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Hadrien, Publius Aelius Hadrianus (76-138) ; empereur romain [117-138].

Hadrien, Publius Aelius Hadrianus (76-138) ; empereur romain [117-138].

H., peut-être originaire de l'Espagne méridionale (Italica) comme son parent et tuteur Trajan qui, n'ayant pas d'enfant, le recueille et l'élève à la mort de ses parents. Sa carrière avant son avènement est celle d'un sénateur, avec de nombreuses fonctions honorifiques (à 32 ans, en 108, consul suffect ; en 111 ou 112, archonte à Athènes). De ce cursus, le fait le plus remarquable est la proximité presque continuelle de Trajan, dont Hadrien ne s'écarte guère. Il l'a suivi en Germanie, en Dacie, puis en Orient. À la mort de Trajan le 8 août 117, il passe, avec la complicité de l'impératrice Plotine et du préfet du prétoire et non sans contestations, pour le fils adoptif du défunt. Donc pour son successeur. L'armée l'acclame empereur ; le Sénat confirme ses titres impériaux. Parce que les forces de l'Empire ne peuvent tenir avec succès les conquêtes de Trajan, H. restitue aux Parthes les nouvelles provinces d'au-delà de l'Euphrate (Arménie, Assyrie, Mésopotamie) : il termine ainsi le retrait stratégique commencé par Trajan et poursuit une politique de consolidation des frontières. Après avoir maté une agitation dans les Maurétanies, la Bretagne et sur le Danube (117-118), il renforce par de solides fortifications (limes) les frontières de l'Empire, sur le Danube, le Rhin, entreprend (122) la construction d'un mur en Bretagne, visite les troupes (discours à l'armée d'Afrique, 128), en vérifie le moral, la discipline et la compétence. Ce changement de stratégie s'accompagne d'un autoritarisme plus marqué (cf. en 118 le meurtre des quatre consulaires, fidèles de Trajan) qui se manifeste dans la justice (codification de la hiérarchie sociale), dans la volonté de rationaliser et de moraliser les rapports sociaux, dans la division de l'Italie en quatre circonscriptions judiciaires nouvelles. H. veut gouverner directement et intervient dans tous les domaines. Cet activisme explique en partie ses rapports tendus avec le Sénat qui ne lui accordera l'apothéose, à sa mort, que sur l'injonction de son successeur. Cette pratique du pouvoir se révèle dans des voyages incessants à travers l'Empire (12 sur 21 années de règne), par une législation imposante, en particulier dans le domaine du droit privé (l'Édit perpétuel restera la base du pouvoir d'agir en justice jusqu'au VIe siècle) et par une administration de plus en plus conquérante : le Conseil impérial est définitivement constitué et forme un organisme permanent du pouvoir central tandis que les chevaliers surveillent désormais tous les grands bureaux et gagnent de nombreux postes financiers. Cette attention aux provinces (surtout les provinces orientales) et aux cités qui les composent (envoi de curatores pour améliorer leurs finances, octroi du statut de colonie) n'entraîne pas un désintérêt de Rome. Au contraire, H. y fut le dernier grand empereur bâtisseur du IIe siècle avec la reconstruction du Panthéon, le temple de Vénus et de Rome, son mausolée (l'actuel château Saint-Ange) précédé de son pont. Et près de Rome, à Tivoli, un extraordinaire palais qui comprend une douzaine de grands complexes comptant une trentaine de bâtiments. Ce palais, aux interprétations dissemblables (collections d'un dilettante, souvenirs d'un voyageur, résumé de l'Empire, cadre de la divinisation de l'empereur) permet d'approcher la complexité d'une personnalité qui étonnait déjà ses contemporains. A une intelligence supérieure servie par une vigueur physique à toute épreuve s'ajoutait une culture vaste, un peu pédante, des curiosités multiples, un raffinement dans certains domaines et une véritable inquiétude spirituelle qui prend plusieurs formes (astrologie, engouement pour les cultes égyptiens qui se concrétise avec la naissance d'un nouveau culte, celui d'Antinoos, son favori qui se noie en 130 dans le Nil). De ce règne brillant, où même la succession fut organisée d'une manière si étrange qu'elle suscite toujours la curiosité et l'ingéniosité des érudits, une seule ombre : la grande révolte juive de Bar Kochéba (132-135) dont la cause fut le projet d'édifier une ville romaine sur l'emplacement de Jérusalem.




HADRIEN (Italica, 76-Baïes, 138 ap. J.-C.). Empereur romain de la dynastie des Antonins, qui régna de 117 à 138 ap. J.-C. Fils adoptif et successeur de Trajan, il organisa durablement l'administration impériale et mena à l'extérieur une politique défensive. Désireux de sauvegarder la paix, Hadrien renonça aux conquêtes faites par Trajan au-delà de l'Euphrate, trop difficiles à défendre et à préserver. Grand voyageur, il inspecta toutes les provinces, fit fortifier les frontières contre les Barbares, notamment en Germanie et en (Grande) Bretagne (mur d'Hadrien en Écosse) et châtia durement l'insurrection des juifs en Palestine (132-135 ap. J.-C.). Cependant son oeuvre principale fut administrative : il réorganisa la bureaucratie impériale fondée par Claude en renforçant le rôle des chevaliers au détriment des affranchis impériaux et en codifiant le cursus équestre. Il procéda aussi, par l'Édit perpétuel de 131 ap. J.-C., à la codification du droit romain (ensemble de lois applicables à tout l'Empire) si important jusqu'au xxe siècle, notamment pour l'organisation de la famille et de la propriété. Aristocrate cultivé, épris de culture grecque, il reconstitua dans la villa Hadriana (Tivoli) ses sites préférés. Peu avant de mourir, Hadrien désigna lui-même son successeur, Anto-nin le Pieux. Le corps de l'empereur défunt fut déposé dans un mausolée colossal, l'actuel château Saint-Ange à Rome. Voir Limes.

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