GUISE (maison de)
Branche cadette de la maison des ducs de Lorraine qui acquit en 1333 le comté de Guise, en Thiérache. Voir LORRAINE. François Ier de Lorraine, 2e duc de Guise (* Bar, 17.II.1519, † Saint-Mesmin, près d'Orléans, 18.II.1563). Fils de Claude de Lorraine, il fut un des grands hommes de guerre français du XVIe s. Grièvement blessé à la face au siège de Boulogne (1549), il reçut le surnom de Balafré, que porta aussi son fils. Après avoir défendu victorieusement Metz contre Charles Quint (1552/54), il battit les Impériaux à Renti (1554) et, en 1557, il reçut le commandement de l'expédition française envoyée dans le royaume de Naples contre les Espagnols à la demande du pape Paul IV. Il commanda les troupes françaises contre les Anglais qui avaient envahi le nord de la France et s'empara de Calais (1558). Sous François II, François de Guise et son frère Charles, cardinal de Lorraine (* 1524, † 1574), s'emparèrent pratiquement du pouvoir. À la tête du parti catholique, les Guise firent échouer la conjuration d'Amboise (v.) en 1560. Nommé lieutenant général du royaume, François de Guise fit condamner à mort son rival Louis de Condé (qui ne fut sauvé que par le décès du roi François II). Catherine de Médicis s'efforça dès lors de contrebalancer l'influence des Guises en leur opposant les Bourbons. François de Guise fit échouer la politique tolérante de la reine mère en provoquant le massacre de Wassy (1er mars 1562), qui contribua au déclenchement de la première guerre de Religion. Il fut assassiné par le protestant Poltrot de Méré (peut-être à l'instigation de Coligny), alors qu'il assiégeait Orléans aux mains des protestants. Henri Ier de Lorraine, 3e duc de Guise, dit le Balafré (* 31.XII.1550, † Blois, 23.XII.1588). Homme de guerre, chef des ligueurs, fils aîné de François Ier de Lorraine. Après avoir combattu les Turcs dans l'armée impériale (1566), il participa à la lutte contre les huguenots à Jarnac et Moncontour (1569). Il fut l'un des responsables de la Saint-Barthélemy (v.) (24 août 1572), défendit victorieusement Paris contre les troupes allemandes de Condé (v. RELIGION, guerres de) et prit la tête de la Ligue. Malgré son immense popularité à Paris (journée des Barricades, v.) (12 mai 1588), il ne put obtenir d'Henri III d'être nommé lieutenant général du royaume. Henri III le fit assassiner aux états généraux de Blois, avec son frère Louis, cardinal de Lorraine.
Guise ; puissante maison princière dont l’influence fut considérable en France au xvie siècle.
Cette maison est issue des ducs de Lorraine qui possédaient en France de nombreux fiefs. Plusieurs des enfants du duc René II (1451-1508) s’installent en France. Parmi eux, Jean, premier cardinal de Lorraine (1498-1550), qui accumule les évêchés et les abbayes, et Claude (1496-1550), fondateur de la maison de Guise. En 1508 il hérite de son père les comtés d’Aumale et de Guise, le marquisat d’Elbeuf, les seigneuries de Mayenne, de Joinville, de Lillebonne, de Brionne, d’Harcourt, etc. Portant d’abord le titre de comte d’Aumale, il vient en France en 1513 et épouse la fille d’un prince du sang, Antoinette de Bourbon-Vendôme. Au sacre de François Ier, il exige d’avoir le pas sur les seigneurs français, comme prince étranger, héritier par sa grand-mère Yolande d’Anjou des prétentions angevines sur Naples. Blessé à Marignan en 1515, il aide Bonnivet à prendre Fontarabie en 1521 et remporte contre les Anglais quelques succès dans le nord de la France (prise de Bapaume) en 1522. François Ier lui donne alors la charge de grand veneur et les gouvernements de Bourgogne et de Champagne en 1523. Après Pavie en 1525, Louise de Savoie l’appelle au Conseil de régence. Il n’hésite pas à dégarnir la frontière pour entrer en Lorraine et y écraser une grande révolte paysanne, ce qui lui vaut la réputation de champion de l’ordre et de l’orthodoxie. En 1528 François Ier érige le comté de Guise en duché-pairie, faveur qui n’a été consentie jusqu’alors qu’à des princes du sang royal. En 1536 il délivre Péronne assiégée par les Impériaux. Il prend part en 1542 à la conquête du Luxembourg, et meurt à Joinville en 1550 après avoir accumulé honneurs, titres et pensions. Parmi ses nombreux enfants - dont l’un est la tige des ducs d’Aumale, et l’autre celle des ducs d’Elbeuf - il faut mettre à part François de Guise et le cardinal de Lorraine. Charles de Guise (1524-1574) est fait cardinal à vingt-trois ans et, connu d’abord sous le nom de cardinal de Guise, prend celui de cardinal de Lorraine en 1550. D’une extraordinaire culture, exerçant même sur ses adversaires une indéniable séduction, le cardinal de Lorraine est la tête politique de la famille et nourrit pour elle les plus hautes ambitions. Son frère François de Guise (1519-1563) est d’abord comte d’Aumale et se distingue par sa bravoure et ses qualités militaires. Au siège de Boulogne (1545), il reçoit une blessure qui le fait surnommer le «Balafré». En 1547 son comté d’Aumale est érigé en duché-pairie. Henri II, dont il a partagé la jeunesse, le comble de faveurs. Il peut épouser, en 1549, Anne d’Este, petite-fille du roi Louis XII. Devenu duc de Guise, grand veneur, gouverneur de Champagne en 1550 (il a déjà les gouvernements de Dauphiné et de Savoie), il est fait grand chambellan en 1551 et prince de Joinville en 1552. Sa défense de Metz contre Charles Quint de 1552 à 1553 le rend très populaire. Le cardinal de Lorraine et le duc de Guise, qui se réclament de l’héritage angevin, poussent Henri II à accepter les offres du pape Paul IV et entreprendre une expédition à Naples en 1557. Mais François de Guise est arrêté à Civitevella, et rappelé en France après le désastre de Saint-Quentin. Nommé lieutenant général du royaume, il prend aux Anglais Calais et Guines (1558). Populaire, soutenu par les gentilshommes de l’armée, Guise a la satisfaction de voir sa nièce Marie Stuart (fille du roi d’Écosse et de Marie de Guise) épouser le dauphin. Quand celui-ci devient le roi François II en juillet 1559, Guise et Lorraine dirigent en fait le gouvernement. Leur politique de répression des protestants et de monopolisation de places suscite des mécontentements qui aboutissent à la conjuration d’Amboise. Après la mort de François II et l’avènement de Charles IX en décembre 1560, Catherine de Médicis s’oriente vers une politique d’apaisement et de rapprochement avec les Bourbons qui mécontente les Guise. En avril 1561 ceux-ci se rapprochent du maréchal de Saint-André et du connétable de Montmorency pour former le triumvirat catholique. Au colloque de Poissy en septembre, le cardinal de Lorraine défend, contre Théodore de Bèze, l’orthodoxie, tout en opposant la confession luthérienne aux conceptions calviniennes. Il semble que les Guise aient voulu s’appuyer sur les princes luthériens allemands pour isoler les réformés français. Après le massacre de Vassy, déclenché par ses gens (mars 1562), François de Guise se bat contre les protestants. Il est assassiné devant Orléans par Poltrot de Méré le 18 février 1563. Le cardinal de Lorraine, gagné, au concile de Trente, à la cause ultramontaine, est jusqu’à sa mort, en 1574, le défenseur acharné d’une politique de rigueur contre les protestants. Le fils aîné de François de Guise est
Henri le Balafré (1550-1588). Il succède à son père comme grand maître et gouverneur de Champagne. Pendant la troisième guerre de Religion, il combat sous les ordres du duc d’Anjou, à Jarnac (mars 1569) et à Moncontour (oct. 1569). La paix de Saint-Germain le mécontente, et sa volonté d’épouser la sœur du roi, Marguerite de France, faillit provoquer un scandale. Mais en 1572, Catherine de Médicis fait appel à lui pour l’exécution des chefs protestants, et Henri de Guise est un des massacreurs de la Saint-Barthélemy. En octobre 1575 il bat à Dormans une armée de reîtres appelée par les protestants, et y reçoit une balafre qui accroît encore sa popularité. Après la paix de Beaulieu, Guise constitue une Sainte Ligue catholique pour contraindre Henri III à reprendre la lutte contre les protestants. Dès lors il négocie secrètement avec l’Espagne, et ses partisans envisagent, au nom d’une prétendue origine carolingienne, de le mettre sur le trône à la place des Valois. Après la mort de François d’Anjou (juin 1584), Guise réorganise la Ligue, s’allie avec Philippe II, et oblige Henri III à reprendre la lutte contre Henri de Navarre (1585). Il bat une armée protestante venue d’Allemagne à Vimory et à Auneau (automne 1587). La journée des Barricades (12 mai 1588) fait de lui le maître de Paris, mais il n’ose mener jusqu’au bout sa politique, accepte de rejoindre à Blois Henri III qui le fait assassiner (déc. 1588). Son frère, le duc de Mayenne (1554-1611), dirige la lutte menée par la Ligue contre Henri III, puis Henri IV. La famille de Guise s’éteignit en 1670.
Bibliographie : J.-M. Constant, Les Guise, 1984.
ASSASSINAT DU DUC DE GUISE • 23 décembre 1588 Tout au long de 1588, les tensions n’ont cessé de s’exaspérer entre Henri III et le duc de Guise, le chef de la Ligue (parti des catholiques), si populaire dans la capitale qu’on le surnomme le « roi de Paris ». En fait, le Balafré - son autre surnom - aspire de plus en plus clairement au pouvoir, ambition à laquelle la réunion, à Blois, des états généraux, ne met pas un frein. Au matin du 23 décembre, alors qu’il se rend au Conseil des états généraux de Blois, Guise est lardé de coups de couteau sur ordre du roi. Le Balafré (« encore plus grand mort que vivant» selon le mot célèbre d’Henri III) rendra l’âme au pied du lit royal. Son frère, le cardinal de Lorraine, sera assassiné le lendemain. La Ligue est décapitée mais le roi s’est fait des ennemis mortels (voir aussi Assassinat d’Henri III).Liens utiles
- C.E. 26 janv. 1968, SOCIÉTÉ « MAISON GENESTAL» Rec. 62, concl. Bertrand
- Devoir Maison sur la morale: peut-on juger moralement autrui ?
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