FRANCE (campagne de, 1940)
Nom donné aux opérations militaires qui, du 10 mai au 25 juin 1940, aboutirent à la conquête par la Wehrmacht de la plus grande partie du territoire français. Cette campagne, qui succédait à huit mois de quasi-immobilisme (la « drôle de guerre »), opposait au départ des forces sensiblement équivalentes : 134 divisions alliées (dont 94 françaises) contre 115 allemandes, 2 000 chars alliés contre 2 500 chars allemands (mais les chars français de fabrication récente étaient supérieurs aux engins ennemis) ; cependant, l'Allemagne disposait d'une sensible supériorité aérienne, la Luftwaffe alignant plus de 2 500 appareils contre 1 800 avions alliés. La supériorité de l'Allemagne n'était pas numérique mais résidait dans le moral des combattants, des officiers en particulier, dans une conception révolutionnaire de l'emploi des blindés et de l'aviation en vue d'une guerre de mouvement, enfin et surtout, dans l'audace du plan stratégique mis au point par le général von Manstein et par Hitler lui-même, en dépit de l'opposition d'une grande partie de l'état-major allemand. Dans la nuit du 9 au 10 mai 1940, la Wehrmacht lança son attaque contre les Pays-Bas et la Belgique. Le commandement français déclencha aussitôt l'« opération Dyle », mais toutes les prévisions sur les capacités de résistance des fortifications belges furent bouleversées par l'action des parachutistes allemands qui, dès le 11 mai, s'emparèrent du fort d'Eben-Emael, le plus puissant des ouvrages de Liège, et se rendirent maîtres des défenses du canal Albert. La VIIe armée française (Giraud) dut, par conséquent, renoncer à tout espoir de faire sa jonction avec l'armée néerlandaise ; au soir du 12 mai, elle fut repliée sur l'Escaut. Le 15 mai, les Pays-Bas étaient hors de combat. Cependant, la phase essentielle du plan Manstein se développait au sud. La masse principale des blindés allemands - sept divisions sur dix, réparties en trois groupes : Hoth (avec Rommel), Reinhardt, Guderian - traversait, sans être repérée, la forêt des Ardennes, atteignit la Meuse à Dinant dès le soir du 12 mai et, le 13, franchit la Meuse à Dinant, Monthermé et Sedan. L'action des stukas déclencha la panique dans la IXe armée française, disloquée en trois jours (13/16 mai), tandis que la IIe armée (Huntzinger) était repliée vers l'est, le haut commandement français croyant que les Allemands s'apprêtaient à prendre à revers la ligne Maginot. C'est au contraire vers le sud-ouest, en direction de la Somme et de la Manche, que les trois groupes blindés allemands qui avaient franchi la Meuse exploitèrent leur percée ; résistant à des contre-attaques sporadiques (comme celle du colonel de Gaulle à Montcornet), ils atteignaient Abbeville le 20 mai, s'emparaient d'Arras (23 mai), de Boulogne (24 mai) et de Calais (25 mai). Les armées franco-britanniques du Nord se trouvaient ainsi encerclées. Dès le 24, le corps expéditionnaire britannique prit le parti de se retirer sans délai sur Dunkerque, acculant au désastre la majeure partie des forces françaises et l'armée belge (laquelle dut capituler le 28 mai). Peut-être parce qu'il craignait une contre-offensive française sur la Somme, Hitler, le 29 mai, arrêta ses blindés dans leur élan vers Dunkerque. En surestimant ainsi les capacités de son adversaire, le Führer sauva de l'anéantissement les armées franco-britanniques de Belgique ; plus de 300 000 hommes purent être évacués par Dunkerque.
Nommé généralissime à la place de Gamelin, le 19 mai, Weygand avait réussi à mettre en place un front français continu sur la Somme et sur l'Aisne. Mais la France ne disposait plus que de 50 divisions, alors que la Wehrmacht en alignait plus de 100, dont 10 blindées. La bataille de la Somme fut engagée le 5 juin par le groupe d'armées B (von Bock). À la différence de ce qui s'était passé sur la Meuse, la résistance française fut, cette fois, acharnée, mais l'infériorité numérique était écrasante : le 9 juin, le groupe blindé Hoth, avec Rommel, atteignait la Seine à Rouen et à Vernon. Le même jour, le groupe d'armées A (von Rundstedt) attaquait sur l'Aisne ; après quarante-huit heures de combats, Weygand dut ordonner le repli général des armées françaises et il annonça au Conseil des ministres réuni à Cangé qu'il n'y avait plus désormais d'autre issue que la cessation des hostilités (12 juin). Depuis le 10, l'Italie était en guerre contre la France. Les Allemands entrèrent à Paris (14 juin) ; trois jours plus tard, ils atteignaient Belfort, encerclant les troupes de la ligne Maginot qui capitulèrent le 22 ; Lyon et Brest étaient occupées le 20. Le 17 juin, le maréchal Pétain avait dû demander l'armistice qui fut signé avec les Allemands, à Rethondes (v.), le 22 juin, avec les Italiens le 24 juin. Les combats cessèrent le 25 juin, à 1 h 35.
FRANCE (Campagne de, 1940). Lors de la Seconde Guerre mondiale, nom donné aux opérations militaires qui, du 10 mai au 28 juin 1940, aboutirent à l'occupation par les Allemands d'une grande partie du territoire français. L'offensive allemande commença par l'invasion des Pays-Bas et de la Belgique, stratégie prévue par les Alliés qui avaient concentré le plus gros de leurs effectifs vers le nord-ouest, lesquels se portèrent au secours des troupes belges, s'avançant jusqu'au sud de la Hollande. En réalité, ce fut ce que les Allemands attendaient, Hitler ayant adopté le plan du général von Manstein consistant à porter l'attaque principale à travers les Ardennes, jugées infranchissables donc peu défendues. Les blindés de Guderian, couverts par une aviation redoutable (Stukas), parvinrent en deux jours à atteindre Sedan et foncèrent vers la mer pour couper la retraite des forces alliées en Belgique. Weygand, nommé généralissime à la place de Gamelin, tenta d'organiser la contre-offensive. Mais les Pays-Bas et la Belgique avaient capitulé. Les armées franco-britanniques du Nord étaient encerclées et l'évacuation par Dunkerque avait commencé (27 mai-4 juin). Le front mis en place par Weygand sur la Somme et sur l'Aisne fut percé (5-8 juin). À partir du 10 juin, la Wehrmacht progressa dans toutes les directions, provoquant l'exode des populations et du gouvernement français qui trouva refuge à Bordeaux. L'armistice, demandé par le maréchal Pétain, fut signé le 22 juin à Rethondes avec l'Allemagne et le 24 juin avec l'Italie entrée en guerre le 10 juin 1940. Voir Guerre (Drôle de).
Liens utiles
- Pierre Messmerné en 1916Administrateur des colonies en 1939, engagé en juin 1940 à la Légion étrangère, il participeaux campagnes d'Afrique, de France et d'Allemagne.
- René Pleven (1901-1993) Industriel, il rejoint de Gaulle en 1940, rallie avec Félix Eboué le Tchad à la France libre.
- André Philip1902-1970Agrégé d'économie politique, député du Rhône (1936-1940), membre du parti socialiste dès1920, en 1936 il fait campagne contre Laval, sa politique de rapprochement avec l'Allemagneet l'Italie, sa politique de déflation qui provoque du chômage.
- Après la défaite de juin 1940, comme aux pires moments de 1917, la France se cherche un sauveur.
- Philippe Yacené en 1920Né à Jacqueville ; instituteur principal de classe exceptionnelle ; ancien élève de l'écolenormale William-Ponty (1937-1940), mobilisé en 1942, participe à toute la guerre delibération en Afrique du Nord et en France, démobilisé en 1946.