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FÉVRIER 1934 (journées des 6 et 12)

À la suite du scandale Stavisky et de la mort mystérieuse de l'escroc (9 janv.), une violente campagne de presse contre le régime républicain fut déclenchée par les journaux d'extrême droite, en particulier L'Action française de Charles Maurras. Dès le 10 janv., une première manifestation des Camelots du roi eut lieu devant le Palais-Bourbon. Le nouveau gouvernement, présidé par Daladier, décida, le 3 févr., de remplacer le préfet de police Chiappe, suspect de sympathies pour les ligues de droite, par Bonnefoy-Sibour. Les dirigeants des ligues et les associations d'anciens combattants appelèrent à manifester le 6 févr. 1934, jour où Daladier devait faire devant la Chambre sa déclaration ministérielle. Débordée, la police tira sur la foule, place de la Concorde, faisant une vingtaine de morts et une centaine de blessés. La manifestation du 6 févr. 1934 n'avait pas été une véritable tentative de coup de force et ses organisateurs étaient profondément divisés. Ce fut une manifestation exaspérée de colère antiparlementaire, mais le gouvernement et la gauche dénoncèrent le signe d'une grave menace fasciste pesant désormais sur la République. En réaction se réalisa une première union des syndicats et des partis de gauche, qui organisèrent un imposant cortège au cours de Vincennes le 12 févr. Ce fut la première étape vers la constitution du Front populaire. Daladier avait démissionné dès le 7 févr. et fut remplacé par Doumergue.

FÉVRIER 1934 (Journée du 6). Journée d'émeute sanglante en France, interprétée par les partis de gauche comme une menace fasciste et qui fut une des causes de la formation du Front populaire (1936). Provoquée par le scandale financier Stavisky qui révéla la complicité d'hommes politiques éminents et l'instabilité ministérielle, déconsidérant le régime, l'émeute du 6 février 1934 eut comme prétexte la mutation du préfet de police Jean Chiappe, connu pour ses sympathies à l'égard des ligues de droite et d'extrême droite, lesquelles décidèrent de manifester place de la Concorde, les Croix-de-Feu manifestant dans le secteur Saint-Germain. Lorsque la foule tenta de franchir le pont de la Concorde pour marcher sur la Chambre, les gardes mobiles ouvrirent le feu (20 morts et 2 000 blessés). Édouard Daladier dut démissionner et fut remplacé par Gaston Doumergue. Les partis de gauche (socialiste et communiste) manifestèrent le 9 février afin de dénoncer la « menace fasciste » puis, le 12, organisèrent une grève générale. Première manifestation d'un « Front commun » contre le fascisme, elle provoqua une violente répression policière (6 morts). Pour les historiens, l'émeute du 6 février posa le problème de l'existence ou non d'un fascisme en France dans l'entre-deux-guerres. Pour la majorité d'entre eux, les ligues apparaissent comme des organisations inspirées par un nationalisme très conservateur et l'émeute du 6 février 1934 comme un violent mouvement de rue destiné à faire pression sur le gouvernement. Voir Action française, Francisme.

JOURNÉES DE FÉVRIER (les) • 6-12 février 1934 À une opinion publique révoltée par l’affaire Stavisky et le spectacle affligeant offert par certains parlementaires, le Gouvernement Daladier ne répond que par des mesures répressives. Le 6 février 1934, une manifestation de la droite modérée (petits bourgeois, commerçants et artisans), noyautée par les ligues d’anciens combattants et autres mouvements de droite, tourne brutalement à l’émeute. Comme la foule fonce sur le Parlement, les forces de l’ordre ouvrent le feu. Les violences durent jusqu’à 3 heures du matin, faisant une vingtaine de morts et de nombreux blessés. Le 7, Daladier démissionne ; le 8, l’ancien président de la République, le populaire Gaston Doumergue, arrive à Paris pour former le nouveau Gouvernement tandis que, le 12 février, les communistes manifestent sur fond de grève générale. Les jours suivants ramènent un calme précaire, mais d’ores et déjà le pouvoir semble en sursis.

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