iconostase
iconostase (du gr. eikôn, image, et stasis, station), cloison placée dans les églises orientales entre le sanctuaire proprement dit et la nef, séparant ainsi les prêtres du public lors de la célébration de la «divine liturgie». Suivant l’étymologie, l’iconostase porte les icônes sur un ou plusieurs registres (parfois quatre et cinq). Cette séparation de l’abside et de la nef est une évolution de l’arc triomphal des premières basiliques, qui se transforma en Occident en une poutre de gloire surmontée d’une croix (qui, plus tard, pourra parfois devenir un jubé), alors qu’en Orient l’écran percé de trois portes servira de support aux images peintes. Celles-ci gardent un caractère monumental, car elles sont un substitut des peintures murales ou des mosaïques qui jadis décoraient l’abside. L’iconostase remonte au VIIIe s. ; elle fut une sorte de célébration de la victoire du christianisme sur l’iconoclasme. Toute la doctrine chrétienne est en général exprimée sur ces panneaux portant les regards des fidèles vers la «Deisis» (intercession) qu’accompagnent aux différents étages les anges, les prophètes, les apôtres, et les saints. L’Annonciation est généralement le thème du décor de la porte centrale, porte dite «royale», que seul le prêtre a le droit de franchir. Celle-ci est surmontée d’un crucifix et bien souvent de la Vierge et de saint Jean, et c’est le thème de la Deisis qui incite les fidèles à la prière et à la méditation.