FRIEDMANN Georges. Sociologue français
FRIEDMANN Georges. Sociologue français. Né et mort à Paris (13 mai 1902-15 novembre 1977). Georges Friedmann compte au nombre des sociologues français qui ont donné un regain de jeunesse aux sciences humaines dans notre pays. Il était professeur à l'institut d'Etudes Politiques de l'Université de Paris et directeur à l'Ecole Pratique des Hautes Études, sa spécialité étant la sociologie du travail. Philosophe de formation, il entre, après avoir commencé des études de chimie, à l'École Normale supérieure, d'où il sortira agrégé de philosophie en 1926. La société est alors en crise et, armé d'un outillage conceptuel marxiste, Friedmann analyse le travail : il montrera que malgré la différence de sociétés l'ouvrier américain et l'ouvrier russe sont astreints à une même dépendance, logique inéluctable de la production. En 1931-1934, Friedmann est au Centre de Documentation Sociale de l'ÉcoIe Normale Supérieure. Son ouvrage, La Crise du progrès (1936), marque la première étape de sa réflexion sur l'organisation du travail et les rapports sociaux. Il étudie le russe et à l'issue de plusieurs voyages en U.R.S.S., il fait paraitre Problèmes du machinisme en U.R.S.S. et dans les pays capitalistes. Durant la guerre, l'occupation de la France conduit Georges Friedmann à choisir la clandestinité et Ta résistance. En 1946, il publie deux ouvrages : Leibnitz et Spinoza et Problèmes humains du machinisme industriel, réflexion sur le « taylorisme » et la possibilité d'intervention des sciences humaines pour atténuer la férocité de la société industrielle à l'encontre de l'ouvrier. De cette méditation se dégagera son axe de réflexion principal : en quoi et comment interviennent les réalités de la technologie et les rapports humains dans l'évolution du monde industrialisé ? De 1945 à 1960, Friedmann prendra sa véritable dimension d'éveilleur et d'animateur de la nouvelle vague de la sociologie du travail française. Il dirige le Centre d Etudes Sociologiques Français (1949-1951), réuni toute son équipe à l'Ecole Pratique des Hautes Études, en s'adressant non seulement aux jeunes chercheurs , mais aussi aux multiples agents sociaux concernés directement par l'industrie et soumis au mode de vie en milieu industriel. De 1956 à 1959, il préside l'Association Internationale de Sociologie avant d'être nommé premier président de la Faculté latino-américaine de Sciences Sociales (1958-1964). Avec son ami Pierre Naville, il publie l'ouvrage devenu un classique international : Traité de la sociologie du travail (1961) et, après des recherches effectuées aux Etats-Unis, Le Travail en miettes (1956). Cependant, il s'emploie à structurer le Centre de Recherches sur les Communications de Masse. Israël, laboratoire complexe et exemplaire, lui fournit le sujet de son ouvrage Fin du peuple juif ? De plus en plus, le sociologue s'efforce de découvrir les sources morales et religieuses capables d'humaniser le secteur primaire des activités laborieuses. Humaniste, philosophe inquiet du devenir de ses concitoyens, enquêteur sensible à la réalité sociale et à sa contingence pour l'homme du commun, Friedmann a mené une longue réflexion et une longue recherche pour l'amélioration de la vie quotidienne.
Liens utiles
- Georges Mathieuné en 1921Peintre français promoteur de l'abstraction lyrique.
- Pierre Francastel1900-1970Historien de l'art et sociologue français, professeur à l'École Pratique des hautes études àpartir de 1948.
- Edgar Morinné en 1921Philosophe français, exclu du Parti communiste, il collabore avec Barthes et Friedmann.
- Biographie de FRIEDMANN (Georges-Philippe).
- NIVELLE, Robert Georges (1856-1924)Général français, il participe à plusieurs expéditions (Chine, Afrique du Nord) avant de commander le IVe régiment d'artillerie, puis des divisions du IIIe et du IIe corps d'armée lors de la Première Guerre mondiale.