FOUCHÉ Joseph, duc d'Otrante
Homme politique français. Député jacobin à la Convention en 1792, il se signala par son zèle déchristianisateur. En 1793, il prit part à la sanglante répression de l'insurrection lyonnaise. Après le complot de Thermidor, auquel il participa, il devint ministre de la Police du Directoire et fut reconduit sous le Consulat et l'Empire. Intriguant et sans scrupule, il contribua, après Waterloo, au retour de Louis XVIII, qui le maintint quelque temps à la Police. Il ne put toutefois échapper à la loi de 1816 sur les régicides et dut s'exiler, richissime, à Trieste.
Fouché, Joseph, duc d’Otrante (La Martinière, Loire-Atantique, 1759-Trieste 1820) ; homme politique français.
Incarnation de l’homme de pouvoir habile mais perfide et froid, F., fils d’un capitaine de navire nantais, étudie puis enseigne chez les oratoriens. La Révolution trouve aussitôt en lui un partisan jacobin fanatique. Il est élu à la Convention où il siège parmi les Montagnards et vote la mort du roi. Envoyé en mission en province, il se signale par sa férocité dans la répression (à Lyon) et des mesures énergiques de déchristianisation. Il fait ouvertement parade de ses « succès ». Robespierre doit bientôt le rappeler avec d’autres agents de la Terreur soupçonnés d’hébertisme. Se sentant menacé, F. participe au 9 Thermidor, sans pour autant inspirer confiance aux nouveaux dirigeants. Il disparaît ensuite de la scène politique jusqu’en 1798, mais gagne par la suite la confiance de Barras à qui il dénonce la conjuration de Babeuf. Le Directoire l’utilise comme agent diplomatique, jusqu’à ce qu’à force d’intrigues il se fasse nommer en 1799 ministre de la Police. Obéissant aux nécessités de l’heure, il prend des mesures énergiques contre les mouvements révolutionnaires. Mesurant l’affaiblissement progressif du Directoire, il prépare le coup d’État de Bonaparte du 18 Brumaire. Celui-ci le maintient dans ses fonctions, moins par gratitude que par crainte de l’exceptionnel réseau d’agents mis en place par F. Ce dernier devient un véritable génie de la police ; il joue en virtuose des antagonismes des groupes politiques. Tombé provisoirement en disgrâce en 1802, il sait, grâce à sa police personnelle et à ses relations dans tous les milieux, se révéler si indispensable que Napoléon le nomme deux ans plus tard ministre de l’intérieur. En l’absence de l’Empereur, le pouvoir est entre ses mains. Sa politique vise plutôt alors à préserver les acquis de la Révolution. Il devient sénateur et duc d’Otrante (1809). Mais des initiatives arbitraires finissent par lui coûter son portefeuille en 1810. F. prévoit déjà la chute de Napoléon. Il s’abouche avec les Bourbons, mais n’en accepte pas moins pendant les Cent-Jours de redevenir ministre de la Police, pour mieux préparer le retour de Louis XVIII. Celui-ci le laisse d’ailleurs à son poste, au grand dam du parti royaliste. Il travaille désormais à atténuer les mesures prises par la Restauration contre la Révolution et l’Empire. Mais en 1816, il est exilé comme régicide. Richissime, il se retire à Trieste où il meurt après avoir rédigé des Mémoires à l’authenticité contestée.
Bibliographie : L. Madelin, Fouché, 1955 ; J. Savant, Tel fut Fouché, 1955 ; S. Zweig, Joseph Fouché, trad. fr., 1991.
FOUCHÉ, Joseph, duc d'Otrante (Le Pel-lerin, 1759-Trieste, 1820). Homme politique français, il participa activement à la Terreur lors de la Révolution française, puis devint pendant près de dix ans (1799-1809) ministre de la Police. Ancien professeur dans plusieurs collèges religieux, il se rallia à la Révolution et devint en 1792 député montagnard à la Convention nationale. Après avoir voté la mort de Louis XVI, il fut l'un des plus redoutables représentants en mission. Il contribua activement à la déchristianisation - il aurait fait inscrire à la porte d'un cimetière de la Nièvre : « La mort est un sommeil éternel » - et organisa à Lyon, avec Collot d'Herbois, la Terreur, afin de réprimer l'insurrection royaliste et fédéraliste. Désavoué par Robespierre, Fouché fut l'un des instigateurs du 9 Thermidor an II (27 juillet 1794). Exclu de la Convention thermidorienne, emprisonné puis amnistié, il fut nommé, grâce à Barras, ministre de la Police sous le Directoire (juillet 1799), poste qu'il conserva jusqu'en 1809, sauf un court intervalle (1802-1804). Il montra dans ses fonctions une habileté remarquable, tissant à travers la France un important réseau d'agents et d'espions qui fut utile à Napoléon Bonaparte pour la préparation du coup d'État du 18 Brumaire et après. Cependant, ses intrigues avec la Grande-Bretagne provoquèrent sa disgrâce (1810). Fait duc d'Otrante ( 1809), il devint gouverneur des Provinces illyriennes (1813). À nouveau ministre de la Police durant les Cent-Jours, il fut l'un des artisans de la restauration de Louis XVIII lequel, contre l'avis des royalistes, le conserva à la police. Éloigné sous la pression des ultras, ambassadeur à Dresde (1815), il fut proscrit comme régicide en 1816. Devenu autrichien, il mourut à Trieste.
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