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hymne

hymne (lat. hymnus, gr. humnos), poème chanté en l’honneur de la divinité.

Les hymnes, composés par les poètes en l’honneur de leurs dieux, sont de tous les temps, et s’il ont été longtemps retenus de mémoire, beaucoup ont été écrits, et quelques-uns nous sont parvenus, fragmentaires pour les Assyro-Babyloniens, mais assez complets pour l’Égypte (ainsi les hymnes au soleil d’Akhenaton). Chez les Hébreux, les Psaumes sont une des plus belles expressions poétiques de l’hommage de la créature à Dieu. En Inde, les Aryens célébraient leurs divinités par des hymnes enthousiastes et les livres des Veda en sont un témoignage : l’hindouisme possède ses poèmes en l’honneur de Çiva et de la Devi sous ses multiples formes, et beaucoup commencent par les mots «O Mère...». Mais c’est surtout à Vishnu, dans l’avatar de Krishna, que s’exprime la bhakti sous la forme de chants sacrés : les uns sont anciens, les autres sont modernes. Dans le Taoïsme, dans le bouddhisme, surtout du mahayana, il existe des hymnes, de même que dans l’islam, mais ils jouent un moindre rôle dans la dévotion et sont plutôt psalmodiés que chantés, alors qu’en Occident l’hymnologie semble être la forme la plus naturelle de la célébration religieuse.

Le mot lui-même est d’origine grecque : des hymnes s’adressaient à toutes les divinités de l’Olympe, mais plus particulièrement à l’Apollon de Delphes. Les plus anciens sont les hymnes homériques, poèmes en forme d’invocation aux dieux (qui sont inclus dans L'Iliade et l'Odyssée). Les hymnes orphiques font partie de la littérature mystique de la Grèce. A Rome, des collèges d’hymnodes (ou chanteurs d’hymnes) étaient chargés d’accompagner par des chants les cérémonies données en l’honneur des empereurs divinisés. Mais c’est essentiellement dans le christianisme que l’hymne s’épanouit et prend un caractère universel; les premiers chrétiens chantaient de courts poèmes ou des psaumes au cours des «agapes», ou «festins d’amour», surtout dans la nuit de Pâques, pour célébrer la joie de la résurrection du Christ. L’Église eut de nombreux hymnologistes, dont les principaux sont saint Éphrem le Syrien, saint Hilaire de Poitiers, saint Ambroise surtout (IVe s ), à qui l’on attribue une centaine d’hymnes, Prudence, saint Bernard, saint Bonaventure, etc. Tant dans l’Église orthodoxe et l’Église latine que dans les Églises protestantes, les hymnes jouent un grand rôle pour la célébration mystique de la majesté de Dieu et de la personne du Christ.

Mot grec qui à l'origine désignait un poème chanté en l'honneur des dieux, Zeus, Déméter et Apollon et des autres divinités de l'OIympe. Dans l'Ancien Testament, la plupart des hymnes, chants solennels de louange se trouvent dans les Psaumes qui étaient des invitations à la glorification de la bonté et de la grandeur de Dieu. Aux Psaumes s'ajoute l'hymne d'action de grâces d'Anne (1 Samuel 2, 1-10). Dans le Nouveau Testament, on range parmi les hymnes le Magnificat, le Benedictus et le Nuncdimittis (Éphésiens 5, 14).

hymne. En Grèce, chant en l’honneur d’un dieu ou d’un héros. Dans les premiers temps, le terme n’avait pas encore ce sens spécialisé et s’appliquait aussi à des poèmes en hexamètres, essentiellement narratifs, par exemple aux Hymnes homériques. Des véritables hymnes cultuels il ne reste pas grand-chose ; on connaît quelques fragments de ceux que composèrent Alcman, Alcée, Pindare et Bacchylide. Les chœurs tragiques, dont la forme correspond à celle des hymnes, donnent des indications assez claires sur leur style. La forme cultuelle comporte

une invocation du dieu sous ses divers noms et titres (on cherchait à être exhaustif), puis un récit de ses hauts faits suivi d’une courte prière. Les hymnes latins de Catulle (voir son poème 34) et d’Horace étaient probablement inspirés d’hymnes grecs, et faits pour être lus plus que pour être exécutés. L’hymne d’Horace à une jarre de vin (Odes, II, 21) est une amusante parodie. Le plus célèbre hymne latin, pour le contenu sinon pour la forme, est P invocation à Vénus qui ouvre le poème de Lucrèce, De la Nature.

Hymnes homériques (composés entre le viiie et le vie s. av. J.-C.). Recueil de trente-trois poèmes s’adressant à des dieux et à des divinités mineures, généralement attribués à Homère dans l’Antiquité; les savants alexandrins leur ont refusé cette paternité. On ne sait quand le recueil fut constitué. Leurs auteurs sont évidemment des rhapsodes ; l’auteur du troisième hymne se décrit lui-même comme « un homme aveugle qui demeure dans l’âpre Chios» (ce qui suggère Homère). Beaucoup d’hymnes n’ont que quelques vers ; ce sont des préludes aux récitations qui ont souvent lieu lors des fêtes et invoquent les dieux que l’on célèbre. D’autres racontent en détail certains épisodes concernant le dieu. Les plus importants sont : l’hymne à Déméter (hymne 2), qui rapporte le mythe de l’enlèvement de Perséphone par Hadès, la quête de Déméter, et s’achève sur la fondation des mystères d’Éleusis; l’hymne à Apollon (hymne 3, attribué à Homère par Thucydide et Aristophane), dont la première partie décrit la naissance du dieu à Délos et la seconde l’installation de son oracle à Delphes (l’ensemble est peut-être fait de deux hymnes distincts); l’hymne à Hermès (hymne 4), récit vivant et amusant des exploits de l’enfant divin; l’hymne à Aphrodite (hymne 5), qui dépeint la déesse de l’Amour cédant elle-même au pouvoir de l’amour et épousant Anchise ; enfin l’hymne à Dionysos (hymne 7), qui raconte brièvement l’histoire de la capture du dieu par des pirates et les miracles qu’il accomplit alors.

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