de l'activisme révolutionnaire des jeunes hégéliens ; mais, au contraire de Marx, il voit dans l'État 1' « unité des individus dans un tout moral », son but étant dans « l'éducation et le développement de l'humanité dans sa quête de la liberté ». L. entre assez tardivement en politique. Sa recherche approfondie sur La Philosophie d'Héraclite d'Ephèse, qui devait lui ouvrir les portes d'une carrière universitaire, n'est publiée qu'en 1858. Il défend dans le même temps les intérêts de la comtesse Hatzfeldt qu'il épouse, ce qui lui permet de jouir du train de vie de grand seigneur. Pendant la révolution de 1848, il se rallie au groupe de Marx. Son activité révolutionnaire n'est cependant pas assez intense pour l'obliger à émigrer. Poursuivant tout d'abord exclusivement son travail théorique et littéraire (Le Système des droits acquis, 1861), il est à nouveau plongé dans la politique à partir du début de l'année 1862, à la suite des affaires italiennes (Garibaldi). Son activisme parmi les artisans et les ouvriers a pour objectif de réunir les couches laborieuses dans un parti spécifique qui doit lutter pour l'obtention du suffrage universel et pour une participation accrue des travailleurs au pouvoir. Le but final de ce processus est, aussi bien pour Marx que pour L., la réalisation d'une société socialiste, dans laquelle la propriété privée devrait être abolie. Pour atteindre ce but, L. envisage comme moyen la création par les travailleurs d'associations libres de production soutenues par l'État, afin de faire du prolétariat son propre entrepreneur. Il dénie toute utilité au mouvement syndical ou coopératif car, selon lui, prévaut dans la société capitaliste une « loi salariale d'airain » qui interdit toute amélioration de la situation des travailleurs. Avec son Programme des travailleurs (1862) et sa Lettre ouverte (1863), L. jette les bases programmatiques de 1' « Association générale allemande des travailleurs ». Fondé à Leipzig le 23 mai 1863, ce premier parti socialiste, fortement centralisé, est entre les mains de L., son président. Il suscite aussitôt l'attention de Bismarck qui le considère comme un allié éventuel dans le combat qu'il livre contre le libéralisme. Mais avant que l'Association ne devienne une véritable organisation de masse, L. meurt près de Genève au cours d'un duel.

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