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Hadrien Ier ; pape [772-795].

Hadrien Ier ; pape [772-795]. Issu de la noblesse romaine, H. est élu pape le 1er février 772 (intronisé le 9). Proche collaborateur des papes Étienne II et Étienne III, il poursuit leur politique et fait de la papauté une puissance indépendante de Byzance, jouant des Francs contre les Lombards. H., qui n'indique plus, au bas de ses propres actes, l'année de règne du basileus mais seulement sa propre année de pontificat, est aussi le premier pape à émettre à Rome même un monnayage indépendant, portant l'image du pape ; faisant passer dans le « patrimoine de saint Pierre » l'ancien duché byzantin de Rome, il est le véritable fondateur de ce qui, très progressivement, va devenir l'État pontifical. Résistant aux menaces du roi lombard Didier, H. appelle à son secours le roi des Francs, Charles, futur Charlemagne (773). En 774, Charles se saisit de la capitale lombarde, Pavie, et du royaume. A Pâques, pendant le siège de Pavie, il se rend à Rome, où le pape l'accueille avec les honneurs dus à l'exarque, représentant de l'empereur de Byzance en Italie. Successeur des rois lombards, Charles, sous la promesse de très vastes restitutions, limite bientôt les concessions effectives. Mais seules les décennies suivantes montreront tout le danger potentiel de la tutelle franque pour un pouvoir pontifical indépendant. H. n'est pas moins heureux face à Byzance, où la mort de l'empereur Constantin V (775) et la régence d'Irène facilitent son jeu. La plus belle illustration se voit dans la part que prennent les légats d'H. au concile de Nicée II (sept.-oct. 787, 7e concile œcuménique). Les pères conciliaires, convoqués par l'empereur Cons tantin VI et sa mère Irène, encouragés par le pape, résolvent en effet la crise iconoclaste en réintroduisant un culte des images, défini comme médiateur de l'adoration des personnes divines et soigneusement délimité de l'idolâtrie. Les canons du concile seront provisoirement remis en cause par le second iconoclasme (815-843), mais, surtout, mal accueillis par la cour franque, qui prétend les amender (Livres carolins) : l'incident manifeste le fossé intellectuel et spirituel qui sépare l'Ouest d'un Orient, à la culture duquel Rome participe encore très largement. Cela n'empêche pas le pape de favoriser le profond mouvement de diffusion, dans les « Gaules », de la liturgie romaine. A Rome, H. se comporte comme il convient à un pape et à un noble, multipliant les constructions, enrichissant d'objets précieux les trésors des églises, nourrissant les pauvres. Il meurt le 25 décembre 795.

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