Databac

Kallay, Miklos (Nyireghyhàza 1887-New York 1967) ; homme politique hongrois.

Kallay, Miklos (Nyireghyhàza 1887-New York 1967) ; homme politique hongrois. Issu de l'aristocratie hongroise, K. est nommé membre à vie de la Chambre haute en 1937, après avoir été ministre de l'Agriculture dans le gouvernement Gömbös. Après que la Hongrie fut entrée en guerre en 1941 et que ses forces armées eurent subi de lourdes pertes sur le front du Don, l'opposition se renforce, aussi bien celle des petits paysans que des sociaux-démocrates qui réclament la fin des hostilités. Alors que redouble l'activité des partis d'extrême droite et du mouvement communiste clandestin. K. est nommé Premier ministre en 1942 ; il détient également le portefeuille des Affaires étrangères, avant de le céder en 1943. Auprès des milieux conservateurs et centristes, il passe pour l'homme capable de maintenir l'indépendance et la neutralité de la Hongrie dans l'hypothèse de l'ouverture d'un deuxième front dans les Balkans. La politique d'équilibre menée par K. a pour but politique de séparer la guerre contre la Russie - qu'il approuve complètement - de celle contre les Occidentaux, tout en relâchant, autant que faire se peut, le lien avec l'Allemagne et en réduisant l'influence nazie sur la politique hongroise, sans provoquer des représailles de la part des Allemands. Aucun de ces objectifs n'est atteint. Dès le début de 1943, Hitler exige le renvoi de K., qu'il accuse de préparer la défection de la Hongrie. K. entretient en effet des contacts avec le quartier général anglo-américain au Caire et il envisage une action commune de l'Italie, de la Hongrie, de la Roumanie et, si possible, de la Grèce et de la Turquie. Il tente de constituer un bloc en se rapprochant de la Pologne et de la Serbie. Il adresse un mémorandum au pape pour obtenir l'aide des forces catholiques et chrétiennes contre le national-socialisme et le communisme. Mais de son côté, l'Allemagne impose à K. un renforcement de la coopération économique, l'exécution des conventions militaires et la mise en oeuvre de la déportation des juifs. Cette politique duplice de K. s'achève avec l'occupation de la Hongrie par les troupes allemandes le 19 mars 1944. K. se réfugie tout d'abord à l'ambassade turque qu'il doit cependant quitter un peu plus tard. Il est ensuite déporté à Mauthausen et Dachau. Après la guerre, il vit en exil aux Etats-Unis.

Liens utiles