FLAMANDS ET WALLONS
Dans le nouvel État belge de 1830, dont la langue officielle est le français, les Flamands sont déjà majoritaires, mais ils n’obtiendront le bilinguisme qu’en 1898. En 1998, on comptait en Belgique six millions de Flamands (dont un peu moins de 150 000 à Bruxelles, ville flamande à l’origine), 3,3 millions de Wallons, et quelque 800 000 francophones bruxellois, dont la solidarité avec les Wallons n’est pas sans faille. La fédéralisation de la Belgique a conduit à un monolinguisme régional (sauf dans la région de Bruxelles-Capitale, restée bilingue) et au déclin de l’usage du français en Flandre, où l’anglais est aujourd’hui souvent choisi comme première langue étrangère.
La coupure entre Flamands et Wallons dépasse le seul domaine linguistique. Les premiers sont plus attachés à la religion (catholique) et à la tradition, moins enclins à la contestation syndicale et politique (le vote de droite y est majoritaire) ; les seconds, imprégnés d’une longue tradition ouvrière accompagnée d’une forte déchristianisation, placent le parti socialiste en tête à chaque élection. L’antagonisme entre les deux communautés s’est développé dans un contexte de reconversion économique qui a plus profité à la Flandre, jadis à dominante rurale, qu’à la Wallonie, handicapée par la présence d’industries traditionnelles. Le PIB par tête est nettement plus élevé en Flandre. Si les écarts de revenus sont moins marqués, c’est grâce aux transferts sociaux (allocations chômage, invalidité, vieillesse…) qui profitent surtout à la Wallonie. Aujourd’hui, ce sont les Flamands qui veulent accentuer le fédéralisme ; une minorité d’entre eux songe même à l’indépendance, sous l’impulsion de l’extrême droite xénophobe (Vlaams Block), qui obtient ses meilleurs résultats électoraux en Flandre. Les ponts ne sont cependant pas rompus entre les deux communautés : beaucoup d’intellectuels belges regrettent une division qui risque d’affaiblir le rayonnement de leur pays sur la scène culturelle internationale.
AMENDEMENT WALLON
• 30 janvier 1875
Si le manque d’habileté du prétendant fait échouer une restauration en 1871 (voir Manifeste du comte de Chambord), la pression monarchique reste ensuite très forte tant au Sénat qu’à la Chambre des députés. Le 29 janvier 1875, cependant, le député Henri Wallon, helléniste de formation et catholique libéral, présente un amendement lourd de conséquences. Adopté le lendemain à une voix de majorité, il instaure l’élection du président de la République à la majorité absolue des suffrages d’une Assemblée nationale constituée par la réunion du Sénat et de la Chambre des députés. Nommé pour sept ans, il sera rééligible. Trois autres lois votées les 24 et 25 février et le 16 juillet 1875 viendront compléter l’amendement Wallon pour constituer ce que l’on appelle parfois la « Constitution de 1875 », fondatrice de la IIIe République.Région de Belgique, peuplée de francophones, dans le sud du pays ; capitale Namur. Le nom Wallonie a été donné aux provinces du sud de la Belgique, par référence au parler wallon, dialecte picard riche d'emprunts flamands. Le dialecte wallon, qui apparut au XIIe s., connut un certain essor culturel aux XVIIIe et XIXe siècles. La révolution industrielle de la région, où étaient exploitées de nombreuses mines de charbon, fut le moteur économique de la croissance belge au XIXe s. Toutefois, après la Seconde Guerre mondiale, tandis que la production houillère se tarissait, la région connut un déclin économique et démographique, et la plupart des provinces wallonnes faisaient partie, dans les années 1990, des moins riches de Belgique. À la suite de la réforme constitutionnelle adoptée en 1993, la Wallonie obtint le statut de région et se vit attribuer des pouvoirs jusque-là exercés par l'État.
Liens utiles
- Deux peuples aux langues différentes, Flamands, proche du néerlandais, etWallons, proche du français, se partagent le territoire.
- Gustave de Smet1877-1943Un des meilleurs expressionnistes flamands, né à Gand, mort à Deurle.
- John Crome1768-1821Né à Norwich ; d'abord apprenti chez un peintre d'enseignes, il subit seulement l'influencedes Hollandais et des Flamands fut le fondateur de l'école de paysage de Norwich.
- 1302 Les ì Matines î de Bruges OutrÈs par la dÈloyautÈ de Philippe le BelF046 qui retient prisonnier le comte de Flandre, Gui de Dampierre, les Flamands massacrent dans Bruges quelque trois mille FranÁais.
- 1302 Les " Matines " de BrugesOutrés par la déloyauté de Philippe le Bel qui retient prisonnier le comtede Flandre, Gui de Dampierre, les Flamands massacrent dans Brugesquelque trois mille Français.