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HATTA Mohammad

HATTA Mohammad (1902-1980) Homme politique indonésien. Sumatranais (Minangkabau) et musulman, Mohammad Hatta poursuit des études d’économie aux Pays-Bas, où il dirige en 1926 l’association des étudiants nationalistes, Perhimpunan Indonesia, et noue des contacts internationalistes. Brièvement arrêté et jugé aux Pays-Bas en 1928, sa défense L’Indonésie libre popularise la cause nationaliste. Revenu en Indonésie en 1932, partisan d’un parti de cadres et d’une action éducative, il ne parvient pas à s’entendre avec Sukarno dont il critique l’activisme. Il est de nouveau arrêté en 1934 et déporté à Boven Digul (Irian), puis à Banda Neira. Libéré par l’occupant japonais, il dirige, avec Sukarno, plusieurs organisations de mobilisation populaire en faveur de l’indépendance qui sera proclamée le 17 août 1945 (et acceptée par les Pays-Bas seulement en 1949). Se déclarant défenseur de la démocratie et des droits de l’homme, il préconise une économie socialiste fondée sur la création de coopératives. Devenu vice-président de la république d’Indonésie, il constitue avec Sukarno, le président, un duumvirat symbole de l’unité nationale. En janvier 1948, il prend la tête du gouvernement qui écrasera le Parti communiste en septembre, obtenant le soutien des États-Unis pour la lutte d’indépendance contre les Pays-Bas. Il dirige la délégation indonésienne qui signe les « accords de la table ronde » (1949), réglant le transfert de souveraineté aux États-Unis d’Indonésie. Premier ministre en 1950, il préside au rétablissement de la République unitaire. Les États-Unis d’Indonésie - voulus par les Pays-Bas qui souhaitaient diviser pour régner encore - comprenaient seize États, dont la République ; ils redeviennent une République unitaire quand les quinze États se rallient à la République le 17 août 1950. Il est de nouveau vice-président en août 1950, mais quand Sukarno propose de substituer au parlementarisme un régime autoritaire auquel les communistes seraient associés, il démissionne (1956). Dans son pamphlet, intitulé Notre Démocratie (1960), il exprime son désaccord. Après l’arrivée au pouvoir du général Suharto, il ne peut fonder le Mouvement démocrate musulman qu’il souhaite, mais accepte, en 1970, de faire partie d’une commission anticorruption. Bientôt désabusé quant à la possibilité de corriger les abus du régime, il devient opposant, mais conserve une certaine discrétion.

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