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JUAN CARLOS Ier

Roi d’Espagne.

Né en 1938 à Rome, Juan Carlos est le petit-fils d’Alphonse XIII ; de caractère timide et peu communicatif, il a longtemps vécu dans l’ombre. Dans l’ombre de son père, le comte de Barcelone, qui se considérait comme l’héritier légitime de la Couronne ; dans l’ombre du « caudillo » Francisco Franco qui avait permis au futur souverain de faire ses études en Espagne, du collège à l’Université, et qui en a fait tardivement son successeur désigné. Le 22 novembre 1975, après la mort du « caudillo », Juan Carlos prête serment devant les Cortès (le Parlement), et proclame sa volonté de mener à bien la réconciliation nationale attendue depuis la fin de la Guerre civile (1939). Le nouveau souverain prend alors la dimension d’un véritable chef d’État, assurant la « transition » vers un régime constitutionnel, démocratique et parlementaire, dotant les différentes régions de la péninsule d’une véritable autonomie politique. Il parvient à surmonter les crises (la tentative de coup de force du lieutenant-colonel Tejero en 1981). Il légalise les partis, y compris le Parti communiste, refusant toutes formes de haine et d’intolérance. Il accepte l’arrivée au pouvoir des socialistes du PSOE, qui demeurent plus d’une décennie au gouvernement, et assure un changement sans heurt en 1996 au profit des modérés du Parti populaire (PP). Entre-temps, l’Espagne est entrée dans la Communauté européenne (1986) et a poursuivi une profonde modernisation économique, commencée, il est vrai, sous le franquisme.

Juan Carlos (né à Rome en 1938) ; roi d’Espagne [depuis 1975].

Qui aurait pu prédire, à la mort de Franco, que la restauration de la monarchie en Espagne pourrait être durable, et coïncider avec la fin de la dictature militaire et politique mise en place en 1939 et avec l’instauration d’une démocratie parlementaire et libérale ? Fils de don Juan de Bourbon, comte de Barcelone, troisième fils du roi Alphonse XIII et prétendant malheureux au trône d’Espagne, et de Marie Mercedes de Bourbon, J. vit sa jeunesse en exil, en Italie, en Suisse, puis au Portugal. Il rentre en Espagne en 1955 à la demande de Franco pour y poursuivre une formation en école militaire et épouse en 1962 la princesse Sophie de Grèce. Installé au palais madrilène de la Zarzuela, il est désigné par Franco le 22 juillet 1969 comme héritier du trône d’Espagne, puis comme chef d’Etat par intérim en cas d’absence ou de maladie du caudillo (1971). Il accède au trône à la mort de ce dernier (20 nov. 1975) et parvient à promouvoir une transition pacifique de la dictature à la démocratie sous les gouvernements successifs du franquiste Carlos Arias Navarro, puis des centristes Adolfo Suarez (juill. 1976) et Leopoldo Calvo Sotelo (févr. 1981), du socialiste Felipe Gonzalez (1982-1996) et enfin de José Maria Aznar. Les premières élections démocratiques depuis près d’un demi-siècle se déroulent le 15 juin 1977 ; une nouvelle Constitution, d’inspiration démocratique et libérale, est approuvée par référendum le 6 décembre 1978. Le roi intervient personnellement pour faire échouer le coup d’Etat perpétré par le lieutenant-colonel Antonio Tejero Molina qui avait investi militairement les Cortès (23 févr. 1981) et s’efforce avec succès, grâce à sa popularité et à sa fermeté, à maintenir l’unité de l’Espagne menacée par les séparatismes basque et catalan et frappée à la fin des années 1970, puis à nouveau au début des années 1990, par de graves difficultés économiques. Le roi appuie d’autre part avec efficacité les processus politiques et diplomatiques qui aboutissent à l’adhésion de l’Espagne à l’OTAN (30 mai 1982), puis à l’entrée de l’Espagne dans la Communauté européenne (1er janv. 1986). A l’orée des années 1990, la monarchie espagnole apparaît très solidement consolidée à l’intérieur comme à l’extérieur.

Bibliographie : D.G. Lavroff (prés.), Dix ans de démocratie constitutionnelle en Espagne, Colloque de Bordeaux mars 1990, 1991, p. 71-82 ; G. Hermet, L'Espagne au XXe siècle, 1992, p. 222.




JUAN CARLOS Ier (Rome, 1938-). Roi d'Espagne, petit-fils d'Alphonse XIII. Désigné en 1969 par Franco comme futur roi d'Espagne, il lui succéda à sa mort en novembre 1975 et présida à la démocratisation du régime. Il s'opposa, en 1981, à une tentative de putsch militaire. Voir CEE, Gonzalez (Felipe), Suarez (Adolfo).

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