Guillaume Ier d'Orange, dit «le Taciturne» (Dillenburg 1533-Delft 1584); stathouder de Hollande, chef de la révolte des Pays-Bas.
Guillaume Ier d'Orange, dit «le Taciturne» (Dillenburg 1533-Delft 1584); stathouder de Hollande, chef de la révolte des Pays-Bas.
Né en 1533 dans le château de famille des Nassau à Dillenburg, il reçoit à l'âge de onze ans en héritage de son cousin René de vastes possessions aux Pays-Bas et le titre de prince d'Orange. Il s'installe alors à Bruxelles, embrasse la religion catholique et apprend le français, sans pour autant rompre les relations, très cordiales, avec sa famille restée en Allemagne. En 1553, il est commandant en chef de l'armée de Charles Quint sur la Meuse. Membre du Conseil d'État des Pays-Bas et chevalier de l'ordre de la Toison d'or, il devient après l'abdication de Charles Quint un des hommes de confiance du roi Philippe II, qui le nomme en 1559 stathouder des provinces de Hollande, Zélande, Utrecht et Frise occidentale. Mais, irrité par les maladresses du gouvernement de Marguerite de Parme et de Granvelle, il se trouve porté à la tête de l'opposition nobiliaire, qui proteste d'abord surtout contre la perte de ses anciens privilèges, mais prend bientôt une coloration nationale, hostile à la domination étrangère espagnole. En 1564, il refuse la mise en oeuvre de l'inquisition aux Pays-Bas, tout en restant un catholique loyal, en dépit de son remariage avec la princesse luthérienne Anne de Saxe. L'iconoclasme calviniste de 1566 entraîne l'envoi aux Pays-Bas de l'armée du duc d'Albe (1567). G. s'enfuit alors à Dillenburg. La répression sanglante menée par Albe le décide à intervenir pour libérer les Pays-Bas de la « cruelle tyrannie ». Organisateur et chef du parti des « Gueux » réfugiés à l'étranger (Allemagne, Angleterre), il échoue dans ses premières tentatives. Ce n'est qu'en 1572 que, à la suite du soulèvement des villes de Hollande et Zélande avec l'appui des Gueux de la mer, il est nommé stathouder de Hollande, Zélande et Utrecht. En 1573, G. se convertit au calvinisme, mais il continue de défendre la tolérance religieuse vis-à-vis des catholiques et des luthériens, par conviction plus que pour des raisons politiques. En 1576, l'extension de la révolte au Brabant et à la Flandre fait de lui le chef d'une révolte nationale : par la pacification de Gand, il obtient une action commune de toutes les provinces des Pays-Bas qui forment une union fédérale. Officiellement pourtant, la rébellion est dirigée uniquement contre les mauvais conseillers et serviteurs du roi d'Espagne, et non contre la personne de celui-ci. En 1577, G. fait son entrée à Bruxelles et à Anvers sous les acclamations de la foule. Cependant, à cause du comportement fanatique des calvinistes, à Gand en particulier, sa politique religieuse échoue. Malgré des tentatives désespérées, il ne peut empêcher la perte des provinces catholiques du Sud, qui se rapprochent de l'Espagne en formant l'Union d'Arras (1579). La même année, les sept provinces du Nord s'unissent par l'Union d'Utrecht. Deux ans plus tard se produit enfin le pas ultime dans la voie de la révolution : ces provinces proclament solennellement la déchéance du roi d'Espagne. A la recherche d'un nouveau souverain, G. fait le choix du duc François d'Anjou, frère du roi de France Henri III, bien que cette orientation soit assez peu populaire aux Pays-Bas. L'idée de transmettre la souveraineté à G. lui-même ne s'impose que lentement, en Hollande et Zélande, après le départ du duc d'Anjou (1583). Dès 1580, un édit de Philippe II avait mis à prix la tête de G. et invité tout homme fidèle et pieux à le tuer en tant qu'« ennemi de l'Espagne et peste de la Chrétienté ». Le prince survit à un premier attentat en 1582, mais meurt assassiné à Delft en juillet 1584. Celui que Granvelle a un jour par dérision surnommé « le Taciturne » n'est arrivé que progressivement à l'idée de libérer les Pays-Bas de la domination espagnole. Cette liberté devait reposer sur l'unité de toutes les provinces et sur la tolérance religieuse. S'il ne put y parvenir entièrement, par la force de sa personnalité et par le combat de toute une vie, il a pourtant posé les bases nécessaires à l'établissement de la république des Provinces-Unies.
Bibliographie : Y. Cazaux, Guillaume le Taciturne : de la « Généralité » à la république des Sept Provinces Unies, 1970 ; C.V. Wedgwood, Guillaume le Taciturne, trad. angl. R. Celli et J. Smith, 1947.
GUILLAUME D'ORANGE-NASSAU, dit le Taciturne (château de Dillenburg, 1533-Delft, 1584). Stathouder de Hollande (1559-1567 et 1572-1584), il lutta contre l'absolutisme espagnol aux Pays-Bas et fut à l'origine de la fondation des Provinces-Unies calvinistes. Prince allemand, élevé dans le catholicisme à la cour de Charles Quint à Bruxelles, il devint gouverneur de la Hollande (1559). D'abord défenseur pacifique des libertés aux Pays-Bas, il se souleva ouvertement contre l'Espagne après l'intensification de la répression contre les protestants organisée par le duc d'Albe. A la suite des Gueux, la Hollande et la Zélande se soulevèrent (1572) contre l'Espagne, la lutte restant longtemps incertaine. Le gouverneur des Pays-Bas, Don Juan d'Autriche, demi-frère de Philippe II, ne put convaincre le Taciturne, converti au calvinisme, de se rallier. Guillaume d'Orange fut reconnu, à la Pacification de Gand (1576), stathouder des Dix-Sept Provinces. Cependant, les Unions d'Arras puis d'Utrecht (1579) consommèrent la division des anciens Pays-Bas espagnols. Les Provinces méridionales, catholiques, se replacèrent sous l'autorité de l'Espagne. Les Provinces-Unies rassemblèrent les provinces protestantes qui se séparèrent formellement de l'Espagne en 1581.
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