Giolitti, Giovanni (Mondovi 1841-Cavour 1928) ; Premier ministre italien.
Giolitti, Giovanni (Mondovi 1841-Cavour 1928) ; Premier ministre italien.
Lorsque le député libéral G. est élu à la Chambre en 1882, il a déjà derrière lui vingt ans d'expérience politique dans l'administration de sa province natale de Cuneo. Sa force de travail inépuisable est bientôt sollicitée dans diverses commissions techniques. Ministre des Finances sous Crispi, chef de cabinet pour la première fois en 1892, il joue un rôle important dans la réalisation des réformes financières de cette époque. Sa brillante carrière est interrompue quelques années à la suite du scandale de la Banque romaine : on lui reproche en 1893 d'avoir protégé le directeur de la banque, accusé d'une émission illégale de billets ; il échappe à l'arrestation qui le menace en s'exilant à temps à Charlottenburg. Après la chute de Crispi, son adversaire le plus sérieux, G., nouvel homme fort des libéraux, devient ministre de l'intérieur en 1901 et dirige à partir de 1903, et à quelques brèves interruptions près, le destin du pays jusqu'à la Première Guerre mondiale. Homme politique habile, il règne en maître, au nom du « transformisme », sur le Parlement et l'opinion publique. Il utilise les rivalités des partis et des syndicats pour apporter peu à peu une solution pacifique aux problèmes sociaux et politiques. Sous son gouvernement sont institués des changements importants tels que la nationalisation des chemins de fer (1905-1906), la convertibilité des obligations d'Etat, et le suffrage universel. G. entretient des liens amicaux avec Filippo Turati (1857-1932), dirigeant des socialistes modérés. Sa politique étrangère se distingue de celle de Crispi : il accorde à la Triple-Alliance un caractère uniquement défensif, renoue des relations d'amitié avec la France, et ne relance la politique de conquêtes coloniales dans la campagne de Libye qu'en 1911, après une préparation sérieuse et compte tenu du contexte propice qu'offre la crise internationale. Quand éclate la Première Guerre mondiale, G. proclame la neutralité de l'Italie. Cette attitude lui vaut la haine de Mussolini et de D'Annunzio, d'une part, mais lui permet, après la paix décevante de 1919, son retour au gouvernement (de juin 1920 à juin 1921). En s'en tenant strictement à sa vieille méthode du transformisme, G. apporte désormais la preuve qu'il méconnaît la dynamique et les besoins réels des nouveaux partis de masse, ainsi que la menace qu'ils font peser sur l'ordre existant. L'ère de G. s'achève sous son successeur et disciple convaincu Luigi De Facta (1861-1930), qui ne peut éviter la marche sur Rome. G. lui-même montre au début quelque sympathie pour le mouvement de Mussolini : il espère que le fascisme, à l'issue de la période dite de combat, rentrera dans la légalité de la démocratie parlementaire. Après l'assassinat de Matteotti, de nombreux opposants libéraux, comme Salandra et Sonnino, se rassemblent autour de lui ; mais toute activité parlementaire devenant impossible, il se résigne assez rapidement. Il se retire à Cavour, dans la province de Turin, où il meurt le 17 juillet 1928 à l'âge de 86 ans.
GIOLITTI, Giovanni (Mondovi, 1842-Cavour, 1928). Homme politique italien. Président du Conseil presque sans interruption de 1903 à 1914, il pratiqua une importante politique sociale, instaura le suffrage universel, mais se révéla plus tard impuissant face à la montée du socialisme, puis du fascisme. Piémontais d'origine paysanne, député en 1882, puis ministre (1889-1890 ; 1901-1903), Giolitti domina jusqu'en 1914 la vie politique italienne comme président du Conseil (1903-1905; 1906-1909; 1911-1914). Gouvernant indifféremment avec la gauche ou la droite, assuré d'une forte majorité parlementaire souvent acquise par la corruption, Giolitti exerça une véritable « dictature parlementaire ». Il désarma l'agitation ouvrière en développant la législation sociale (réglementation du travail des femmes et des enfants, obligation du repos hebdomadaire) et en instaurant en 1912 le suffrage universel. À l'extérieur, il annexa la Tripolitaine et renouvela la Triple-Alliance avec l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie. De nouveau président du Conseil ( 1920-1921), Giolitti se heurta à la grave agitation politique et sociale de l'Italie d'après-guerre. Après avoir soutenu Mussolini, dans lequel il voyait un moindre mal, Giolitti s'opposa au régime après l'assassinat du socialiste Matteotti (1924). Voir Depretis (Agostino).
Liens utiles
- Mémoires (fragment)Prince de BülowVictor-Emmanuel III et GiolittiLe roi me parla avec une grande sympathie et une haute estime du ministre del'Intérieur, Giolitti, qui s'entendait, dit-il, à manier les masses.
- Pacte Briand-KelloggLe pacte Briand-Kellogg, signé le 27 août 1928 à l'initiative de Briand,ministre français des Affaires étrangères et Kellogg, secrétaire d'Étataméricain, prévoit la mise hors-la-loi de la guerre.
- Boccace Boccace (Giovanni Boccaccio) naquit à Paris, d'une mère française et d'unpère italien.
- BADINTER, Robert (né en 1928)Avocat, écrivain, garde des Sceaux et ministre de la Justice de 1981 à 1986, il restera dans l'histoire pour avoir proposé et fait voter en 1981 l'abolition de la peine de mort en France.
- LULLY, Giovanni Battista Lulli, dit Jean-Baptiste (28 novembre 1632-22 mars 1687) Compositeur C'est à treize ans qu'est conduit à Paris le " joli petit italien " avec lequel la duchesse de MontpensierF145E souhaite pouvoir s'entretenir.