FRANCHE-COMTÉ
Ancienne province de France, qui se divisait en quatre grands bailliages (Besançon, Dole, Amont, Aval) et avait pour capitale Besançon. Habitée à l'époque gauloise par les Séquanes, comprise à l'époque romaine dans la province de Germanie supérieure, elle fit partie du royaume des Burgondes, de l'empire de Charlemagne, du royaume de Lothaire, des royaumes de Bourgogne et, en 1038, passa à l'Empire germanique. Érigée en comté dès 951, elle prit ensuite le titre de comté palatin de Bourgogne (1169). À la suite de divers mariages, elle passa à Frédéric Ier Barberousse (1156), puis aux maisons d'Andechs-Meran (1208) et de Chalon (1248). Le terme de Franche-Comté n'apparut qu'au XIVe s. Réunie un instant à la couronne de France par le mariage de Jeanne de Bourgogne, héritière de ce comté, avec le futur roi Philippe le Long (1315), elle échut par un nouveau mariage à Eudes IV, duc de Bourgogne (1330), puis à Marguerite de Flandre (1361). À la suite du mariage de la petite-fille de celle-ci avec Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, fut reconstituée, en 1384, l'unité entre la Bourgogne et la Franche-Comté. Mais elles furent séparées de nouveau en 1477, à la mort de Charles le Téméraire, le duché de Bourgogne ayant été réuni à la France comme fief masculin, tandis que la Franche-Comté, fief germanique et féminin, passait à la maison de Habsbourg par le mariage de Marie de Bourgogne, fille du Téméraire, avec Maximilien d'Autriche. En 1548, elle échut à la branche espagnole des Habsbourg et fut incorporée au cercle de Bourgogne. Plusieurs fois envahie par les Français sous le règne de Henri IV et durant la guerre de Trente Ans, elle fut réclamée par Louis XIV comme faisant partie de la dot de sa femme, Marie-Thérèse d'Autriche. Louis XIV s'en empara en 1668, mais dut la rendre la même année, à la paix d'Aix-la-Chapelle. Il devait la conquérir de nouveau en 1674, et s'en fit confirmer la possession par le traité de Nimègue (1678).