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Gracchus, Caius Sempronius (153-121 av. J.-C.) ; tribun de la plèbe.

Gracchus, Caius Sempronius (153-121 av. J.-C.) ; tribun de la plèbe.

Doué d'une éloquence passionnée, Caius, frère cadet de Tibérius Gracchus participe, après l'assassinat de ce dernier, à la commission chargée d'appliquer la loi agraire. Il exerce en outre ses talents d'orateur politique, en particulier contre son adversaire politique, son beau-frère Scipion Émilien, tête de file des sénateurs conservateurs, qui meurt en 129 de façon mystérieuse. Questeur en 126, proquesteur en Sardaigne (125-124), il est élu en 124 tribun de la plèbe pour l'année 123, dix ans après son frère. G. reprend alors les projets agraires de son frère mais propose un programme plus systématique qui débouche sur une politique visant à affaiblir le Sénat. Ainsi, il modifie les tribunaux sénatoriaux des « procès en concussion » (contre les « abus administratifs » perpétrés dans les provinces) et les confie pour moitié aux équités, les chevaliers, espérant promouvoir une alliance entre ces hommes d'affaires prospères et le peuple contre le Sénat. Aux publicains, il accorde la perception des impôts d'Asie et la responsabilité de grands travaux publics. G. gagne encore à lui la plèbe de la capitale par la promulgation d'une loi frumentaire permettant l'achat de blé à bas prix. Il lui accorde le droit d'intervention dans la prononciation de peines capitales et dans l'élaboration de projets de nouvelles colonies en Italie et en Afrique. Ses adversaires réussissent à ébranler la position de G. par une surenchère démagogique sur ses lois, menée par le tribun Livius Drusus. La proposition de G., accordant aux Latins le droit de cité romaine, soulève chez le peuple de Rome des craintes pour ses privilèges ; l'impopularité entourant la colonisation de Carthage contrariée par l'exploitation de mauvais présages, lui fait perdre le reste de son crédit. Sa troisième réélection au tribunat de la plèbe en 121 échoue. Un soulèvement déclenché par un groupe de ses partisans fournit au Sénat le prétexte à la première proclamation de l'état d'urgence (senatus consultum ultimum) et à une répression impitoyable des partisans (3 000 tués) de G. qui trouve la mort le premier jour des combats. L'oeuvre des Gracques s'effondre avec lui mais plusieurs hommes politiques (Appuleius Satuminus en 103 et en 100 ; Livius Drusus en 91 ; et même César) s'inspireront en partie de leurs projets.

Bibliographie : C. Nicolet, Les Gracques, 2e éd., 1980.

GRACCHUS, SEMPRONIUS CAÏUS (Rome, 154-id., 121 av. J.-C.). Grand réformateur romain, issu d'une importante gens plébéienne, il tenta de résoudre la question agraire en poursuivant les projets de son frère Tiberius Gracchus. Elu tribun de la plèbe en 124 av. J.-C. pour l'année 123, il s'efforça de grouper contre la nobilitas (noblesse), les chevaliers (à qui il octroya la dîme d'Asie et les jurys des tribunaux concessionnaires chargés de juger les magistrats sortis de charge), la plèbe urbaine qui obtint le blé à bas prix et les villes d'Italie à qui il proposa la citoyenneté romaine. Pour donner des terres aux citoyens pauvres, il remit en vigueur les lois de son frère Tiberius sur la répartition des terres et fonda des colonies en Grèce, en Sicile, à Carthage. Le Sénat, effrayé par ses projets, se mobilisa contre lui. Réélu pour l'année 122, il mourut sur la colline de l'Aventin avec 3 000 partisans au cours d'une bataille contre les troupes du consul Opimius, après avoir été frappé d'un sénatus-consulte ultime. Les lois des Gracques furent progressivement supprimées et la République connut, au cours du siècle suivant, une longue période de guerres civiles.

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