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GUISE (MAISON DE)

GUISE (MAISON DE)

Célèbre famille française dont le chef, cinquième fils de René II, duc de Lorraine, fut Claude Ier, comte d’Aumale (mort en 1550), qui vint s’établir en France. Il obtint de Louis XII (1506) des lettres de naturalisation et fut créé duc de Guise par François Ier en récompense de ses nombreux services militaires. De sa femme, Antoinette de Bourbon, il eut huit fils et quatre filles.

□ Jean de Guise (1498-1550), frère du précédent, cardinal de Lorraine, évêque de Metz, fut ministre d’Etat sous François Ier et Henri II.

□ François, deuxième duc de Guise (1509-1563), dit le Balafré, fils de Claude, soutint victorieusement contre Charles Quint le siège de Metz (1553) et gagna contre lui la bataille de Renti (1554). En 1557, le pape Paul IV lui confia la conquête du royaume de Naples défendu par le duc d’Albe, mais il échoua dans cette expédition. Son prestige grandit lorsqu’en 1558 il reprit Calais aux Anglais et Thionville aux Espagnols (paix de Cateau-Cambrésis, 1559). À l’avènement de François II (1558), il s’était vu confier les rênes de l’État, mais son gouvernement ne fut qu’une suite de complots (il déjoua la conjuration d’Amboise). À la mort du jeune roi (1559), il essaya de s’opposer aux tentatives de conciliation que Catherine de Médicis rechercha d’abord entre catholiques et protestants. Mais, avec le massacre de Wassy qu’il provoqua (en mars 1562, ses hommes tuèrent des calvinistes qui chantaient des psaumes dans une grange), il ouvrit la période des guerres de Religion. L’année suivante, il fut assassiné près d’Orléans par un huguenot.

□ Charles (1525-1574), cardinal de Lorraine, frère du précédent, fut ministre de François II et de Charles IX, et l’un des principaux responsables des guerres de Religion par son catholicisme intransigeant.

□ Louis Ier de Lorraine (1527-1578), cardinal de Guise, évêque de Metz, frère du précédent fut, selon le chroniqueur L’Estoile, « peu remuant, ne se mêlant guère d’autres affaires que celles de la cuisine. »

□ Henri Ier, dit, comme son père François le Balafré, troisième duc de Guise (1550-1588), montra très tôt sa valeur militaire. Il fut le principal artisan du massacre de la Saint-Barthélemy. Vainqueur de la bataille de Dormans contre les protestants (1575), il organisa la Ligue dans tout le royaume, ce qui le rendit plus puissant que le roi. Il pactisa avec les Espagnols et le pape, battit en 1587 les troupes allemandes venues au secours des protestants français et se fit nommer lieutenant-général du royaume (4 août 1588). S’étant rendu aux États généraux de Blois, il y fut assassiné sur l’ordre du roi Henri III, le 23 décembre 1588. Sa mort provoqua une insurrection générale contre Henri III (qui aurait dit, devant son cadavre: « Il est encore plus grand mort que vivant »), qui dut s’allier à Henri de Navarre, chef des protestants.

□ Louis II de Lorraine, cardinal de Guise, archevêque de Reims (1556-1588) et frère du précédent; il fut lui aussi tué à Blois, le lendemain du meurtre de son frère.

□ Charles de Lorraine, fils aîné d’Henri Ier duc de Guise (1571-1640), devint chef de la Ligue trois ans après la mort de son père. Il se réconcilia avec Henri IV qu’il aida, après la prise de Paris, à soumettre les pays encore en insurrection. Le roi lui donna le gouvernement de la Provence avant qu’il ne se retire à Florence. D’autres Guise s’illustrèrent militairement, mais loin du pouvoir royal. La maison de Guise s’éteignit en 1671.

GUISE, François Ier de Lorraine, 2e duc de (Bar, 1519-Saint-Mesmin, 1563). Grand homme de guerre français et chef du parti catholique. Il acquit une renommée européenne lors de la prise puis de la défense de Metz (1552), où il infligea une défaite écrasante à Charles Quint. Il prit, en 1553, la tête de l'expédition française envoyée en Italie au secours du pape Paul III contre les Espagnols, mais fut rappelé après le désastre de Saint-Quentin. Il redressa la situation en enlevant Calais (1558), ville aux mains des Anglais depuis deux siècles. Sous le règne de François II, le duc de Guise et son frère Charles, cardinal de Lorraine, prirent la tête du parti catholique. Le duc de Guise s'opposa, sous la régence de Catherine de Médicis, à sa politique de conciliation à l'égard des protestants, provoquant, par le massacre de protestants à Wassy (1562), le début des guerres de Religion. Le duc de Guise remporta sur Condé la victoire de Dreux (1562), mais fut assassiné au siège d'Orléans par un gentilhomme protestant, Poltrot de Méré, peut-être à l'instigation de Coligny.

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