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FRANCS (peuple et Empire)

Peuple germanique apparu pour la première fois vers le milieu du IIIe s. de notre ère sur les rives du Rhin inférieur. Les Francs étaient le résultat de la fusion de peuples plus anciens, dont certains avaient lutté contre les Romains dès le Ier s. : les Chamaves, les Ansivariens, les Bructères, les Chattes... On ne sait si leur nom vient de wrang, « errant », ou de frak, « brave ». Très tôt apparurent deux groupes principaux, les Francs Saliens et les Francs Ripuaires. En 241/42, des Francs essayèrent de pénétrer dans l'Empire, dans la région de Mayence, mais ils furent repoussés par le futur empereur Aurélien. Ils répétèrent leur tentative à deux reprises au cours du IIIe s., en 258 et 276, et atteignirent les Pyrénées du IVe s., certains d'entre eux servaient comme auxiliaires dans l'armée romaine. En 358, les Francs Saliens s'installèrent en Toxandrie, entre la Meuse et l'Escaut, et l'empereur Julien leur accorda le statut de fédérés. L'expansion franque commença avec la grande poussée germanique de 406. Les Francs Ripuaires s'établirent entre 413 et 428 sur la rive droite du Rhin, dans la région de Cologne. Contenus par Aetius, ils pénétrèrent, après la mort de ce dernier, dans la vallée de la Moselle (454) jusqu'à Thionville. Quant aux Francs Saliens, ils avaient été établis comme fédérés en Belgique dès le IVe s. Entre 430 et 450, leurs premiers chefs, peut être légendaires, Clodion, et son successeur Mérovée, s'emparèrent de Tournai et de Cambrai. Childéric Ier (vers 457/481) fut l'allié des Romains contre les Wisigoths et parvint jusqu'à la Loire ; il contribua à sauver Angers des pirates saxons. Sous son fils et successeur, Clovis (481/511), les Francs se rendirent maîtres de la plus grande partie de la Gaule. Leur chance fut d'être restés païens, alors que la plupart des autres peuples germaniques (Burgondes, Vandales, Wisigoths) étaient déjà chrétiens mais avaient adhéré à l'hérésie arienne : les Francs étaient donc disponibles pour une conversion au catholicisme orthodoxe et, très tôt, ils bénéficièrent de la sympathie de l'épiscopat et des fidèles gallo-romains. Après avoir détruit le royaume de Syagrius (486), Clovis, déjà maître de toute la Gaule septentrionale jusqu'à la Loire, vainquit les Alamans à la bataille dite de Tolbiac (496) et se fit baptiser à Reims (Noël 496 ?). Reconnu désormais comme le champion de l'orthodoxie, il fut appuyé par les évêques. Sa victoire de Vouillé sur les Wisigoths (507) assura l'expansion du royaume franc jusqu'à la Garonne. À sa mort (511), Clovis laissa ses États à ses quatre fils, qui se les partagèrent. En dépit de leurs luttes intestines, les Francs poursuivirent leur conquête, soumettant, entre 530 et 560, la Bourgogne, la Provence, la Thuringe et la Bavière. Ce vaste royaume franc appliquait la loi germanique des partages successoraux et était toujours menacé de se fragmenter définitivement. Le dernier des Mérovingiens qui réussit à maintenir son autorité sur l'ensemble du royaume fut Dagobert (629/39). Après lui, des rois de faible personnalité dits « rois fainéants » furent dominés par l'aristocratie et par les « maires du palais ». C'est une grande famille seigneuriale, celle des Carolingiens (v.), qui refit peu à peu l'unité du royaume : s'étant assuré l'hérédité dans les fonctions de maire du palais en Austrasie, elle se fit la protectrice de l'Église et de la civilisation chrétienne (victoire de Charles Martel sur les Arabes à Poitiers, 732 ; appui donné à l'évangélisation de la Germanie ; soutien au pape contre les Lombards). Avec l'appui du pape Zacharie, Pépin le Bref (v.) se fit proclamer roi (751). Durant tout le VIIIe s., les Carolingiens rassemblèrent tenacement les anciennes terres d'influence franque, la Thuringe (vers 700), l'Alémanie (730), l'Aquitaine (768), la Bavière (788). Après avoir soumis les Frisons, ils luttèrent contre les Saxons païens (772/804) et étendirent leur influence en Italie par la destruction du royaume lombard (774) puis jusqu'au Danube par leurs victoires sur les Avars (795/805) et au-delà des Pyrénées par la création de la marche d'Espagne (795/811). De l'Empire franc naquirent un royaume des Francs occidentaux (la future France), un royaume des Francs orientaux (la future Germanie), ainsi qu'un royaume de Bourgogne et un royaume d'Italie.



FRANCS. Peuple germanique, les Francs s'installèrent en Gaule aux IVe et vie siècles ap. J.-C. et donnèrent (bien plus tard) leur nom à la France. Demeurés païens même si certains adhérèrent à l'hérésie arienne, ils étaient divisés en plusieurs groupes dont les plus importants étaient les Francs saliens et les Francs du Rhin, chaque tribu étant dirigée par un chef élu par les guerriers. Ils étaient établis vers le milieu du IIIe siècle sur les rives du Rhin inférieur. Ils lancèrent plusieurs raids dans l'Empire romain, et on les trouve dès le début du IVe siècle engagés comme auxiliaires dans l'armée romaine et même fédérés (ou alliés) de Rome, chargés de défendre la frontière gallo-romaine. Ce fut à partir des Grandes Invasions que commença l'expansion des Francs en Gaule (Ve siècle). Sous le règne de Clovis (481-511) devenu catholique vers 496, et de ses successeurs, la quasi-totalité du pays passa sous leur domination. Voir Germains, Mérovée.


FRANCS DU RHIN. Nom donné aux Francs établis au début du Ve siècle sur la rive gauche du Rhin. On leur a donné le nom de Francs ripuaires aux IXe et Xe siècles. Voir Francs saliens. FRANCS SALIENS. Nom donné aux Francs établis au début du Ve siècle dans la région du Brabant (en Belgique). Mérovée, Franc salien, donna son nom à la dynastie des Mérovingiens. Voir Francs du Rhin.

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