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judaïsme

judaïsme, religion actuelle des juifs, descendants des Hébreux, qui reçurent leur enseignement de Dieu lui-même par l’intermédiaire de Moïse. De ce fait, ce peuple, bien que dispersé, forme une civilisation, une communauté historique, linguistique et littéraire ; il a conscience d’un destin commun et se dit le «peuple élu». Descendants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, les israélites revinrent d’Égypte dans la «Terre promise», la Palestine, et, pendant les quarante années que dura la traversée des déserts, Moïse, leur chef, ayant reçu les «tables de la Loi» sur le mont Sinaï, organisa le judaïsme. Cette religion était déjà exprimée depuis Abraham par un idéal monothéiste et la croyance en un Dieu juste, bon et providentiel ayant conclu alliance avec son peuple. Installés en Palestine, la terre de Chanaan, les Hébreux prirent conscience de leur personnalité, se donnèrent un roi, construisirent leur Temple, organisant leur culte sacrificiel, leur caste sacerdotale, leur calendrier liturgique et leurs fêtes conformément à l’enseignement mosaïque, leur vie morale et sociale étant ponctuée par l’institution, unique en son temps, du sabbat. Jérusalem devint le grand centre religieux. Des guerres fratricides entre les tribus d’Israël rompirent ensuite l’unité politique en créant le schisme qui opposa les deux tribus du royaume de Juda aux dix de celui d’Israël (Xe s. av. J.-C.). Les dieux des peuples voisins (Baals, dieux de la Fertilité) furent souvent en rivalité avec Yahvé, entraînant l’idolâtrie, mais des hommes inspirés, ou prophètes, rappelèrent au peuple la loi du Seigneur et prédirent le châtiment. Le royaume d’Israël puis celui de Juda furent détruits. En 586 av. J.-C., le Temple fut incendié et toute la population fut déportée à Babylone. En exil, le peuple juif prit conscience de son unité religieuse. Il réorganisa le judaïsme autour d'Ezra, le scribe (Ve s.), s’appuyant sur la Bible, dont les cinq premiers livres, le Pentateuque, forment la Torah, base religieuse et juridique de la Loi mosaïque. Lorsque le peuple juif revint, en partie, en Palestine, il reconstruisit le Temple (520 av. J.-C.). Les guerres et les persécutions du IIe s. av. J.-C., puis l’occupation romaine et enfin l’avènement du christianisme cristallisèrent la foi judaïque autour de la Bible, qui s’augmenta de l’importante tradition orale. Deux partis s’affrontèrent : les saducéens et les pharisiens, qui, avec les communautés mystiques d’esséniens, formaient le milieu juif à l’époque du Christ. La destruction du Temple de Jérusalem en 70 apr. J.-C. changea la physionomie du judaïsme. Ce fut la grande Diaspora, qui priva définitivement les juifs de l’élément sacrificiel enseigné dans la Bible et développa le culte synagogal, institué déjà pendant la captivité de Babylone. La lecture de la Torah, les services de prières et l’organisation rabbinique prirent forme. Les communautés juives se développèrent en Orient, puis en Europe, et plus tard en Amérique (New York n’est-elle pas la plus grande ville juive?), gardant la fidélité à leur Dieu, à leur Loi quatre foi millénaire et même à leur langue, l’hébreu, qui est celle de leur Livre saint. Des générations de pieux rabbins élaborèrent tant à Baby-lone qu’en Palestine le Talmud, unissant la tradition orale à la loi écrite. Des écoles rabbiniques firent des commentaires; des sectes pieuses se développèrent, gardant vivantes la foi et les traditions à travers les vicissitudes de l’histoire et des persécutions (v. hasidim et karaïtes). La vie obscure des ghettos, les lois d’exception et les pogroms, l’observance du sabbat, la célébration des fêtes et la pratique quotidienne de la Loi mosaïque appliquée à toutes les formes de la vie ont conservé intact le judaïsme, qui, par le sionisme et une conjoncture favorable, a pu ramener en Terre sainte ce peuple dont l’espérance messianique est toujours vivante. La doctrine du judaïsme peut se résumer dans sa profession de foi : «Écoute Israël, le Seigneur notre Dieu, l’Éternel est Un. » C’est le monothéisme absolu et la confiance en la protection de ce Dieu révélé. La rédemption finale est promise aux enfants d’Israël par la voix des prophètes. Elle sera universelle. C’est ce qu’affirme la croyance en un rédempteur du genre humain : le Messie. Elle marque l’orientation du judaïsme vers le devenir. La base de la religion est la Torah, ou Loi de Moïse, dont la quintessence est exprimée dans le «Credo de Maimonide». Les livres de sagesse de la Bible, les hagiographies composées sous l’inspiration divine sont, avec la recension de la «Bible des Septante» (actuellement contestée), à la base de l'enseignement religieux du judaïsme. Le Talmud réunit les Livres saints et les décisions religieuses des grandes assemblées ; il est le guide de toute la vie du juif pratiquant par ses rites qui marquent les grandes phases de l’existence humaine, par ses observances et interdits alimentaires (v. kasher), et par les fêtes qui rythment le calendrier liturgique (lunaire). Le judaïsme, avec ses traditions multimillénaires, s’est maintenu vivant jusqu’à nos jours, malgré et peut-être à cause de la Diaspora. Cet éparpillement des juifs est considéré comme une mission d’ordre divin. Mais les tendances diverses se sont accentuées avec le sionisme, le retour au pays, la création de l’État d’Israël, où se confrontent les traditionalistes orthodoxes, farouchement fidèles aux usages ancestraux, et les progressistes, désirant une adaptation des croyances à la vie moderne. Tels sont les réformés et les libéraux, encore plus audacieux, qui ont porté les conservateurs intégristes à dire que l’esprit laïc était plus dangereux que la persécution (V. kasher, rabbin, sabbat, sionisme, synagogue, Talmud.)

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