FEU
L'utilisation du feu remonte probablement aux alentours de 1,5 millions d'années comme le suggéreraient les traces de cuisson trouvées dans des sites anciens, tels Chesowanja au Kenya. Cependant, les premières traces incontestables de sa maîtrise remontent seulement à 450 000 ans et proviennent des sites de Chou-k'ou-tien en Chine, de Terra Amata à Nice, de Verstesszöllös en Hongrie ou encore de Menez Dregan en Bretagne. Les gestes ayant disparu, seules subsistent les traces matérielles de la combustion, si bien que l'on ignore comment l'homme a réussi à faire du feu. Sans doute découvert par hasard (feux de brousse, éruptions volcaniques), l'usage du feu se révéla crucial pour l'évolution de l'espèce humaine et marque une coupure nette entre celle-ci et le monde animal. À l'époque préhistorique, le feu représente une source de chaleur et de lumière et une protection contre les fauves. Il permet la cuisson des aliments, qui, elle-même, suppose une prise des repas en commun, élément fondamental des débuts de la vie en société. La production du feu nécessita également une réorganisation des activités du groupe : acquisition du combustible, partage des tâches Au paléolithique, le feu est utilisé comme source d'énergie pour l'amélioraion des matières premières par traitement thermique : silex chauffé, os et ivoire, préparation des colorants pour la peinture. Il faut attendre le néolithique (v.) et l'âge du bronze (v.) pour que le feu devienne source de transformations radicales de la matière. Ainsi naissent les « arts du feu » (poterie, métaux, verre), industries qui sont à la base de nos sociétés.
FEU. Les premières traces connues d'un feu volontairement allumé par l'homme (sites contenant des cendres, des charbons de bois, des os brûlés) datent de 500 000 ans av. J.-C. La maîtrise du feu permit aux hommes préhistoriques de tenir les bêtes sauvages à distance, de se chauffer, de s'éclairer, d'améliorer la fabrication de certains objets et de cuire des aliments. Les préhistoriens ne disposent d'aucun témoignage sur les techniques de fabrication du feu. Ce fut sans doute en constatant le dégagement de chaleur produit en frottant rapidement deux bois l'un sur l'autre ou les étincelles jaillissant du choc de deux silex que l'homme comprit comment faire du feu. Des peuplades primitives utilisent encore aujourd'hui le « bâton à feu » : placé dans un trou percé au bord d'une planche, on le fait tourner très vite entre les paumes jusqu'à ce qu'il s'échauffe. On approche ensuite des brins d'herbe sèche qui s'enflamment. Voir Homo erectus.
FEU GRÉGEOIS. Substance incendiaire faite d'un mélange de pétrole, de salpêtre et de soufre qui pouvait brûler sur l'eau. On le lançait au moyen de tubes ou dans des pots fermés projetés par des arbalètes ou des balistes. Le feu grégeois (c'est-à-dire grec) doit son nom au fait que les Byzantins s'en servirent les premiers en Europe, en particulier contre la flotte arabe assiégeant Constantinople. Il joua un rôle non négligeable dans les batailles navales au Moyen Âge et durant les croisades.
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