Databac

GUTIÉRREZ NÂJERA Manuel

GUTIÉRREZ NÂJERA Manuel. Poète mexicain. Né et mort à Mexico (22 décembre 1859-3 février 1895). Bien que mort relativement jeune, il est un des plus éminents poètes de son pays à la fin du XIXe siècle et compte parmi les plus importants précur seurs du mouvement littéraire connu sous le nom de « modernisme », à cause, notamment, de la musicalité, de la légèreté et de la perfection formelle de ses vers, auxquelles vient s'ajouter le charme romantique. Guttiérrez, d'origine modeste, dut s'astreindre assez tôt, pour gagner sa vie, à écrire des articles qu'il signait de pseudonymes divers : Récamier, El Cura de Jalatlaco, Junuis, Puck, Job — Carêmes du duc Job. Il fonda la Revista Azul où se rencontraient les poètes de l'école moderniste mexicaine, en particulier Salvador Diaz Miron et Manuel José Othon. Des journaux comme El Federalista (où il fit ses débuts), le Liceo Mejicano, la Revista Nacional, El Partido Liberal publièrent quelques-unes des pages les mieux inspirées de cet homme que la nature avait affligé d'un corps difforme mais dont l'esprit était sensible et raffiné. Gutiérrez Nàjera, qui avait songé un instant à se faire prêtre, garda toute sa vie un goût très prononcé pour la poésie des grands mystiques espagnols, tels saint Jean de la Croix et sainte Thérèse. Il parlait et lisait le français comme sa langue maternelle : de là sa connaissance profonde de Lamartine, Victor Hugo et Musset. Parmi ses poésies et récits en prose, citons Cuentos Fragiles (1883), Rien n'est à moi [1884], Cuentos color de humo, Cronicas y fantasias, Psaumes de la vie [1893], Poésies (1896), Amor y lagrimas (poésies choisies, 1912), Hojas sceltas (recueil d'articles, 1912), Sus mejores poesias (1916), Cuentos (1916). « S'il ne fut pas un chef, du moins il fut le véhicule des influences extérieures qu'il assimilait et qui devaient être fécondes. » Max Daireaux.

Liens utiles