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HASSAN II

Roi du Maroc (1961/99). Fils et successeur de Mohammed V (v.), il promulgua une Constitution (1962) qui, tout en réservant le pouvoir exécutif au roi, établissait un Parlement à deux Chambres. À partir de 1963, cependant, il entra en conflit avec les partis, et, en oct. 1965, le principal chef de l'opposition, Mehdi ben Barka, disparut à Paris, enlevé et sans doute assassiné à l'instigation du ministre de l'Intérieur, Oufkir. Le roi, qui avait suspendu le Parlement et imposé son gouvernement personnel (1965), fit approuver par référendum, en 1970, une nouvelle Constitution, qui renforçait ses pouvoirs ; mais les partis persistèrent dans leur refus de collaboration, et le souverain échappa de justesse à deux attentats, en 1971 et en 1972 ; le second fut perpétré par le général Oufkir, qui apparaissait jusqu'alors comme le meilleur soutien du trône. Le succès de la politique royale à propos du Sahara occidental (v.) favorisa la cohésion nationale autour d'Hassan II, qui put ainsi lever la censure et procéder à plusieurs consultations électorales. Mais les dépenses militaires contribuèrent à la crise économique, et le roi eut de nouveau recours à une politique plus répressive après les émeutes populaires de 1981 et 1984. Au début des années 1990, Hassan II amorça une certaine libéralisation de son régime. Il fit réviser la Constitution et gracia quelque 4 000 détenus, parmi lesquels figuraient de nombreux prisonniers sarahouis. En revanche, face aux revendications des partis d'opposition, qu'il jugeait exorbitantes, Hassan II tarda à faire aboutir son projet d'alternance gouvernementale, jusqu'aux législatives de nov. 1997 qui virent l'accession au pouvoir de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) et la nomination d'Abd er-Rahman Youssoufi au poste de Premier ministre. À la mort d'Hassan II, en 1999, son fils, Mohammed VI, lui succéda.

Hassan II (né à Rabat en 1929) ; roi du Maroc [depuis 1961].

H. est formé dès l’enfance au métier de roi par son père Mohammed V qui lui fait donner une éducation mêlant à la culture arabe les notions de droit et d’économie nécessaires à un souverain moderne. Associé aux événements importants, ainsi l’entrevue d’Anfa en 1943, il est proposé comme modèle à la jeunesse marocaine et partage un peu du prestige de son père, qu’il suit en exil de 1953 à 1955. Nommé prince héritier en 1957, il seconde son père à la tête de l’armée ou du gouvernement. Après la mort de son père en 1961, il tient la promesse de donner une Constitution au pays (en déc. 1962). Dès 1965, à la suite de troubles à Casablanca, il décrète l’état d’exception et suspend toute vie politique. Il exerce seul le pouvoir, fondé sur des allégeances personnelles et s’appuie sur les services de sécurité. Les attentats de Skhirat en 1971 et Kénitra en 1972, fomentés par l’armée et le général Oufkir, et l’opposition à la Constitution de 1970 (qui renforce l’exécutif) l’incitent à une conciliation avec les partis d’opposition, à l’occasion de la « Marche verte » de 1975. La levée de l’état d’exception et les élections municipales puis législatives de 1976 et 1977 sont le prix du consensus national autour du roi pour affirmer les droits du Maroc sur le Sahara espagnol. Apparaît alors une opposition légale, ralliée à la monarchie à condition qu’elle devienne constitutionnelle. Bien qu’H. ait associé au gouvernement les leaders des six grands partis en 1983, il reste seul maître de la vie politique (il reporte les élections de 1983 à 1984 à la suite de troubles). Désirant jouer un rôle international et faire du Maroc l’interlocuteur arabe des Occidentaux, il est intervenu au Zaïre en 1977 et il a reçu le pape en 1985 puis Shimon Perès en 1986 pour relancer le processus de paix au Proche-Orient.

Bibliographie : R. Le Tourneau, Histoire du Maroc moderne, Aix-en-Provence, 1992.

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