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Gaston Phébus (1331-1391); comte de Foix et vicomte de Béarn.

Gaston Phébus (1331-1391); comte de Foix et vicomte de Béarn.

Le comte de Foix, qui dès 1360 se prénomme lui-même Phébus, est entré dans la légende grâce à Jean Froissart qui, son hôte à Orthez en 1388, lui consacre de nombreuses pages dans ses Chroniques. Fort d'une éducation littéraire complète, amateur de musique et de poésie, prince fastueux, G. a su en inspirant et protégeant les ménestrels, orchestrer sa propre propagande et laisser de lui l'image d'un modèle de chevalerie, illustrée par son voyage en Prusse orientale auprès des Chevaliers teutoniques en 1357. Il est l'auteur de quelques poèmes, d'orgueilleuses Oraisons, et du célèbre Livre de la chasse, traité de vénerie d'une étonnante précision naturaliste. Dans l'exercice du pouvoir en pays de Foix et de Béarn, il révèle un sens politique aigu et de grands talents de chef de guerre. Le subtil équilibre qu'il maintient entre ses suzerains en guerre, les rois de France et d'Angleterre, lui permet de garantir la paix et la prospérité à ses terres, de se poser en défenseur des bourgs menacés par les armées, d'agrandir ses possessions dans les vallées de l'Adour, de la Garonne, et d'annexer la Bigorre, au détriment de la famille d'Armagnac, à laquelle il livre une lutte sans merci de 1376 à 1379. Il est ainsi amené, dès 1347, à affirmer la souveraineté de la vicomté de Béarn, principe qui ne sera pas remis en cause après la dislocation de sa principauté. Personnage hors du commun, G. l'est aussi par sa violence vis-à-vis de ses proches. Il chasse son épouse Agnès de Navarre en 1362, et tue en 1380, peut-être involontairement, son fils légitime Gaston, centre d'un complot ourdi contre sa vie. Ainsi ses terres passent-elles, à sa mort (1er août 1391), à Mathieu de Castelbon, descendant de son oncle.

Bibliographie : P. Tucoo-Chala, Gaston Fébus, un grand prince d'Occident au XIVe siècle, Pau, 1976.

GASTON III DE FOIX, dit GASTON PHÉBUS (1331-Orthez, 1391). Comte de Foix (1343-1391), grand batailleur, passionné de chasse (surnommé Phébus peut-être à cause de sa chevelure blonde), il symbolisa au XIVe siècle le type du grand seigneur féodal, protecteur des lettres et des arts. Prudent politique, il refusa au roi Jean II le Bon l'hommage pour le Béarn et se tint à l'écart du conflit franco-anglais dans la guerre de Cent Ans. Faute d'être parti en croisade, il déploya ses vertus chevaleresques contre les païens en Prusse, dans les rangs des chevaliers Teutoniques et revint en France combattre la jacquerie (1358). Toujours en rivalité contre la maison d'Armagnac, il combattit, aidé des Grandes Compagnies, Jean Ier d'Armagnac qu'il fit prisonnier et libéra contre une énorme rançon. Il tint à Orthez une cour fastueuse. Il était réputé pour ses nombreuses maîtresses et ses colères noires dont fut victime, en particulier, son fils unique légitime. Voir Armagnacs.

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