Ferdinand II (Graz 1578-Vienne 1637); empereur allemand [1619-1637].
Ferdinand II (Graz 1578-Vienne 1637); empereur allemand [1619-1637]. Après une bonne décennie de troubles dynastiques, la maison d'Autriche connaît une nouvelle période d'expansion sous le règne de F. Souvent indécis, influençable, cet élève des jésuites, fortement marqué par son confesseur Lamormain, jésuite lui aussi, est loin d'être une personnalité originale. Si son action toutefois aboutit à d'importants succès, cela tient à la persévérance inébranlable dont il fait preuve en suivant toujours une seule et même ligne politique : la défense de l'Église catholique et des intérêts des Habsbourg. Ce souverain qui a manifesté en participant à des pèlerinages, à des processions et à des exercices religieux la profondeur de son sentiment religieux est loin pourtant, comme l'atteste son goût de la musique et de la chasse, d'être un ascète étranger au monde. Alors qu'il règne en tant qu'archiduc depuis 1596 en Styrie, Carinthie et Camiole, F. hérite également après la mort de l'empereur Matthias (1618) des territoires autrichiens, des royaumes de Bohême et de Hongrie, et est élu empereur (1619) au moment même où débute la révolte de Bohême. En 1620, il réussit à repousser, avec l'aide de son allié Maximilien de Bavière, les troupes des rebelles de Bohême qui ont pu pénétrer en Haute-Autriche, remportant ainsi à la Montagne Blanche une victoire décisive sur l'électeur palatin Frédéric V, le « Roi d'un hiver ». Dans le royaume de Bohême reconquis, l'Empereur fait juger très sévèrement les meneurs du soulèvement ; il dessaisit de ses pouvoirs et de ses biens la noblesse rebelle et restaure le catholicisme, contraignant à l'exil de nombreuses familles. Au cours des années qui suivent, F. fait également progresser la Contre-Réforme en Haute- et Basse-Autriche, en dépit des résistances farouches qu'il rencontre. Après la victoire des armées de Wallenstein et de Tilly sur celle des États protestants de l'Empire, l'Empereur décrète en 1629 par 1'« Édit de restitution» le retour à l'Église catholique de toutes les abbayes et de tous les évêchés passés aux mains des souverains protestants après la convention de Passau (1552) et la paix d'Augsbourg de 1555. La puissance grandissante de l'Empereur devenant suspecte, même aux yeux de certains princes catholiques, et en particulier à Maximilien de Bavière, F. doit renvoyer, lors du Congrès électoral qui se tient à Ratisbonne, son généralissime Wallenstein (1630). La campagne triomphale du roi de Suède Gustave-Adolphe contraint pourtant l'Empereur en 1632 à nommer de nouveau Wallenstein, aigri par sa disgrâce, général en chef de ses armées, tout en lui accordant des pleins pouvoirs à caractère extraordinaire. Mais la politique égocentrique et personnelle menée par Wallenstein incite finalement F. à se débarrasser à nouveau de son généralissime en 1634. Bien que l'Empereur ait réussi grâce à la victoire remportée sur les Suédois à Nôrdlingen à conclure en 1635 la paix de Prague avec la Saxe et la plupart des autres Etats évangéliques, la guerre, en raison de l'intervention de la France qui débute, est loin d'être terminée. Même si F. n'a pas réussi à assurer la victoire de la foi catholique dans tout l'Empire, il a toutefois fait disparaître presque totalement le protestantisme des territoires des Habsbourg. Bibliographie : J. Bérenger, Histoire de l'empire des Habsbourg, 1273-1918, 1990, p. 253-307 ; G. Parker, La Guerre de Trente Ans, trad. angl. A. Charpentier, 1987.
Liens utiles
- Ferdinand-Joseph Maximilien de Habsbourg1832-1867Né à Vienne, second fils de l'archiduc François-Charles et frère de l'empereur d'AutricheFrançois-Joseph, Maximilien ouvre la série des destins tragiques qui s'abattirent sur lesHabsbourg.
- MARIE-LOUISE de Habsbourg-Lorraine(12 décembre 1791-18 décembre 1847)Impératrice des FrançaisFille de l'empereur d'Autriche François II et de Marie-Thérèse deNaples, elle épouse par procuration l'empereur Napoléon Ier, représentépar Berthier, à Vienne le 11 mars 1810.
- Maximilien Ier de Bavière1573-1651Le jeune Maximilien fut élevé avec le futur empereur Ferdinand II par les Jésuitesd'Ingolstadt, qui en firent un catholique fervent et un farouche champion de laContre-Réforme.
- Otton Ier le Grand par Karl Ferdinand WernerDirecteur de l'Institut Historique Allemand, Paris Quand Otton, fils d'Henri Ier, naquit, le 23 novembre 912, son père étaitdux, non pas roi.
- Ferdinand Ier1793-1875Fils et successeur de l'empereur François II au trône d'Autriche, Ferdinand Ier n'était niintellectuellement ni physiquement à la hauteur de sa tache.