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Granvelle, Antoine Perrenot, cardinal de

Granvelle, Antoine Perrenot, cardinal de (Besançon 1517-Madrid 1586); homme politique bourguignon au service de l'Espagne. Ce Éranc-Comtois fait ses études à Padoue et à Louvain. Une ascension rapide l'amène à devenir évêque d'Arras en 1540. Grâce à son père, Nicolas Perrenot de Granvelle (1486-1550), secrétaire d'État de Charles Quint et garde des Sceaux du royaume de Naples et de Sicile, il se voit confier de nombreuses missions officielles, qu'il mène à bien avec beaucoup d'adresse et un rare sens diplomatique, responsabilités qui lui ont permis de bien connaître l'échiquier politique européen. En 1550, il succède à son père comme secrétaire d'État, et accompagne l'empereur Charles Quint dans ses campagnes en Allemagne ; il joue un rôle de premier plan dans les négociations du traité de Passau conclu avec les protestants en 1552, et de la paix d'Augsbourg (1555). Philippe II le prend à son service en 1555, et, lorsque le roi quitte les Pays-Bas pour l'Espagne, il laisse derrière lui G., qui occupe alors, en tant que chef du Conseil d'État des Pays-Bas, la fonction de conseiller principal de la régente Marguerite de Parme. Il est fait en 1560 archevêque de Malines et se voit élever en 1561 au rang de cardinal. Contrastant avec l'attitude conciliatrice de la régente, sa politique absolutiste et répressive lui attire l'hostilité du peuple, ainsi que celle de la noblesse des Pays-Bas, qui jusque-là soutenait encore le parti du roi d'Éspagne. Sous la pression des nobles, Philippe II engage G. à se retirer en Franche-Comté (1564). Mais depuis sa province natale, G. continue à exercer une influence déterminante sur le cours de la politique espagnole, tant aux Pays-Bas qu'en Franche-Comté et en Italie. En 1565, Philippe II l'envoie à Rome, où il contribue en 1570 à la mise sur pied de l'alliance entre la papauté, Venise et l'Espagne contre les Turcs ; l'année suivante, il devient vice-roi de Naples (1571-1575). Appelé à Madrid en 1579, il préside le Conseil des affaires italiennes, et devient en 1584 archevêque de Besançon. Jusqu'à sa mort en 1586, il continue de servir le roi d'Espagne qui fait volontiers appel à lui lorsqu'il se trouve dans des situations diplomatiques compliquées. Collectionneur et mécène, G. a réuni une importante collection de livres, médailles, objets d'art, tableaux, qui fut pillée à Bruxelles de son vivant, lors du soulèvement des Pays-Bas. Bibliographie : A. Granvelle, Correspondance, Bruxelles, 1878-1896 (12 vol.) ; H. Pi-renne, Histoire de Belgique, Bruxelles, 1907, t. III, p. 383-409 ; G. Jannskin, Le Cardinal de Granvelle, Dole, 1989.

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