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FINLANDE

État de l'Europe septentrionale ; capitale Helsinki. Habitée par l'homme depuis au moins cinq mille ans, la Finlande, au IIe millénaire avant notre ère, connut une occupation momentanée de peuples agriculteurs venus de Scandinavie, d'Europe centrale et de Russie. Elle était à peu près inhabitée, sauf par des Lapons nomades assez clairsemés, lorsque, vers la fin du Ier s. de notre ère, les Finnois, peuple finno-ougrien venu d'une zone s'étendant de la Moscovie à la Baltique, commencèrent à s'installer dans le pays. Leur occupation s'étendit progressivement pendant le Ier millénaire apr. J.-C. • Sous la domination suédoise et russe • La Finlande indépendante Sous la domination suédoise et russe À partir de 1155, le pays fut soumis par les Suédois qui y introduisirent le christianisme et durent soutenir pendant un siècle de dures luttes avec les Russes de Novgorod qui avaient également des visées sur cette région. Des immigrants suédois s'établirent dans les régions côtières. Traitée par les Suédois sur un pied d'égalité, la Finlande fut érigée en duché (1284), puis en grand-duché (1581). La Réforme s'y développa à partir de 1525. Gustave Ier Vasa, roi de Suède, travailla à la mise en valeur du pays, confisqua les propriétés ecclésiastiques et fonda Helsinki (1550). Sous Gustave II Adolphe, la Finlande fut plus étroitement unie à la Suède et la culture suédoise fit de rapides progrès parmi les classes les plus élevées de la nation. Au début du XVIIe s. commença la grande compétition entre Suédois et Russes pour l'hégémonie dans la Baltique. D'abord victorieux, les Suédois, à la paix de Stolbovo (1617), purent repousser complètement les Russes de la Baltique et agrandir la Finlande par l'annexion de la Carélie orientale. Les Russes furent, en revanche, victorieux dans la Grande Guerre du Nord (1700/21) et, par le traité de Nystad (1721), les Suédois durent leur céder tout le sud-est de la Carélie (rives du lac Ladoga) avec la région de Vyborg ; de nouveaux territoires furent perdus à la paix de Turku (1743). Tandis que les Finlandais commençaient à perdre confiance dans la Suède, les souverains russes, dès cette époque, envisageaient de faire de la Finlande un État vassal de leur empire. En févr. 1808, les armées russes envahirent la Finlande que la Suède, par le traité d'Hamina ou Fredrikshamn (17 sept. 1809), dut abandonner au tsar. À la diète de Porvoo (mars 1809), Alexandre avait déjà pris le titre de grand-duc de Finlande mais il s'était engagé à respecter les institutions traditionnelles du pays. La fin de la domination suédoise provoqua un réveil culturel finlandais (publication par Lönnrot de la grande épopée populaire, le Kalevala, 1835) mais, durant tout le XIXe s., les fennomanes, partisans de la culture finnoise, allaient devoir combattre la résistance des suédomanes. Les successeurs d'Alexandre Ier respectèrent longtemps les promesses faites aux Finlandais. Alexandre II leur accorda le droit de battre monnaie (1860) et de conserver une armée nationale (1878). Nicolas II inaugura cependant en 1899 une brutale politique de russification qui se heurta à la résistance de toutes les forces politiques, notamment du parti social-démocrate, fondé en 1903. La guerre russo-japonaise et la révolution de 1905 obligèrent le tsar à reculer et à rétablir les libertés finlandaises. Le 20 juill. 1906, le grand-duché de Finlande se vit même doter d'un régime extrêmement démocratique, comportant l'élection d'une Chambre au suffrage universel masculin et féminin. Les Finlandaises furent ainsi les premières femmes en Europe à avoir le droit de vote et c'est du tsar qu'elles l'obtinrent. Mais, dès mars 1910, Nicolas II revenait sur cette réforme et transférait tout le pouvoir législatif à la Douma russe. On continua néanmoins à procéder à des élections, et, en juill. 1916, les sociaux-démocrates obtinrent la majorité absolue à la Chambre finlandaise. 000200000F7300000F46 F6D,La Finlande indépendante Durant la Première Guerre mondiale, alors que des officiers de métier tels que Mannerheim servaient dans l'armée impériale russe, un corps de volontaires finlandais se constitua dans l'armée allemande pour combattre les Russes. Après la révolution de févr. 1917, le gouvernement provisoire russe reconnut l'autonomie interne de la Finlande (20 mars 1917) mais, le 18 juill., sur l'initiative de la majorité sociale-démocrate, le Parlement finlandais décida d'assumer tous les pouvoirs, en laissant seulement au gouvernement russe les pouvoirs militaires et la politique étrangère. Le socialiste russe Kerenski ayant répliqué en ordonnant la dissolution du Parlement de Finlande, les sociaux-démocrates finlandais perdirent la confiance du pays. À la suite de la révolution bolchevique, les Finlandais proclamèrent leur indépendance complète (6 déc. 1917) qui fut reconnue par le gouvernement soviétique, la France et l'Allemagne. Cependant, les bolcheviks finlandais s'apprêtaient à prendre le pouvoir, soutenus par les soldats russes qui stationnaient toujours dans le pays. Le gouvernement, réfugié à Vaasa, sur la côte du golfe de Botnie, confia le commandement à Mannerheim. La Finlande connut alors la guerre civile (janv./mai 1918). Avec l'appui du corps expéditionnaire allemand du général von der Goltz, Mannerheim et ses gardes blancs reprirent Helsinki (13 avr.) et chassèrent définitivement les gardes rouges par leur victoire de Vyborg (30 avr.). Le prince Frédéric Charles de Hesse fut choisi comme roi (8 oct.) mais la défaite allemande le contraignit à s'effacer. Mannerheim devint alors régent (déc. 1918) et la Constitution du 17 juill. 1919 établit la république. Au traité de Tartu (14 oct. 1920), le gouvernement soviétique reconnut l'indépendance de la Finlande à laquelle la SDN attribua la souveraineté sur les îles Aaland (juin 1921). Durant les années 1920/40, la Finlande connut une grande instabilité et eut le plus souvent des gouvernements de minorité. À l'agitation communiste succéda celle du mouvement agrarien de droite Lapua, puis celle du Mouvement patriotique populaire, de tendance fasciste. Plusieurs réformes agraires morcellèrent le latifundium et permirent à 90 % des fermiers de devenir des petits propriétaires. En politique étrangère, la Finlande se cantonna dans la neutralité, en essayant, à partir de 1935, de constituer un bloc des États baltes et scandinaves. Elle réaffirma sa neutralité au début de la Seconde Guerre mondiale mais, dès oct. 1939, l'URSS commença à faire pression sur elle pour obtenir la cession de bases stratégiques. Le gouvernement d'Helsinki ayant refusé de céder à ces exigences, les forces soviétiques bombardèrent et envahirent le pays sans déclaration de guerre (30 nov. 1939) mais elles se heurtèrent à une résistance imprévue. La guerre finno-soviétique se termina par le traité de Moscou (12 mars 1940), qui enlevait à la Finlande le sud-est de la Carélie, une partie de la Laponie et la base de Hanko, sur le golfe de Finlande. Espérant reconquérir ces territoires, les Finlandais se joignirent, dès le 25 juin 1941, à l'attaque allemande contre l'URSS, mais la contre-offensive soviétique l'obligea à demander l'armistice (19 sept. 1944). Grâce à l'appui des puissances occidentales, Mannerheim et Paasikivi (chef du gouvernement, 1944/46, puis président de la République, 1946/56) réussirent à sauvegarder l'indépendance nationale. Au traité de Paris (10 févr. 1947), la Finlande dut abandonner aux Soviétiques, en plus des territoires perdus en 1940, le port septentrional de Petsamo, sur la mer de Barents ; elle conserva Hanko, mais céda à bail la péninsule de Porkkala, près d'Helsinki (restituée par les Soviétiques en 1955). Contrainte de payer à l'URSS une lourde dette de guerre de 300 millions de dollars, la Finlande dut aussi résoudre le difficile problème de la réintégration de 400 000 Caréliens qui avaient fui les Soviétiques. 000200000B5000001EB3 B4A,De 1948 à 1992, un « traité d'assistance, d'amitié et de coopération » a lié la Finlande à l'URSS. S'il a sauvegardé l'indépendance finlandaise, il a contraint le pays à donner constamment à Moscou des gages de bonne volonté, lui imposant une stricte neutralité, limitant ses forces armées et suscitant des liens particuliers dans le domaine économique. Pendant toute la période de la guerre froide, la Finlande a connu une grande stabilité politique. Le maintien de bonnes relations avec l'URSS, sans rupture avec l'Occident, a constamment guidé l'action des présidents Paasikivi de 1947 à 1956, Kekkonen de 1956 à 1981 et Koïvisto de 1982 à 1994. Le mot « finlandisation », refusé d'ailleurs par les Finlandais, a désigné ce neutralisme obligé. Ce fut en Finlande, pays neutre exemplaire, que fut signé en 1975 l'acte d'Helsinki (v.), fondement de la détente entre les deux blocs. Dans le domaine économique, la Finlande s'est associée dès 1961 à l'Association européenne de libre-échange, puis a signé, en 1973, un accord avec la CEE. Largement dépendante de l'URSS, son premier client industriel et son fournisseur de pétrole, elle a dû aussi conclure un accord avec le Comecon (v.). La continuité de la politique extérieure de la Finlande a eu pour corollaire la stabilité de sa politique intérieure. Pour faire taire ses propres divisions, le parti communiste quitta le gouvernement à la fin de 1982. Les élections de 1987 et de 1991 ont porté au pouvoir des coalitions conservatrices. Les Premiers ministres Harri Holkeri et Esho Aho trouvèrent une situation très difficile, marquée par la crise mondiale mais aggravée par l'effondrement de l'URSS, qui offrait des débouchés économiques essentiels. De 1991 à 1993, le produit industriel baissa de 13 %. La dette publique atteignit 72 milliards de dollars et le chômage 18 % de la population active. Dans ce contexte, le chef du parti social-démocrate, Paavo Lipponen, gagna les élections législatives de mars 1995. Le 16 oct. 1994, un référendum décidait par 57 % des suffrages de l'adhésion de la Finlande à l'Union européenne à compter du 1er janv. 1995. Les premières élections européennes, qui virent la victoire des centristes et des eurosceptiques, eurent lieu en oct. 1996. En réponse à la crise des années 1990, une politique d'austérité draconienne permit à la Finlande de s'enorgueillir de résultats flatteurs dès 1995. L'économie du pays fut en outre entraînée par le succès de Nokia, premier fabricant de téléphones portables du monde. Les législatives de mars 1999 reconduisirent la coalition au pouvoir, ainsi que le Premier ministre P. Lipponen. La Finlande occupa pour la première fois la présidence de l'UE lors du second semestre 1999, à la satisfaction de l'ensemble des membres de l'Union. La présidentielle de janv. 2000 vit l'élection de la première femme présidente de la République en Finlande, Tarja Halonen.

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