GISCARD D’ESTAING Valéry (1926-)
Giscard d’Estaing, Valéry (né à Coblence en 1926) ; président de la République française [1974-1981].
Né en Allemagne, fils d’un inspecteur des Finances, G. engagé volontaire en 1944, polytechnicien et énarque, entré à l’inspection des Finances, remarqué par Pinay et Edgar Faure, succède à son grand-père Jacques Bardoux comme député modéré du Puy-de-Dôme en 1956. Rallié à de Gaulle, secrétaire d’État au Budget en 1959, ministre de l’Économie et des Finances en janvier 1962, il se sépare de l’essentiel de sa famille politique, et son groupe, les Républicains indépendants, assure à de Gaulle la majorité à l’Assemblée. Son plan de « refroidissement » de 1963 contre l’inflation bloque l’expansion, d’où des tensions et sa mise à l’écart. Il structure alors son parti, soigne une image de technicien jeune et dynamique, et marque sa différence, en 1967, avec le oui mais à de Gaulle ou la critique de « l’exercice solitaire du pouvoir ». En 1969, il vote non au référendum qui entraîne le départ de De Gaulle, se rallie à Pompidou ; à nouveau ministre de l’Économie et des Finances de 1969 à 1974, vrai leader du ministère après l’éviction de Chaban-Delmas, il est élu président de la République le 19 mai 1974, avec 50,81 % des suffrages. Son septennat est marqué par le poids des ministres centristes, un contrôle élyséen accru sur le gouvernement, un usage important des médias, et des réformes initiales inaugurant la « société libérale avancée » : majorité à dix-huit ans ou légalisation de l’avortement. Mais le renforcement de l’opposition bloque la « décrispation » qu’il souhaite ; bien vite, la crise mondiale et le conservatisme de maints députés obligent à cesser les réformes ; la relative marginalisation des gaullistes entraîne des tensions et la démission en 1976 du Premier ministre Jacques Chirac qui crée le Rassemblement pour la République, face auquel G. fédère libéraux et centristes dans l’Union pour la démocratie française. Ces divisions, des scandales, l’inflation et le chômage expliquent que le 10 mai 1981, il perde la présidence, avec 48,24 % des voix. Redevenu député en 1984, s’il ne participe pas aux gouvernements de cohabitation, ni ne se présente aux présidentielles de 1988, ses ambitions reflètent une position éminente dans le paysage politique français. Il a signé des essais politiques, vantant le libéralisme et le consensus, Démocratie française en 1976 et Deux Français sur trois en 1984, et des Mémoires politiques, Le Pouvoir et la vie en 1988, et L’Affrontement en 1991.
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