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HANSE

Association de marchands des villes de la mer du Nord et de la Baltique, puis ligue de villes de l'Allemagne et de l'Europe du Nord. Le terme allemand de hanse est synonyme de celui de guilde. La Hanse, qui connut son apogée de la fin du XIIIe à la fin du XVe s., a son origine dans les associations formées à partir du XIIe s. par les marchands allemands dans les comptoirs (Kontore) de l'étranger, à Visby, dans l'île baltique de Gotland, à Bruges, à Londres (le Stalhof ou Steelyard), à Bergen. À cette époque, Lübeck avait déjà pris la tête de l'expansion commerciale allemande en Europe septentrionale, tant en direction de l'ouest, vers les Flandres et l'Angleterre, que vers la Scandinavie, et surtout à l'E., vers les rivages de la Baltique de la principauté de Novgorod. Dans cette dernière zone, d'importants comptoirs furent créés au cours du XIIIe s. : Riga (vers 1201), Reval, Dantzig (vers 1224 ; fondation de la ville : 1236), Dorpat... Pour faire face aux risques du commerce en des régions habitées par des peuples encore farouches, pour lutter contre les pirates, pour recruter des pilotes et des équipages entraînés, les villes commerciales allemandes coordonnèrent naturellement leurs efforts. En 1241, Lübeck et Hambourg conclurent une alliance ; puis Lübeck prit, en 1259, la tête d'une ligue de villes maritimes wendes (Rostock, Wismar, Stralsund). À la fin du XIIIe s., les marchands allemands monopolisaient déjà le commerce en mer Baltique. Cependant, la Hanse ne se constitua formellement qu'assez tard, vers le milieu du XIVe s., sous la pression de changements politiques, et d'abord de la puissance croissante de la monarchie danoise. Les empereurs se désintéressant généralement des affaires de l'Allemagne du Nord, les villes ne pouvaient compter que sur elles-mêmes pour assurer la défense de leurs positions extérieures. Quand le roi Valdemar IV de Danemark s'empara de Visby (1361), les villes formèrent la confédération de Cologne (19 nov. 1367) et décidèrent une riposte militaire commune. Elles infligèrent de graves défaites aux Danois, qui durent signer la paix de Stralsund (1370), par laquelle la Hanse obtint des privilèges considérables. La fédération reçut alors son organisation définitive. La Hanse ne forma jamais une unité politique, et les villes qui la composaient, au nombre d'environ soixante-dix, gardaient leurs institutions et leur gouvernement particuliers ; à la différence de la ligue athénienne antique, la Hanse ne possédait même pas de marine permanente ni de trésor commun. Son seul organisme de gouvernement était une diète qui se réunissait à Lübeck, en théorie tous les trois ans, en fait beaucoup plus irrégulièrement. Cependant, une solidarité réelle existait entre les diverses cités membres de la fédération. Les principales villes hanséatiques étaient Lübeck (qui joua toujours un rôle dirigeant), Hambourg, Brême, Rostock, Stettin, Dantzig, Königsberg, Riga, Reval, Visby, ainsi que des centres continentaux, comme Thorn et Cracovie (Pologne), Breslau, Magdebourg, Erfurt, Cologne. À l'extérieur, les quatre grands comptoirs de Londres, Bruges, Bergen, Novgorod jouissaient d'une sorte d'exterritorialité dans les pays où ils étaient établis, se gouvernaient selon leurs lois allemandes et selon les directives de la diète de la Hanse. Les villes de la Hanse contrôlaient le passage des détroits de la mer du Nord, et jouèrent un rôle indirect mais important dans la pénétration allemande en Europe du Nord-Est. 00020000066100000D9C 65B,L'influence politique de la Hanse fut considérable : après le traité de Stralsund (1370), elle s'arrogea le droit de contrôler la succession au trône de Danemark ; elle réussit à faire déposer Christian II et contribua à provoquer la dissolution de l'Union de Kalmar, en 1523. Cependant, le déclin de la Hanse avait commencé au XVe s. Des raisons multiples y contribuèrent : de nouveaux États s'affirmaient en Europe orientale, comme la Pologne et la Lituanie (unies depuis 1386) et la Moscovie ; la présence danoise dans le Schleswig et le Holstein menaçait directement Lübeck et Hambourg ; les villes hollandaises se retirèrent de la Hanse à la fin du XVe s. et, profitant de l'expérience acquise, commencèrent à se montrer de redoutables rivales ; le comptoir de Novgorod, qui avait déjà perdu beaucoup de son importance, fut fermé en 1494 par le grand-prince de Moscou, Ivan III ; vers la même époque, les pêcheries de harengs de la mer du Nord, qui échappaient en partie à la Hanse, supplantèrent celles de la Baltique ; les grandes découvertes maritimes (Amérique, route des Indes) firent tort au commerce baltique comme au commerce méditerranéen (le déclin de la Hanse coïncida avec celui des villes marchandes italiennes et de l'Aragon) ; enfin, à la fin du XVIe s., la concurrence anglaise vint s'ajouter à celle des Hollandais et la reine Élisabeth Ire décida de fermer le Steelyard de Londres et d'expulser les marchands allemands (1598). La guerre de Trente Ans (1618/48), en arrêtant pendant de longues années le commerce de la Baltique, porta le coup de grâce à la Hanse, dont la dernière diète se réunit en 1669.



HANSE. 1) Au Moyen Âge, association d'entraide - comme les guildes -, composée surtout de marchands. Certaines de ces associations étaient très puissantes, comme la Hanse de Londres qui détenait un véritable monopole sur le commerce de la laine. 2) (avec une majuscule) Association de cités marchandes de la Baltique et de la mer du Nord, qui se développa à partir de la fin du XIIe siècle. La Hanse, conduite par Lübeck, comptait environ 70 villes et connut son apogée du XIIIe à la fin du XVe siècle. Véritable empire commercial, elle domina le commerce de l'Europe du Nord (échanges avec la Flandre, l'Angleterre, la Pologne, la Russie et la Scandinavie) et fut maîtresse de la Baltique. Elle joua aussi un rôle politique important, contrôlant la succession au trône de Danemark et intervenant en Scandinavie. La formation de nouveaux États en Europe orientale, la concurrence anglaise et hollandaise et les Grandes Découvertes qui orientèrent le commerce vers d'autres pays provoquèrent son déclin. Voir Hambourg.

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