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Ito Hirobumi (Choshu 1841-Harbin 1909) ; homme d'État japonais.

Ito Hirobumi (Choshu 1841-Harbin 1909) ; homme d'État japonais. Premier chef du gouvernement après l'adoption d'un cabinet des ministres à l'occidentale, I. est le père du progrès et de la richesse dans le Japon de l'ère Meiji. Quatre fois ministre, il a non seulement promu son pays au rang de puissance mondiale, mais il a également constamment influencé le cours de la politique intérieure et extérieure du Japon : c'est l'homme politique le plus important et le plus connu de l'ère Meiji. D'origine modeste, I. commence comme petit samouraï au service du seigneur Cho-shu, chez qui son père était valet. D'abord très xénophobe comme les autres vassaux attachés aux fiefs de Choshu et de Satsuma, défavorables au shogounat, il se donne pour tâche d'éliminer les envahisseurs « barbares ». Mais il comprend lors d'un court séjour en Angleterre en 1862 que cette position n'est pas réaliste. A son retour, il n'engage pas la réconciliation avec les puissances étrangères mais encourage les contacts avec les nations occidentales, car l'avenir du Japon réside à ses yeux dans l'assimilation du mode de vie occidental - conviction renforcée lorsqu'il fait des études d'économie aux Etats-Unis. Le Japon adopte alors le système décimal. Après avoir participé activement à la chute de Tokugawa Bafuku, il se consacre à la modernisation de son pays, puisant dans le modèle européen et américain ce qui lui semble nécessaire pour faire du Japon une puissance mondiale indépendante des nations occidentales. Homme d'État énergique, il parvient à réaliser cet objectif de son vivant. Sa plus grande oeuvre est peut-être le projet d'une Constitution qui entre en vigueur en 1889. Dix ans plus tard, avant de réunir son quatrième et dernier cabinet, il perçoit l'utilité d'un système de partis politiques et fonde le parti Seiyukai, qui devient sous sa direction l'un des deux plus grands partis du Japon d'avant-guerre. Les partis jouent par la suite un rôle important dans le Japon moderne (voir à Hara Takashi) ; mais le gouvernement continue à dépendre des grands seigneurs. En se modernisant sur le modèle occidental, le Japon devient une grande puissance aux dépens de ses voisins, en particulier de la Chine et de la Corée. I. exige d'abord de la Chine des droits sur la Corée, dont le parti de la guerre tirera profit quelque dix années plus tard. C'est là que commenceront les conquêtes sur le continent dans la guerre sino-japonaise (1894-1895). Le traité de Shimonoseki, conclu par I., donne quartier libre au Japon en Corée. Puis la Corée lui est remise à la suite de la guerre avec la Russie, en 1905. Instigateur de l'entreprise, I. y devient le chef de l'administration japonaise. Son assassinat à Harbin en 1909 par un jeune patriote coréen sert de prétexte pour la conquête de la Corée.

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