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Karadjordje [Georges], Djordje Petrovitch, dit (Visevac v. 1762-Radovanje 1817) ; chef national serbe.

Karadjordje [Georges], Djordje Petrovitch, dit (Visevac v. 1762-Radovanje 1817) ; chef national serbe. Issu du monde paysan, il combat un moment dans les troupes autrichiennes au cours des guerres de Joseph II contre les Turcs, puis rentre en Serbie où, devenu éleveur de porcs, il prend la tête d'un groupe de maquisards. Lorsque éclate en 1804 la grande insurrection contre le pouvoir ottoman, il en devient le chef. Même si cette révolte semblait au départ surtout une réaction contre les excès des troupes de janissaires, elle prend bientôt l'allure d'une véritable guerre d'indépendance serbe, marquée au début par de brillants succès (prise de Belgrade en 1806). K. est en décembre 1808 proclamé prince héréditaire de Serbie. Quand la Russie, qui soutenait les Serbes, signe en 1812 avec le sultan la paix de Bucarest, les Serbes se voient reconnaître une certaine autonomie. Mais bien vite K., par sa politique unitaire excessive, dresse contre lui nombre de notables qui favorisent le retour des Ottomans (oct. 1813), tandis que K. s'enfuit en Autriche. Un de ses adversaires locaux, Miloch Obrénovitch, est reconnu comme prince de Serbie centrale. Bien que partisan de négociations avec la Porte, ce dernier est entraîné en 1815 dans un nouveau mouvement d'insurrection. K. espère reprendre la tête de la rébellion, et revient en Serbie en 1817, mais Obrénovitch n'est pas disposé à le laisser contrecarrer ses plans ; il le fait assassiner puis envoie à Constantinople la tête de son rival en signe de prétendue soumission. C'est le début d'une lutte longue et sanglante entre les deux familles Obrénovitch et Karadjordjévitch, dont les épisodes émaillent l'histoire de la Serbie tout au long du XIXe siècle, et qui s'achèvera en 1903 avec l'assassinat du dernier Obrénovitch, Alexandre Ier, et de sa femme. Bibliographie : R. Mantran, Histoire de l'Empire ottoman, 1989, p. 431, p. 440-441.

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