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IRANGATE

L'Irangate a été le pendant du Watergate dans le domaine de la politique étrangère des États-Unis. Dans les deux cas, les présidents ne réussissaient pas à admettre le principe de la séparation des pouvoirs ; ils se refusaient à tout contrôle parlementaire et, a priori, à toute contrainte législative. En novembre 1986, on commence à apprendre que le président Ronald Reagan (qui a autorisé les grandes lignes de cette politique) est prêt à échanger les otages américains détenus au Proche-Orient contre la vente d’armes à l’Iran (alors en guerre contre l’Irak). Le produit de ces ventes est destiné à armer la Contra nicaraguayenne (guérilla antisandiniste), en violation de la volonté expresse du Congrès. Plus prudent que son prédécesseur Richard Nixon (1969-1974), R. Reagan n’a pas été pris en flagrant délit et n’a donc pas eu à payer le prix de sa vision très « personnelle » de la Constitution des États-Unis ; une demi-douzaine de ses comparses (dont le vice-amiral John Poindexter et le lieutenant-colonel Oliver North) ont été condamnés (4 mai 1989 et 7 avril 1990) - mais nul n’a fait un jour de prison pour cause d’Irangate.

IRANGATE (Affaire de 1'). Affaire qui porta atteinte à la popularité du président américain Ronald Reagan. Un magazine libanais révéla en 1987 que ce dernier, qui pourtant avait manifesté une grande fermeté à l'égard du terrorisme international (raid contre la Libye en avril 1986), avait autorisé des livraisons d'armes américaines à l'Iran afin d'obtenir la libération d'otages détenus par des terroristes proiraniens sur le territoire libanais. Les profits de ces livraisons avaient permis de financer, au Nicaragua, les contras en lutte contre le régime sandiniste, détournant ainsi l'interdit du Congrès. Voir Somoza (Anastasio).

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