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image

image, au sens religieux, expression concrète donnée par l’homme à la représentation qu’il se fait de la divinité, imitation plus ou moins parfaite de la nature végétale, animale ou humaine. Toutes les religions ont eu recours à ce support de la dévotion, excepté le judaïsme et, à sa suite, l’islam. Dès la lointaine préhistoire, on trouve des figures évoquant un certain culte; l’Égypte ancienne, le Proche-Orient, l’Asie bouddhique et hindoue ont usé largement des images, qui ont été à l’origine d’une magnifique expression artistique de source religieuse. Le christianisme, qui, généralement, fait une large part aux images, fut hésitant en ses débuts, d’abord en raison de l’interdiction de la Bible, puis à cause des persécutions. Nées chez les coptes à l’imitation des images égyptiennes et grecques, puis à Rome dans les catacombes, les images furent d’abord funéraires ; elles représentèrent par la suite des symboles et enfin des épisodes de la vie du Christ, Le culte byzantin décorait de tant d’images les églises qu’une querelle s’éleva à ce sujet : ce fut la querelle des iconoclastes. Le concile de Nicée et, beaucoup plus tard, le concile de Trente autorisèrent le culte de «dulie» aux images (c’est-à-dire seulement honneur et respect), ce qui, depuis le haut Moyen Age, permit à l’art chrétien de prendre un magnifique essor. Les «imagiers» formèrent des corporations très actives : sculpteurs d’«imaiges», miniaturistes, fresquistes, ivoiriers, orfèvres inventèrent toutes sortes d’objets de dévotion représentant Jésus, la Vierge, les saints patrons et les anges. Toute une imagerie naïve et populaire se développa jusqu’à nos jours. Les Églises d’Orient interdisent toujours la représentation sculptée de la figure humaine. De même, les cathares*, puis les protestants, surtout les calvinistes, revinrent aux interdictions mosaïques. Il y eut de nouvelles querelles iconoclastes, et c’est encore actuellement une des grandes divergences dans les différentes formes du christianisme.

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