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Kohl, Helmut (né à Ludwigshafen en 1930) ; chancelier allemand [depuis 1982].

Kohl, Helmut (né à Ludwigshafen en 1930) ; chancelier allemand [depuis 1982].

K. vient au monde cinquante-quatre ans après l'illustre fondateur de la République fédérale, Konrad Adenauer, dont on dit quelquefois qu'il était en politique son grand-père, un aïeul auquel le « géant du Palatinat » s'est toujours efforcé de rester fidèle. Rhénan lui aussi, mais un peu plus méridional, K. vient comme Adenauer d'une famille de très petite bourgeoisie. Comme Konrad Adenauer K. peut cependant faire des études supérieures. Il choisit l'histoire et les sciences politiques dans l'université de Heidelberg. Il y passe une solide thèse de doctorat sur les débuts de la vie politique dans le Land de Rhénanie-Palatinat constitué après la guerre. Entré tout jeune, à l'âge de quinze ans, dans l'organisation juvénile de la CDU, K. dès l'adolescence est attiré par la politique. Militant du parti dès qu'il en a l'âge, il devient vite porteur de mandat : conseiller municipal de Ludwigshafen, député à la Diète de Rhénanie-Palatinat. Président de la CDU du Land en 1966 et président du groupe parlementaire, il accède en 1969 à la direction du gouvernement comme ministre-président. Fort de la bonne réputation qu'il s'est acquise dans son Land, K. devient en 1973, à quarante-trois ans, président de la CDU. En 1976 il conduit pour la première fois une campagne électorale nationale qui donne au parti démocrate-chrétien avec près de 47 % des voix le plus beau score de son histoire, mais Helmut Schmidt peut rester au pouvoir. Du coup K. prend la décision d'abandonner un poste sûr en Rhénanie-Palatinat pour devenir à Bonn chef de l'opposition. Les « cousins » bavarois de la CSU estiment que, disposant d'une personnalité prodigieuse et de réputation mondiale en la personne de Franz Joseph Strauss, ils devraient la prochaine fois conduire à la victoire le double parti CDU/CSU. En 1980, K. cède donc la place à Strauss, et c'est un désastre. Alors que les médias avaient annoncé son retrait, celui-ci reprend la place de tête. Et comme le vent de la politique change, comme les libéraux se détachent des sociaux-démocrates, de plus en plus tentés par un radicalisme idéologique, voici en septembre 1982 K. élu chancelier à la place de Helmut Schmidt. Onze ans après, K. est toujours chancelier de l'Allemagne, et même d'une Allemagne réunifiée. Il a gagné trois élections générales successives, il a réussi là où Schmidt avait échoué en faisant approuver par le Bundestag le déploiement des fusées de moyenne portée américaine, riposte aux SS20 soviétiques, il a, gouvernant avec habileté au jour le jour, conduit l'affaire majeure de la réunification, en improvisant sans cesse à partir de convictions inébranlables. Tout en maintenant d'excellentes relations avec Washington sans éviter systématiquement les affrontements quand ils furent nécessaires, K. a été l'homme de l'entente franco-allemande encore plus que son prédécesseur. Dès le lendemain de son élection à la Chancellerie, il était à Paris. Malgré les hésitations françaises devant l'événement imprévu de la réunification, K. n'a cessé de mener ensemble avec François Mitterrand les grandes avancées de l'Europe unie : de l'Acte unique de Luxembourg, prélude au Grand Marché devenu réalité le 1er janvier 1993, au traité de Maastricht. Il remporte encore à une faible majorité les élections législatives d'octobre 1994.

KOHL, Helmut (Ludwigshafen, 1930-). Homme politique allemand. Président des chrétiens-démocrates (CDU-CSU) depuis octobre 1973, il devint chancelier de la République fédérale en 1982. Successeur du social-démocrate Helmut Schmidt, il forma un gouvernement de coalition chrétienne libérale. Face à l'afflux des réfugiés de RDA et au démantèlement du rideau de fer initié par la Hongrie (mai 1989), Helmut Kohl proposa un plan de réunification de l'Allemagne qui devint, après la réalisation de l'union monétaire, effective en octobre 1990. Aux premières élections législatives de l'Allemagne unie (décembre 1990), Helmut Kohl a été réélu chancelier. Il le fut de nouveau en octobre 1994.

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